Tracteur_agricoleLe CARG propose la défiscalisation de l'agriculture

 

La défiscalisation de l'agriculture par l'instauration d'un cadre institutionnel, l'orientation des investissements vers les infrastructures en milieu rural, la promulgation du Code agricole qui protège le paysannat ; susciter la mise en œuvre des plans de développement pour la relance du secteur agricole, l'établissement par chaque province des stratégies de ses principales filières de production (manioc, riz, etc.). Tels sont, aux yeux des animateurs du Conseil agricole rural de gestion (CARG), les solutions pour la relance rapide du secteur agricole et rural de la RDC.

 

Ces vœux ont été exprimés au cours de la journée "Portes Ouvertes" organisée, mercredi 21 octobre 2009 au CEPAS, en faveur des acteurs du secteur agricole à mieux connaître le CARG.

 

Plusieurs orateurs ont défilé du haut de la tribune et ont donné diverses orientations.

 

En effet, la RDC dispose de 80 millions d'hectares de terra arables, dont à peine 10% sont mises en valeur. Bien plus, pays de la planète en termes de terres arables cultivables disponibles après le Brésil, grâce à sa diversité des climats et la densité du réseau hydrographique, la RDC, complètement aménagée, serait capable de nourrir près de 2 milliards de personnes.

 

Ce qui constitue un atout majeur dans le contexte de la crise alimentaire mondiale qui se profile déjà dans la durée.

 

Dans son exposé, Alain Huart, conseiller technique au ministère de l'Agriculture a insisté sur le fait que " paradoxalement, la majeure partie des populations de la RDC qui dépendent des activités agricoles, vit en deçà du seuil de pauvreté et ne mange pas à sa faim. Les statistiques montrent que la RDC a beaucoup régressé du point de vue de ses performances agricoles jusqu'à ne plus être capable de satisfaire à la demande alimentaire ".

 

Alain Huart a ajouté que l'agriculture représente près de 50% du PIB de la RDC alors que la valeur ajoutée annuelle par travailleur agricole atteint à peine 200 USD. Ce potentiel de croissance démontre que l'agriculture sera le moteur de l'économie du pays et l'outil pour éradiquer la pauvreté, soit le 1er objectif du millénaire pour le développement.

 

 

 

Développement du pays à partir des entités décentralisées

 

" Le Congo est en 7ème position sur le potentiel agricole. Son espace n'est pas mis en valeur car seulement 10% de son espace agricole est mis en valeur. C'est ainsi que le CARG, a-t-il insisté, a recouru à une nouvelle vision politique, au leadership, au bénévolat, à la solidarité, à l'efficacité pour trouver et appliquer des solutions pour le développement du pays à partir des entités décentralisées, donc à la base (territoires et des secteurs)".

 

De son côté, Bertin Mutumo, coordonnateur national du CARG a tout révélé que le CARG n'est pas un service mais plutôt une structure de concertation inscrite dans la restructuration du ministère de l'Agriculture et qui a associé et ressemblé, au niveau local, des différents acteurs tant publics que privés du secteur rural.

 

Dans son orientation, a-t-il prévalu, le gouvernement central garde la prééminence sur le recadrage institutionnel mais avec l'autonomisation croissante des provinces, une approche spécifique et décentralisée.

 

Ainsi, a-t-il insisté sur le fait que le développement durable de la RDC se mettra en place si les ressources et investissements de l'Etat et ses partenaires bailleurs de fonds sont orientés prioritairement sur les infrastructures de transport, de stockage et de commercialisation, renouant le lien entre le monde rural et les villes. Il faudra aussi, a ajouté Bertin Mutumo, recapitaliser le secteur agricole.

 

Pour sa part, Paulin Osit a indiqué que chaque province doit établir des stratégies de ses principales filières de production (manioc, riz, etc), pour la relance rapide du secteur agricole et rural de la RDC.

 

Cet expert du CARG a insisté sur la décentralisation administrative et le renforcement de la démocratie par la participation des entités et communautés de base en vue de leur développement intégral et en capitalisant l'éclosion des énergies de la gouvernance locale.

 

" La Constitution attribue aux provinces les compétences d'aménagement de l'espace, des programmes agricoles et forestiers. C'est ainsi l'on doit faire recourt à l'identification nette des filières prioritaires du territoire, une meilleure affectation des terres et une diminution des litiges fonciers, une identification des maillons faibles de filières et des acteurs, un ciblage de l'aide des ONGD, une amélioration de la collaboration entre opérateurs privés et le paysannat, une diminution des tracasseries, et enfin une aide accrue de la part des bailleurs et une meilleure implication du gouvernement local ", fera-t-il savoir.

Le CARG est présent dans pratiquement toutes les provinces de la RDC ? A ce jour, l'on compte 75 CARG. Ce sont des structures évolutives qu'il faut améliorer en permanence en s'inspirant des leçons du terrain car elle est voulue et modelée par la base.

source : l'observateur