chineL'ambassadeur chinois en poste à Kinshasa avait annoncé, la main sur le cœur, que plus rien ne s'opposait, au niveau de son pays du moins, à la signature de l'avenant aux contrats chinois. La révélation avait suscité une vague d'espoir à travers le Congo. Nourries d'optimisme, toutes les prévisions envisageaient ainsi l'entrée de la Rdc en programme avec le FMI dans le délai imparti lors de la dernière rencontre entre les deux parties à Kinshasa. Mais aujourd'hui, cette heureuse perspective commence à s'éloigner dangereusement.

Sur les trois entreprises chinoises en partenariat avec le gouvernement congolais, seules deux ont déjà signé l'avenant. La troisième traîne encore les pas. Cette attitude pour le moins équivoque cause un sérieux préjudice à la partie congolaise. La première réunion du Club de Paris, qui devrait se tenir le 15 septembre, a dû être annulée. Reportée initialement pour octobre, la voici renvoyée pour novembre. En cause : le silence du troisième partenaire chinois. Pourtant Pékin, par la bouche de son ambassadeur ci haut évoqué, avait assuré le contraire.

-Tout se passe un peu comme si la partie chinoise joue officiellement une partition et officieusement une autre. La signature empressée des deux entreprises chinoises contraste inexplicablement avec lés réticences par lesquelles s'illustre le troisième contractant. Or, que l'on sache, les entreprises chinoises sont en contrat avec la Rdc au titre de consortium.

Elles n'agissent par conséquent pas de manière indépendante et isolée. Il est  impensable de voir le scénario qui se déroule à présent. Surtout que derrière le consortium des entreprises chinoises, plane aussi bien l'ombre du gouvernement chinois que du parti socialiste. L'économie chinoise a beau se libéraliser, mais la politique n'en continue pas moins d'exercer un contrôle permanent sur ce secteur. A ce titre, le partenariat Rdc - entreprises chinoises reste en fait un partenariat d'Etat à Etat, mais camouflé. C'est pour cette raison principale, que plusieurs observateurs trouvent le volte-face du troisième membre du consortium chinois fort sans pied.

    Un agenda caché ?

En effet, fort de l'engagement des deux autres entreprises, le gouvernement congolais avait cru que la question des contrats chinois allait être résolue avant le 09 octobre. Sinon, avait prévenu la partie congolaise, non sans appréhension, que le cas Rdc allait connaître du retard au niveau des institutions de Breton Woods et des bailleurs de fonds. C'était un cri de cœur à la limite. Et Pékin l'a si bien entendu. Mais rien n'a bougé depuis dans le sens d'aider la Rdc à sortir la tête de l'eau.

Au contraire le statu perdure et menace de tout emporter. Nous sommes à une semaine du fatidique mois de novembre et la signature tant attendue n'arrive toujours pas. A ce rythme et sauf revirement de dernière minute, la rencontre du Club de Paris risque de n'avoir pas lieu cette semaine. En dépit des annonces des experts du FMI, on ne voit pas comment la Rdc pourrait entrer en programme avec cette institution à partir de mai 2010. La Chine est plus que consciente de l'impasse où elle condamne son partenaire. Mais pourquoi ne fait-elle rien pour essayer de le tirer d'affaires ? La question se pose dans presque tous les milieux. C'est à croire que Pékin ne joue pas franc jeu dans le conflit qui oppose la Rdc aux bailleurs de fonds internationaux.

              Et comme les langues  finissent toujours par se délier, certains commencent à dénoncer.

Ils stigmatisent la duplicité d'un partenaire qui craint que la Rdc ne s'affranchisse d'une dette atrophiante. Réfléchissons un peu avec ces braves dénonciateurs. Les ' contrats chinois, en dépit de la rhétorique officielle, ne sont pas aussi innocents qu'on les présente. Pour moins que ce que la Rdc a hypothéqué, les Chinois ont déboursé cinq, voire dix fois plus ailleurs en Afrique. Dans ce marché où le Congo a négocié le dos au mur, la crainte reste de le voir s'affranchir de toute contrainte extérieure. Surtout celle relative à la dette.

Dans la liberté, la Rdc risque un jour de se rebiffer devant certains engagements, la Chine craint-elle de voir le partenariat congolais être de nouveau astreint au devoir d'ingratitude comme le fut M'Zee face aux multinationales anglo-saxons ou comme menace de l'être Joseph face aux mêmes prédateurs au Katanga ? Laissons parler l'avenir.             

source : le Palmarès