La Belgique n’a jamais exercé une quelconque pression sur le Sao Tome et Principe dans sa décision d’interdire Hewa Bora Airways (HBA) de voler en Europe. Hewa Bora ne peut pas chercher le bouc émissaire ailleurs pour faire face au problème financier auquel elle est confrontée actuellement. L’ambassadeur de la Belgique à Kinshasa, Dominique Struye l’a déclaré, mercredi, en réaction aux déclarations faites la veille par le directeur de HBA


        BelgiqueAirdc«Je tiens à vous affirmer qu’il n’ y a, de la part de la Belgique, aucune interdiction pour Hewa Bora de voler sur Bruxelles. C’est donc faux de dire que la Belgique a interdit les vols de Hewa Bora. Les vols d’Hewa Bora sont autorisés par la Belgique puisque nous opérons dans le cadre des relations aériennes, où chaque pays a 5 fréquences. Sur les 5 fréquences congolaises, Hewa Bora possède 2. Et donc Hewa Bora a dans le cadre de ces fréquences, le droit de voler sur Bruxelles», précise l’ambassadeur Struye de Wsielande.

L’ambassadeur belge a salué l’amélioration des relations entre le RDC et son pays depuis plusieurs mois. Il a rejeté les déclarations du directeur de Hewa Bora, Stavros Papaiouannou, accusant les autorités belges d’avoir influencé la décision d’interdiction émanant de Sao Tomé e Principe. Dominique Struye de Wsielande affirme n’en avoir pas traces à aucun moment : « C’est une façon de se dédouaner par rapport à une décision prise par un Etat souverain. Un Etat souverain qui je le reconnais est actuellement dans un processus de négociation avec l’Union européenne concernant ses relations aériennes».      

Dans un communiqué daté du 27 octobre, la Direction générale belge du transport aérien (DGTA) considère que les allégations de HBA sont injustifiées. « En aucune manière et à aucun moment la DGTA n’a exercé la moindre pression sur les autorités du Sao Tomé e Principe», indique le communiqué ; ajoutant que la DGTA n’a introduit aucun dossier à la Commission européenne. 

Les inquiétudes des travailleurs

Les agents HBA, qui voient leurs emplois menacés par cette interdiction, ont manifesté mercredi devant le cabinet du Premier ministre congolais. Leurs délégués ont été, par la suite, reçus par le directeur de cabinet adjoint d’Adolphe Muzito. Dans ce temps, ce dernier recevait l’ambassadeur de la Belgique et le directeur de Hewa Bora Airways. Pour la délégation syndicale de HBA, le gouvernement doit s’impliquer. Car, seule cette ligne Europe est pourvoyeuse de ressources pour la compagnie. «Concernant le vol déjà programmé pour le samedi, les passagers vont partir (pour l’Europe). C’est déjà un premier pas. Le deuxième sera communiqué la semaine prochaine après la décision que les autorités congolaises auront prise avec les Belges…», a déclaré un syndicaliste ; ajoutant que Hewa Bora Airways emploie actuellement plus de 1000 agents.

Stavros Papaiouannou a accusé, lundi, les autorités belges d'avoir exercé «de fortes pressions» sur Sao Tomé. Affirmant que le dossier est politisé, il a demandé au gouvernement congolais de prendre ses responsabilités. Car, selon lui, c’est l’ensemble de la RDC qui est humilié par cette interdiction. Mais, jusque-là, les autorités congolaises n’ont pas encore réagi à ce sujet.

Source : Okapi/Kinshasa