Avion_Hewa_boraLes avions de la Compagnie d’Aviation Hewa Bora ne vont plus survoler l’espace aérien belge. Encore moins atterrir sur Bruxelles ou Anvers. Ainsi en a décidé le Gouvernement Belge. Courroucé, le personnel de cette société est allé à la rencontre du Chef du Gouvernement pour être fixé. « Il n’y a plus personne qui pourra sauver la Compagnie Hewa Bora si le Gouvernement ne prend pas ses responsabilités. Nous avons tout fait pour le pays. Nous avons beaucoup travaillé pendant la guerre. Nos gens sont morts pour ce pays. Et nous n’avons jamais été payés jusqu’à ce jour, vous le savez. Puisqu’on ne nous paie pas, on ne nous considère pas. Surtout les vols (militaires) que nous avons faits pour défendre le pays. Le Gouvernement, avec la complicité de la Banque mondiale avait retiré 77% du montant convenu ; il nous a payé à peine 23% qui n’étaient même pas à mesure de faire face à l’usure des pièces. Notamment de notre avion qui a été détruit à Kindu. Nous n’avons reçu aucun remerciement, aucune suite, moins encore, un réconfort moral du Gouvernement par rapport à tout ce que nous avons fait pour ce pays (…) », a déclaré le Président Directeur Général d’Hewa Bora, M. Stavros Papaioannou, au sortir du face-à-face avec le Chef du Gouvernement. C’est sur ce ton ferme et déterminent que le Président Directeur Général d’Hewa Bora, M. Stavros Papaioannou s’est adressé à l’ensemble des travailleurs de cette Compagnie aérienne en présence de la presse. Y étaient également associés à cette rencontre, les passagers à destination de Bruxelles bloqués à Kinshasa de suite de cette mesure d’interdiction par le gouvernement Belge. Une décision qui est tombée comme un couperet dans le chef de nombreux travailleurs et dont le PDG d’Hewa Bora qualifie d’harcèlement et de complot de la Belgique contre sa Compagnie. A travers cette décision, Hewa Bora s’est vue refuser les deux liaisons hebdomadaires qu’elle opérait entre Kinshasa et Bruxelles au profit de Brussels Airlines, Compagnie Belge d’aviation qui, désormais, va devenir seule maître pour couvrir totalement la liaison Kinshasa- Bruxelles- Kinshasa. Il sied de signaler que Hewa Bora a conclu un accord de partenariat avec la Compagnie Emirate RAK. Fort malheureusement, cette collaboration a échoué le mois dernier. Il a fallu trouvé une solution en ré immatriculant à Sao Tomé un Boeing 767-200ER. Mais, semble-t-il, la Belgique a exercé une pression à Sao Tomé afin de résilier le contrat. Hewa Bora, partant du dernier crash meurtrier d’un des ses DC-9 à Goma, au début du mois d’avril 2007, a coïncidé avec le placement de cette Compagnie sur la liste noire d’appareils qui présentent un danger imminent et par conséquent, interdits par l’Union Européenne de survoler sur son espace, a rapporté la Belga, une agence de presse belge. Face au danger d’asphyxie de cette société qui pourra conduire à plusieurs suppressions d’emplois, Hewa Bora s’en remet au gouvernement pour ne pas laisser cette compagnie s’écrouler injustement face aux attaques et au dénigrement orchestrés par la Compagnie belge Brussels Airlines. C’est pourquoi, avec à leur tête Stavros Papaioannou, les travailleurs d’Hewa Bora se sont amenés à grand nombre, scandant des cris des colères, sifflets à la bouche, jusqu’à la Primature où le PDG a eu des entretiens fructueux avec le Premier ministre Adolphe Muzito. Dans le cahier des charges d’Hewa Bora, il a été indiqué que le Gouvernement doit peser de tout son poids pour casser la décision de la Belgique et permettre à cette société congolaise à reprendre ses trafics vers Bruxelles comme par le passé. En outre, permettre le plus rapidement possible le retour en Belgique des passagers bloqués ici à Kinshasa. L’Ambassadeur belge en RDC était lui aussi de la partie à la Primature. Au menu des entretiens Muzito - Hewa Bora, un brin d’espoir pointe à l’horizon. Car, le Premier Ministre a rassuré ses interlocuteurs de trouver urgemment une solution pour nos compatriotes bloqués à Kinshasa afin qu’ils regagnent la Belgique. En même temps, Hewa Bora doit saisir officiellement le Gouvernement, dans un mémo qui fera l’objet d’une discussion en Conseil des Ministres. Les travailleurs, visiblement comblés, ont regagné leur siège. Mais, la dure épreuve reste encore, celle de concrétiser la promesse du Premier ministre Adolphe Muzito qui, il faut le souligner, n’entend nullement remettre en cause les relations, à peines rétablies, entre le Congo Kinshasa et l’ancienne métropole.

Source : La Prosperité/Kinshasa