Il y a environ une semaine il a plu au chef de l'Etat, Joseph Kabila, de nommer un nouvel ADG à l'Onatra proposé par la firme Progosa. Il s'agit de Raymond Georges de nationalité française, ingénieur diplômé de l'Ecole nationale des travaux publics de l'Etat (Paris). Celui-ci traîne une expérience professionnelle riche datant de 1968.

Son dernier poste avant l'Onatra est celui de directeur régional de   Progosa pour les pays du Sahel, Burkina Faso (résidence), Mali et Niger   (2008-2009). Selon les informations disponibles, le nouvel ADG de l'Onatra,   Raymond Georges devait arriver en principe à Kinshasa ce lundi 2 novembre   pour prendre ses fonctions.

 

Au fait, c'est l'aboutissement d'un long processus qui a commencé avant   même le limogeage de l'ancien ADG Pecune Ponson, suite à une grève   déclenchée par le personnel. Au courant du climat malsain qui   régnait entre Pecune Ponson et le personnel, la partie congolaise avait   déjà saisi Progosa, la firme qui mène la mission des stabilisations   des activités de l'Onatra, pour un éventuel remplacement de Pecune   Ponson qualifié de caractériel.

 

Des sources concordantes rapportent que celui-ci a eu des problèmes   de cohabitation avec le personnel et ne savait pas communiquer. Ainsi, quand   la grève avait été déclenchée le processus   de remplacement de Pecune Ponson était déjà en cours. L'on   retiendra que l'ADG sortant a été remercié, non pas pour   incompétence mais pour son caractère difficile, voire son insolence   vis-à-vis de la partie congolaise.

 

Contexte particulier

 

De ce fait, le nouvel ADG arrive dans un contexte particulier. Il est appelé   à nouer de bonnes relations et pratiquer une bonne communication. D'autant   plus que le travail de stabilisation demandé se fait sur fond des relations   humaines. A cette occasion, le moment se prête aussi bien pour dissiper   le malentendu sur la nature du contrat de gestion conclu entre la RDC et la   firme Progosa à l'Onatra. Il s'agit d'un contrat de gestion pour stabiliser   les différentes activités d'un contrat de concession qui implique   la réalisation des investissements. Progosa a été appelé   pour faire un diagnostic à l'Onatra et à proposer pour les deux   ans du contrat un plan de stabilisation pour arrêter l'hémorragie   au plan financier, technique, organisationnel,… Curieusement, le plan de   stabilisation proposé par Progosa n'a jamais été validé   par le gouvernement jusqu'à ce jour.

 

A ce propos, il nous revient que les besoins en investissement sont énormes   et l'Onatra n'a pas les moyens d'y faire face. Toutefois, des éléments   disponibles renseignent que le travail de stabilisation mené par Progosa   a commencé à donner des résultats escomptés. Et   ce en dépit des relations tendues entre le personnel, particulièrement   les syndicats, et l'ancien ADG Pecune Ponson. Entre autres parmi les résultats   enregistrés, le système de notes de débit frauduleux qui   faisait perdre 4 à 5 millions de dollars US à l'Onatra, a été   démantelé.

 

Conséquence : les contentieux artificiels créés avec la   complicité des agents et cadres ont disparu. Il n'y a plus des notes   de débit à payer aux clients. Environ 10 millions de dollars ont   été récupérés en 2008. Par ailleurs, l'Onatra   n'a plus eu d'arriérés de salaires vis-à-vis du personnel.   L'emprunt de 10 millions USD contracté par le comité sortant a   été réglé. Le premier palier du Smig pour le personnel   a été payé. Le chiffre d'affaire s'est accru de ±   58% et le taux de recouvrement de 85%,…

 

Deux visions opposées

 

Ainsi, la preuve a été donnée que l'entreprise appliquant   la bonne gouvernance peut générer des ressources au plan interne   et devenir plus viable et crédible. Sur ce point précis, le contrat   de gestion conclu avec Progosa a permis de faire naviguer l'entreprise à   contre courant du " système " mis en place par des groupes   d'intérêts qui saignent l'Onatra à blanc. La réforme   qui milite pour la rentabilité doit se poursuivre en faisant la promotion   du management moderne.

 

Selon des analystes, les firmes qui mènent les missions de stabilisation   et les syndicalistes ont deux visions opposées. Les premières   veulent stabiliser en réduisant les coûts et cela est mal accepté   par les seconds. D'autant plus que presque tout ce qui est généré   comme ressources va au paiement des salaires et avantages. Entre autre, les   groupes d'intérêts maffieux qui vivent au dépend d'une entreprise   malade, ne voient pas d'un bon œil la mission de stabilisation. Pour des   entreprises à genoux, la vision des syndicalistes est qualifiée   de suicidaire. Dans tous les cas, la mission d'audit diligentée à   l'Onatra sur la mission de stabilisation menée par Progosa doit être   menée jusqu'à son terme pour rétablir des évidences.   Dans tous les cas, Raymond Georges a une mission difficile dans un environnement   réputé difficile.

 

Source : l'observateur/kinshasa