UNlogoTout en suspendant son appui logistique et opérationnel aux Fardc engagée au front à l'Est, l’Onu exige une enquête mixte immédiate sur les révélations faites par Alain Leroy

Les Nations unies ont décidé, depuis hier lundi, de suspendre leur assistance opérationnelle et logistique aux Forces de la République démocratique du Congo (Fardc) dans le cadre de l'opération. « Kimia II », visant la traque des rebelles hutus rwandais dans l'Est de la Rd Congo Information s rapportée par plusieurs sources et confirmée par le ministre Lambert Mende. Cette décision grave prise par l'Onu intervient au lendemain de la dénonciation d'un nouveau massacre de civils à l'Est de la RDC. Révélations faites par Alain Leroy, Secrétaire général adjoint de l'Onu en charge des opérations de maintien de la paix, à l'issue d'un bref séjour que celui-ci venait d'effectuer dans la province du Nord-Kivu.

Selon Ies révélations, « une soixantaine de civils ont été sciemment pris pour cibles par des unités de l'Armée gouvernementale ». Et l'Onu, toujours selon Alain Leroy, soupçonne les unités du 213ème bataillon des Farde engagées dans l'offensive contre les rebelles hutus rwandais au Kivu d'être les auteurs de ce massacre.

A en croire la même source, ce massacre a eu lieu dans le secteur du village de Lukweti, à 80 km au Nord-Ouest de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Lukweti est un village situé près de Nyabiondo, dans le territoire de Masisi.

Le chef du département des opérations de maintien de la paix de l'Onu soutient que « les faits sont corroborés par le bureau conjoint des Nations Unies et des droits de l'hom-. me. Selon ce bureau, au moins 62 personnes (principalement des femmes et des enfants) ont été tuées entre mai et septembre dernier. Ces attaques sont attribuées à certains éléments Farde de la 213ème brigade. Une enquête mixte Fardc-Monuc réclamée Tout en suspendant immédiatement son assistance logistique et son appui opérationnel aux unités Farde dans l'opération militaire en cours à l'Est de la RD Congo, l'Onu réclame aussi l'organisation immédiate d'une enquête mixte Fardc-Monuc, afin de vérifier ces faits graves qui risquent de ternir l'image de la République démocratique du Congo. Si ces accusations s'avéraient fondées, l'Organisation des Nations Unies attend voir les coupables être condamnés par la justice et sanctionnés   de   manière exemplaire par les autorités congolaises.

La demande d'une enquête mixte est déjà acceptée par le gouvernement congolais si l'on en croit le ministre et porte-parole Lambert Mende Omalanga.

Abordé par la presse hier, celui-ci a toutefois déploré le fait que l'ONU ait décidé de suspendre son assistance logistique et opérationnelle aux FARDG à l'Est du pays, sans attendre les conclusions de l'enquête.

Lambert Mende Omalanga s'est également demandé pourquoi des faits aussi graves datés du mois de mai 2009 ont été gardés secrets par la Monuc pour être divulgués seulement au mois de novembre, à l'occasion de la visite du Secrétaire général adjoint en charge des .opérations de maintien de la paix. 'Attitude que Lambert M considère comme une retentions de l'information.

Pour rappel, M. Alain Leroy s'était rendu dans les secteurs de Nyabiondo et de Ntoto, à Masisi, afin d'évaluer la situation sécuritaire dans cette région où les FARDC traquent militairement les rebelles FDLR avec l'appui logistique de la Monde. Offensive qui avait été approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, afin d'en finir avec les causes profondes de l'instabilité à l'Est du Congo. Dix mois après le lancement de ce qu'on appelle « Kimia II », les sources onusiennes estiment à plus de mille (1000) les civils tués au cours de cette opération militaire, alors que près de 7000 (sept mille) femmes et enfants auraient été violés lors de cette offensive.
                                                                                                        


source : la tempête des tropiques/Kinshasa