MLCLe sénateur estime que le gouv' ai sortant n'est pas le candidat idéal susceptible de fédérer les ressortissants de l'Equateur et imprimer une bonne gestion des affaires publiques pour le bien-être collectif, en avançant ses 4 péchés dont la déstabilisation de l'Assemblée provinciale et du gouvernement provincial ainsi que l'opposition à l'enquête de la chambre haute du Parlement

Le sénateur Pius Isoyongo Lofete est farouchement opposé à l'élection de Jean-Claude Baende au strapontin de gouverneur de l'Equateur. Si certains cadres de l'Equateur qui éprouvent le même sentiment que lui travaillent dans l'anonymat, Isoyongo préfère exprimer sa pensée à haute voix en appelant à voter contre Baende. Sans mettre les gants, toujours égal à lui-même dans ses pertinentes analyses bien argumentées, en sa triple qualité d'élu, d'originaire de la province de l'Equateur et de membre de la majorité présidentielle -AMP-, Isoyongo expose les raisons pour lesquelles il ne veut pas de l'élection de Baende. Mieux, il déballe ce candidat immoral qui a osé, dans son discret mémorandum adressé au dircab du chef de l'Etat, demander un financement à hauteur de 5 à 10.000 USD dans le but de corrompre des députés provinciaux et rafler des voix pour son sacre. Isoyongo note sans s'étonner que dans le même mémo, Baende reconnaît lui-même s'être enrichi sans cause en 6 mois seulement d'intérim, avec l'achat d'une villa dans la commune de Limete et d'une jeep, le tout valant environ 300.000 USD. Ce qui dénote d'une gestion financière scabreuse du gouvernement provincial de l'Equateur. Isoyongo charge Baende de 4 griefs: avoir déstabilisé l'Assemblée provinciale de l'Equateur, s'être opposé à l'enquête sur la gestion des recettes rétrocédées par le gouvernement central tant par l'assemblée provinciale que par le Sénat, avoir installé un climat de terreur dans la ville de Mbandaka et déchargé de leurs fonctions, en violation des lois, les autorités des districts, des territoires et des secteurs en faveur des députés provinciaux au seul objectif de les fidéliser pour son élection. Isoyongo estime que l'AMP ne pouvait qu'abandonner un candidat qui ternirait son image. Entretien.

Un communiqué de l'AMP indique que la Majorité n'a pas aligné des candidats à l'élection du gouverneur de l'Equateur comme il affirme ne soutenir aucun candidat parmi les 5 retenus par la CEI. Que vous inspire ce communiqué?

J'ai lu ce communiqué dans la presse locale et en ma triple qualité d'élu, d'originaire de la province de l'Equateur et de membre de l'AMP, ledit communiqué, mieux cette position de l'AMP m'inspire deux sentiments principaux: la responsabilité et la crédibilité. Appel à la responsabilité des filles et fils de l'Equateur, quels que soient leurs titres, de bien négocier ce virage du choix à la direction de la province qui a une incidence directe sur le devenir de la province et de ses habitants. Il s'agit d'une forte responsabilité des députés provinciaux d'opérer un choix judicieux, guidé non pas par la corruption et les intérêts égoïstes, mais par le souci de donner la chance à la province d'assumer son décollage. Sentiment de crédibilité pour l'AMP. En décidant de sécher ce grand rendez-vous démocratique sur la gestion d'une aussi grande province que l'Equateur et en prenant à témoins l'opinion, l'AMP se tiendrait effectivement en dehors de cet affrontement politique des candidats provenant tous d'ailleurs de la famille politique autre que celle de la Majorité. Je dois vous avouer que cette position était attendue par la population de l'Equateur qui a été désabusée et traitée avec mépris tout au long de 10 mois qui ont caractérisé leur chemin de croix par une horde barbare et mafieuse qui clamait impunément agir sous la bénédiction d'une certaine famille politique du Président de la République et cachait ses bêtises sous cette couverture. Maintenant que les choses sont claires et officielles, nous resterons vigilants pour qu'il en soit ainsi. La population a compris que les autorités n'y étaient pour rien.

Peut-on déduire que l'AMP a décidé de lâcher Jean Claude Baende qui s'est présenté sous l'étiquette d'indépendant tout en sollicitant le soutien de la Majorité via un mémo discrètement rédigé à l'attention du dircab du chef de l'Etat mais publié dans la presse locale?

J'ai lu aussi ce fameux mémo dans la presse locale. Elle m'a inspiré pitié. De toute ma longue carrière, je n'ai pas vu une pareille production. Un mémo véritablement immoral avec comme idées centrales: "Monsieur le président de la République, donnez-moi l'argent -5.000 USD à 10.000 USD- pour corrompre 80 députés à voter pour moi; j'ai donné la gestion des fonds destinés aux ETD aux députés provinciaux pour qu'ils deviennent crédibles dans leurs circonscriptions électorales à l'effet de vous faire voter en 2011; je ne rassemble par les Equatoriens, je suis en difficulté avec tout le monde qui me reproche de vous soutenir; je me suis enrichi sans cause par l'achat d'une maison à Limete de 240.000 USD et une jeep de 42.000 USD; ne suivez pas ceux qui veulent contrôler ma gestion car ce sont des rumeurs orchestrées par des jaloux, etc". Soutenir une telle pièce relève d'un aveu de crédulité ou de corruption. Je crois que l'AMP, par sa position, se démarque de ces cas de figure. Mais il n'est pas exclu que des individualités au sein de notre famille politique puissent se trouver, quelques unes, dans ces cas de figure et ne puissent ménager aucun effort pour naviguer à contre courant. De toutes les façons, nous sommes là pour y veiller et dénoncer, au pire stopper.

Vous êtes au nombre des cadres de l'Equateur et de l'AMP opposés à la candidature de Baende. Pourquoi cette aversion vis-à-vis de quelqu'un qui, disons-le, est sociologiquement proche de vous, qui devait naturellement bénéficier de votre appui?

Durant les 10 mois qui se sont écoulés, personne à l'Equateur n'était contre Baende. C'est Baende qui a attaqué tout le monde dans son souci aveugle d'accéder au poste de gouverneur. Il s'est maladroitement fourvoyé le doigt dans l'œil. Pendant que toute la classe politique de l'Equateur -députés nationaux, sénateurs et autres acteurs politiques-, l'élite de la province, les notables et personnalités de la société civile défendaient les intérêts de la province, Baende, lui, se battait pour ses intérêts personnels et pensait que l'intérêt général menaçait ses intérêts privés.

      Que défendiez-vous?

Je dois vous donner les détails pour que vous compreniez ce qui s'est passé exactement à l'Equateur. Nous défendions des principes mais ne combattions pas des individus. Nos revendications principales étaient de 4 ordres suivants. Primo: nous exigions que la justice soit rendue au sujet du différend qui opposait José Makila à l'Assemblée provinciale. Il n'était pas normal, dans un Etat de droit, 9 mois durant, que les parties ne soient pas fixées par la justice sur le dénouement de leur litige, dénouement ayant une incidence sur la paix sociale et le fonctionnement normal de l'institution provinciale. Secundo: aucune loi de la République ne prévoyait que le vice-gouverneur achève le mandat commencé avec son titulaire déchu. Au cas où Makila n'aurait pas raison, l'élection du gouverneur devrait être organisée. C'est à ce niveau que Baende a pris les armes contre tout le monde, estimant que l'intérim qu'il avait arraché pour achever ledit mandat attrapait le vent par notre faute. Tertio: suite aux bruits persistants de mauvaise gestion des finances publiques aussi bien des ressources provenant des recettes provinciales que celles provenant du pouvoir central, le Sénat a proposé un contrôle par des voies légales afin de faire dissiper tout malentendu. Baende n'a pas digéré cette volonté générale de bonne gestion. Quarto: nous plaidions pour le bon fonctionnement des deux organes paralysés de la province. L'Assemblée provinciale est divisée en deux. Pendant que les uns siègent à l'hémicycle, d'autres sont dehors. Le gouvernement provincial, à la suite d'un remaniement controversé de l'intérimaire, est aussi divisé. Le gouverneur intérimaire gère avec deux ou trois ministres à sa solde et les autres sont renvoyés au placard. Les deux camps s'ignorent superbement. Il n'y a pas des conseils des ministres. Le vice-gouverneur passe le clair de son temps à Kinshasa. La province est réduite à la ville de Mbandaka car, l'intérieur de la province est ignoré par le gouvernement provincial. Je me demande donc en quoi ces 4 revendications sont-elles contre Baende, au point de l'amener à s'en prendre publiquement, à la faveur de conférences de presse, meetings populaires ou d'autres occasions fortuites, à tout le monde. Il a une drôle de manière d'expédier sommairement tout le monde dans le royaume des mauvais, des diables... Il reste l'unique saint. Quelques exemples: il accuse tout le monde d'être jaloux de lui parce qu'il a conquis la confiance du chef de l'Etat qui, selon lui, a décidé désormais de développer l'Equateur, dans le cadre des 5 chantiers, par son unique personne interposée. Il soutient qu'il est le seul à avoir réussi de faire accepter le chef de l'Etat à l'Equateur par l'accueil du président à Mbandaka contre la volonté des cadres de l'Equateur habitant Kinshasa et surtout de l'AMP! Il s'autoproclame premier et unique bâtisseur de la ville de Mbandaka là où tous les aînés, aujourd'hui et depuis la deuxième République, période pendant laquelle ils avaient pouvoir et argent, ne font ou n'avaient rien fait. Il agite des réflexes identitaires de la division de la province en Nord et Sud selon ses besoins. Il taxe certains cadres d'ennemis de la province. Il accuse les gens de ne pas respecter la fonction de gouverneur de province, représentant du chef de l'Etat qu'il incarne, alors que tout Mbandaka se rappelle de la manière dont il avait, lui, ridiculisé dans les mêmes conditions le gouverneur Yves Mobando. Avec ce tableau sommaire, vous constatez qu'il n'y a pas d'aversion vis-à-vis de Baende dans notre chef. Nous ne faisons que rétablir la vérité.

      Que reprochez-vous concrètement à Baende?

Concrètement, je lui reproche beaucoup de choses qui s'articulent autour des 4 axes principaux suivants. Axe Assemblée provinciale: il a déstabilisé cet organe pour se soustraire de tout contrôle de sa gestion. D'abord, il a cherché la chute du bureau de cet organe pour installer celui à sa dévotion. L'Assemblée provinciale fut divisée en deux, comme je l'ai dit avant et son camp bénéficiait de tout. Ensuite, il a organisé le passage en force contre la motion de l'Honorable Itongi Jonas demandant une Commission d'enquête sur la gestion des recettes rétrocédées à la province par le gouvernement central. Il a obtenu le rejet de ladite motion par une bagarre rangée provoquée par des députés à sa solde, laquelle bagarre a conduit aux coups de feu des policiers pour atterrir à la fermeture pure et simple de cet organe gênant pour sa gestion. Enfin, la lettre adressée à la Commission du Sénat par 61 députés provinciaux pour interdire le gouverneur Baende de se soumettre à un quelconque contrôle des sénateurs avant les élections, lettre provenant de sa manipulation éhontée. Axe gouvernement provincial. En plus de ce que j'ai déjà dit, il faut signaler un climat de terreur installé dans la ville de Mbandaka où les populations sont terrorisées par un pouvoir menaçant. Les gens sont tabassés, arrêtés arbitrairement, intimidés… Les libertés publiques sont violées, par exemple l'interdiction au sénateur Lokondo Yoka de tenir un meeting populaire. Les autorités des districts, des territoires et des secteurs sont déchargées de leurs responsabilités de gestion en faveur des députés provinciaux qui sont pourtant irresponsables vis-à-vis de la gestion, au seul objectif de les fidéliser pour son élection. Axe rassemblement des Equatoriens pour un climat d'apaisement d'esprit en faveur du bien-être collectif. Visiblement, plutôt que de prêcher pour la paix des esprits, le gouverneur intérimaire devient le premier à provoquer des tensions dans la province. Si vous écoutez ses prises de position dans la presse comme dans des meetings, si vous observez son comportement vis-à-vis des autres, vous vous trouverez devant un homme incapable de rassembler les filles et fils de l'Equateur autour de l'idéal du bien-être collectif. Il mélange des questions privées et passionnelles aux questions politiques et d'intérêt général. Il gère mal son complexe vis-à-vis des autres et cela l'entraîne dans une envolée d'agressivité inextricable. Axe gestion des finances publiques. Visiblement, Baende confond les finances de la province et ses finances personnelles au point qu'il prend toute idée de contrôle comme une violation de sa vie privée par des personnes malintentionnées.

      Vous appelez donc les députés provinciaux à voter contre lui?

Naturellement. Ceci, pour l'intérêt de la province et de celui de Baende lui-même. Sincèrement, Baende n'est plus dans un état psychologique ni sociopolitique de bien gérer la province. Sans doute, il va aller dans des extrémités, soit trop faibles, soit trop dures et dans les deux cas, il sera un très mauvais gouverneur. Sans se voiler la face, à ce jour, l'opinion générale de l'Equateur est contre Baende. Et lui-même le sait. Il cherche à s'appuyer sur l'AMP. Visiblement, au lieu d'apporter le soutien politique qu'il avait prétendu offrir au chef de l'Etat à l'Equateur, c'est l'inverse qui se produit. C'est plutôt le chef de l'Etat qu'il invite à le soutenir. Et il a même cherché à ce qu'on lui achète ce soutien par l'argent du chef de l'Etat. Son long intérim forcé a joué contre lui car, il a permis d'amener à la surface son inaptitude à être l'homme de la situation équatorienne. Le trafic d'influence qu'il a distillé au nom de la famille politique et autre du chef de l'Etat vient de voler en éclats par la position de l'AMP. Son appui politique dans la province reste un résidu des députés provinciaux à l'égard desquels la population exprime une désapprobation totale quant à leur implication dans la politique de prédation contre les intérêts de la province. Les Equatoriens sont scandalisés par le comportement excessif de Baende vis-à-vis de l'enquête du Sénat pour avoir, avec mépris et arrogance, scellé les bureaux des Divisions provinciales des Finances et de Budget, menacé les fonctionnaires à ne pas déposer devant la Commission, fuyant Mbandaka tantôt vers Kinshasa, tantôt vers Bikoro sous des prétextes divers pour l'unique but de se soustraire de l'obligation de rendre compte de sa gestion qu'il prétend paradoxalement sans problème. La population trouve inadmissible que la gestion de la chose publique dont dépend le devenir de toute la province soit privatisée par un seul individu. La population est aussi excédée par une gouvernance d'un autre siècle déroulée par le ministre de l'Intérieur qui évolue impunément comme dans un territoire conquis. Quant à son appui politique national, il tient à travers ceux qui ont participé avec lui à la ripaille mafieuse de la rétrocession de l'Equateur. Mais d'expérience, je sais que ceux-là ne s'exposeront pas au rouleau compresseur de la Tolérance zéro. Ils sont en train de le gérer pour un moment, le temps de l'empêcher de les dénoncer. Mais il faut que quelqu'un paie ce gâchis, ne fut-ce que pour l'exemple de changement. Car plusieurs provinces regardent comment la situation de l'Equateur sera réglée pour asseoir une jurisprudence. Je crois que l'Equateur mérite mieux.

      Si les urnes tranchaient tout de même en sa faveur, quelle serait votre attitude?

Je suis de ceux qui croient que quelles que soient les difficultés qui nous assaillent, un être humain doit réserver dans sa vie ne fut-ce qu'un petit espace pour la dignité. Cela veut dire que tout ne se négocie pas. Si, malgré toutes ces insuffisances et menaces, les urnes venaient à le choisir, ce serait la preuve du triomphe d'un pacte diabolique destiné à tuer la province. A ce titre, toute en m'inclinant à la volonté de ces députés provinciaux véreux, je m'alignerai dans une opposition foudroyante contre la mauvaise gestion qui en découlera pour satisfaire ledit pacte. Comme nous serons majoritaires, nous nous défendrons et gagnerons au prochain virage. Mais je suis convaincu que nos députés provinciaux mesurent bien l'enjeu de cette élection, c'est-à-dire, le danger que représente la victoire de Baende. Si Baende est élu dans l'état d'esprit qui est le sien à ce jour, caractérisé d'une part par aucune considération vis-à-vis des autorités centrales qu'il prétend tenir pour avoir bouffé avec eux, et d'autre part, par aucune considération qu'il a vis-à-vis des députés provinciaux qu'il gère comme ses valets, alors que ce sont eux qui ont la mission de contrôler sa gestion, je dois vous avouer que nous aurons, dans ces conditions, programmé la mort de la province de l'Equateur. A court terme, les mêmes députés seront indubitablement les premières victimes de Baende. Je compte donc sur le sursaut d'orgueil, de devoir et de l'amour de la province dans le chef de tous les députés provinciaux pour stopper cette incurie. Les autorités centrales doivent, elles aussi, se ressaisir.

      Pourriez-vous être tenté de contester le résultat?

C'est impensable dans un environnement démocratique. Le plus grave ce n'est pas le résultat d'une élection. Plutôt, la gouvernance effective. Il faut que la population reconnaisse votre autorité. C'est ce que les politologues appellent la capacité symbolique d'un système politique. C'est la marge entre la légalité et la légitimité. Il ne sera pas notre gouverneur. Nous attendrons la prochaine occasion pour voter notre gouverneur. 2011 n'est plus loin, il n'y a pas péril en la demeure. Nous allons nous assumer. Et nous savons qu'il lui resterait une seule possibilité, celle de nous accuser faussement dans l'espoir de nous inquiéter. Mais il ne réussira pas. Même en usant de l'achat des consciences.

      Quel est le profil du candidat que vous souhaitez à la tête de l'Equateur?

Lisez bien la position de l'AMP. Comme il n'y a aucun candidat de la famille politique, l'AMP invite les députés provinciaux à un vote de conscience, afin de servir les intérêts réels et bien compris de la province. La position exige des qualités de moralité, de capacité et surtout de rassembleur de toutes les filles et fils de l'Equateur. J'en appelle à la conscience des électeurs qui connaissent bien l'opinion des équatoriens à ce sujet.

      Le Sénat a récemment diligenté une enquête sur la gestion du même Baende. Où en est-on?

Il y a une Commission composée des collègues à ce sujet. J'attends, comme tout le monde, son rapport. Et, le moment venu, je donnerai mon point de vue sur ledit rapport à la Plénière du Sénat. Prenez votre mal en patience.

      Comment appréciez-vous le fait que Baende se soit montré réfractaire à l'enquête du Sénat?

En tant que patriote, il y a des choses inadmissibles pour le fonctionnement d'un Etat. Nous ne pouvons construire un Etat moderne sans respecter certains principes élémentaires de moralisation de la vie publique. Nous avions critiqué et renversé l'ordre ancien et nous ne pouvons plus tolérer sa reproduction sous aucun prétexte. J'attends le rapport de la Commission d'enquête qui nous éclairera sans doute sur le niveau et le degré des goulots d'étranglement ainsi que des motivations à la base de ces manquements contre le Sénat et aussi contre le Président de la République qui avait rassuré le bureau du Sénat de demander à Baende de coopérer avec la Commission. Je tiens à comprendre ce qui s'est passé. Vous n'êtes pas sans savoir, comme l'affirment publiquement les hommes à Baende, que celui-ci n'est pas seul. A titre d'exemple, contre toute logique élémentaire, des voix se sont élevées dans la Majorité pour soutenir l'inopportunité de contrôler une gestion de l'Opposition décriée par la clameur publique à l'Equateur. Comprenez-vous quelque chose? Moi pas du tout. Pendant que le contrôle se passe sans problème partout où la Majorité gouverne: je pense aux provinces Orientale et Maniema où les vice- gouverneurs sont recalés, celle du Kasaï occidental où le ministre des Finances est arrêté, celles du Nord-Kivu et du Bas-Congo où les contrôles se font tambour battant et où un président de l'Assemblée provinciale est même tombé, etc., mais à l'Equateur la Tolérance n'est pas zéro pour la gestion de Baende. On s'affaire plutôt à chercher des boucs émissaires: des prétendus candidats qui voulaient prendre la place de Baende, des cadres déloyaux à l'égard du chef de l'Etat pour avoir contesté Baende comme si c'est le Chef qui a géré l'Equateur, des intimidations et des malveillances, etc. Tout se passe comme s'il appartenait au gestionnaire Baende de déterminer quand on doit le contrôler.

      Votre mot de la fin?

Comment peut-on réaliser les Cinq chantiers sans l'effectivité de l'opération Tolérance zéro, comme j'avais lu dans l'une des vos éditions? Vous aviez raison de dire que le Président de la République avait compris que l'ennemi du développement de la RD-Congo s'appelait les antivaleurs, constituées de la corruption, de détournement des deniers publics et de l'impunité. Et moi d'ajouter que cet ennemi n'est ni l'opposition politique, ni le Rwanda, encore moins la communauté internationale. Mais, ce sont toujours ces croque-morts qui gangrènent la gestion de la chose publique et font des 5 chantiers et de l'opération Tolérance zéro des slogans dans la réalité. Nous devons nous mobiliser contre ces ennemis de la Patrie et les mettre hors d'état de nuire. J'invite donc les députés provinciaux à voter dans la sérénité et la conscience, en intégrant la position de l'AMP. Je souhaite que lesdites élections se passent dans la concorde provinciale sous la vigilance de la population de la province de l'Equateur.