Drapeau_AngolaAprès un temps de brouille marqué par des expulsions réciproques, la RDC et l'Angola entretiennent des bons rapports actuellement. Cette annonce a été faite ce mardi 10 novembre à Kinshasa par l'ambassadeur de l'Angola, Emilio José de Carvalho Guerra. Celui-ci s'est exprimé au cours d'un point de presse, regrettant au passage que certains faiseurs d'opinions ont cru bon profiter de quelque incompréhension glissée dans les rapports entre les deux pays pour décharger sur l'Angola leurs frustrations, insultes et même des déclarations de guerre. "

 

Notre consolation est que ces individus ne sont pas membres du gouvernement congolais avec lequel, nous maintenons si heureusement de bonnes relations ", a déclaré le diplomate angolais. La grande annonce reste la tenue de la Commission mixte bilatérale à Luanda avant la fin du mois de novembre.

 

L'occasion a été mise à profit pour rappeler que l'Angola et la RDC partagent une frontière commune de 2.511 kilomètres. Mais aussi que les peuples de deux pays cohabitent dans un espace géographique commun.

 

" C'est le cas du peuple lunda de l'Angola qui jusqu'à présent a son roi Mwatsha Yamvu en RDC, les Basuku dont la reine est Ngudi a Nkama à Loremo en Angola et les Ne Kongo de la RDC, du Congo Brazzaville et du Gabon qui ont pour capitale la ville de Mbanza Kongo en Angola ". Emilio Guerra a fait savoir que les aides mutuelles entre la RDC et l'Angola datent de la Conférence de Berlin de 1885 quand les puissances coloniales avaient décidé de se partager l'Afrique. C'est sur base de cette réciprocité d'entraide qu'en août 1998 l'Angola est intervenu en RDC agressée.

 

Actualité oblige, l'ambassadeur d'Angola s'est exprimé aussi sur l'expulsion des étrangers en Angola. " Cela relève de la souveraineté de chaque pays d'établir la légalité sur son territoire. L'Angola a ses lois et dans ce contexte, elle a toujours agi en conformité avec les principes et normes du droit international ". Et d'expliquer " qu'aucun pays réellement organisé tolère que n'importe quel citoyen, indépendamment de ses origines, entre et s'installe illégalement sur son territoire. Moins encore dans ce qu'il considère comme un espace stratégique et commence à extraire ses matières premières, s'adonner à la contrefaçon de sa monnaie, à la vente des drogues, au vol à main armée, à la falsification des documents et à la prostitution déchaînée ".

 

Selon lui, l'Angola ne voit pas l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Namibie ou le Botswana, et même la RDC, accepter que les étrangers aillent faire la même chose sur son territoire. "Les Congolais et les citoyens honnêtes d'autres pays vivent en paix en Angola et n'ont jamais été inquiétés. Mais ceux qui pratiquent des actes contraires à la bonne conscience et aux lois du pays, ceux-là nous ne les voulons pas ".

 

 

 

Il y a eu une résistance des creuseurs de diamant 

 

A propos de la violation des droits de l'homme lors de ces expulsions, l'ambassadeur souligne que depuis 2007, la police angolaise procède aux expulsions. Mais depuis un temps, la police ne le pouvait, plus suite à la résistance de creuseurs de diamant qui utilisent des armes à feu. D'où l'intervention de l'armée angolaise a été rendue nécessaire. Que dire des biens des expulsés saisis ? Emilio Guera reconnaît la saisie des biens, soit 316 pierres de diamant, 31 armes, 28 motos, des hors bords, trois équipements de plongées des groupes électrogènes…. Pour lui, toute activité illégale est interdite. Toutes personnes surprises dans cette activité voient leurs biens saisies. Que dire des brutalités et traitements dégradants ? L'ambassadeur affirme que ceux qui ont résisté ont été, certes, brutalisés.

 

En ce qui concerne les violations de frontières par l'Angola, l'ambassadeur de ce pays fait savoir que cette question, y compris le cas Kahemba, a été traité par les deux pays avec l'assistance des anciennes puissances coloniales. Pour l'accusation de violation de la localité de Tshela par les forces armées angolaises, Emilio Guerra met en exergue le démenti apporté par le ministre de communication et presse, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, lors de la présentation du " Livre Blanc ". Une certaine presse fait croire que la brouille entre la RDC et l'Angola a comme origine le pétrole. A ce niveau, l'ambassadeur a fait savoir que les deux premiers ministres en ont parlé dernièrement, la commission mixte bilatérale y reviendra dans la deuxième quinzaine de novembre.

 

Interrogé sur l'absence du président Edouardo Dos Santos aux Sommets de la SADC et de la CEEAC à Kinshasa, interprétée comme un signe de mauvais état de relations bilatérales, Emilio Guerra estime que cette analyse n'est pas bonne. C'est la participation du pays qui compte et non la présence physique du président Dos Santos. Et ce n'est pas la première fois que le président angolais est absent d'un sommet de chefs d'Etat et de gouvernement. Et que dire de l'absence du président Paul Biya du Cameroun, s'est interrogé le diplomate angolais en poste à Kinshasa.

 

 

Quant à la réunion de la grande Commission mixte bilatérale, Emilio Guerra a fait savoir que l'Angola a proposé une date, il reste qu'un accord soit trouvé avec la partie congolaise. Probablement, la réunion pourrait se tenir dans la deuxième quinzaine du mois de novembre à Luanda.

A cette occasion, les deux pays vont pouvoir aborder la question de la plate-forme continentale et celle de frontières. A la question posée sur a reprise du trafic aérien entre les deux pays, l'ambassadeur de l'Angola répondra que cela dépend de beaucoup de choses, notamment de la sécurité des appareils.

 

Il y avait, dira-t-il des responsables qui voulaient clouer les avions angolais au sol. " La balle est dans votre camp ", a déclaré le diplomate. Le moins que l'on puisse dire est que la réunion de la Commission mixte bilatérale aura beaucoup de points à traiter.

 

Pour mémoire, le nouvel ambassadeur d'Angola à Kinshasa, Emilio Guerra a présenté ses lettres de créance au premier Joseph Kabila le 6 juillet dernier. Agronome de formation, il était auparavant en poste comme ambassadeur d'Angola au Gabon.

source : l'Observateur