drapeauFMIC’est ce mercredi 18 novembre 2009 que les créanciers bilatéraux de la RDC, membres du Club de Paris, se pencheront, dans la capitale française, sur le dossier de la RDC. Il s’agit, comme exigé par le FMI, de déduire, au regard des amendements portés aux contrats chinois, des assurances financières nécessaires pour, enfin, sceller un nouvel accord formel entre le FMI et la RDC. Une course à la montre - tout devant être bouclé à temps, avant la tenue, début décembre à Washington, du Conseil d’administration du FMI. Cependant, à Paris, le dossier RDC sera traité sans un officiel congolais. Tout se décidera sur base des conclusions de la dernière mission du FMI, dépêchée en RDC du 27 septembre au 10 novembre 2009. Kinshasa part avec les faveurs des pronostics.

Aucun officiel congolais ne fera ce mercredi 18 novembre 2009 le déplacement de Paris où siègera le même jour les créanciers bilatéraux de la RDC, membres du Club de Paris. Au cours de cette réunion de Paris, les services du FMI souhaitent des assurances de financement de la part des créanciers du Club de Paris concernant le rééchelonnement de la dette officielle de la RDC, avant l’examen, début décembre, par le Conseil d’administration du FMI, de la requête des autorités congolaises pour un nouveau programme triennal (PEG 2) dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance.

Aucun officiel congolais n’a été invité à Paris. Jusqu’il y a quelques jours, on pensait le contraire. Mais, le Club de Paris a décidé autrement. Ainsi, le dossier de la RDC ne sera traité en interne au niveau du Club de Paris, avec probablement un représentant du FMI et un autre de la Banque mondiale. Seule base de discussion, le rapport de la mission des experts du département Afrique, dépêchée à Kinshasa du 27 octobre au 10 novembre 2009.

A Kinshasa, l’on retiendra tout son souffle, en attendant que Paris lève le pan de voile de cette rencontre qui constitue en fait le dernier verrou sur la voie d’un PEG 2. Ce n’est donc pas le fait du hasard lorsque Le Potentiel rappelait dans l’une de ses dernières livraisons que Kinshasa avait « deux semaines pour convaincre ». Aujourd’hui, les faits semblent avoir donné raison à ses prédictions.

En effet, ce 18 novembre, le Club de Paris ne se prononcera que sur base des éléments à lui transmis par le FMI, conformément à la note technique de ses experts en mission jusqu’au 10 novembre en RDC. Dans sa note technique du 30 octobre 2009, la délégation du FMI note ce qui suit : « Il en ressort que la RDC reste un pays surendetté, comme l’indiquait déjà la dernière AVD, faite en août 2007. Les projections laissent penser que, sans allègement de la dette au titre de l’Initiative en faveur des pays très endettés (PPTE) et de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM), les indicateurs de la charge de la dette extérieure continueront à dépasser pendant longtemps les seuils tributaires de la politique économique ».

Dans ce dernier derby avec le Club de Paris, la RDC part déjà avec les faveurs des pronostics. Les points repris dans la déclaration de fin de mission du FMI en RDC penchent en sa faveur.

LES RAISONS D’ESPERER

Le premier point de repère du Club de Paris est les amendements portés sous forme d’un avenant sur les contrats chinois. Sur ce point précis, les services du FMI et de la Banque mondiale qui se sont penchés sur le sujet ont confirmé le 30 octobre 2009 par une lettre adressée au Premier ministre, Adolphe Muzito, que l’analyse conjointe de la viabilité de la dette (AVD) qui a pris en compte les termes de l’Accord de coopération révisé, a abouti aux conclusions que « le niveau d’endettement de la RDC n’est pas viable sans un allégement substantiel de sa dette; s’il est vrai que les indicateurs de l’endettement de la RDC devraient repasser sous les seuils pertinents en cas d’allégement, le pays restera néanmoins vulnérable aux chocs exogènes négatifs; la prise en compte de la garantie de l’État congolais prévue dans l’Accord de coopération augmentera le niveau d’endettement extérieur à moyen terme mais n’aura pas un impact majeur sur la viabilité de la dette à long terme ».

En ce qui concerne l’évaluation du degré de concessionnalité (ou élément don) de la garantie fournie par l’État congolais au financement des infrastructures visées dans l’Accord de coopération, le FMI et la Banque mondiale sont arrivées à la conclusion selon laquelle « l’élément don a été estimé à 42 % en partant des hypothèses suivantes : le projet minier ne génère aucun revenu net et le recours à la garantie de l’État intervient au bout de 25 ans comme le prévoit l’Accord révisé; les intérêts courus sont composés, avec un taux d’intérêt fixe de 4,4 %. L’élément don augmente à 46 pourcent si le gouvernement reçoit 250 millions Usd au titre du pas de porte de la part des partenaires chinois ».

De ce point de vue, l’accord de coopération sino-congolais révisé ne devait donc pas désaxer la décision du Club de Paris dans le sens espéré par la RDC.

Mais, c’est dans la lecture de la situation économique, financière et monétaire du pays que les choses pourraient peut-être se corser. Mais, là encore, la dernière mission du FMI en RDC a reconnu des efforts entrepris par les autorités congolaises pour tenter de ramener l’équilibre dans les principaux indicateurs macro-économiques. Dans sa déclaration, la mission notait que « les autorités ont mis en oeuvre leur programme économique pour 2009 de manière satisfaisante jusqu`à fin septembre, avec les recettes et les dépenses de l’Etat en ligne avec les projections ». La mission saluait, en même temps, « le récent renforcement de la politique monétaire, qui devrait aider à modérer l’inflation ainsi que les efforts en cours pour améliorer la coordination dans la prévision de liquidité à travers des réunions de coordination hebdomadaires plutôt que mensuelles ».

LA PRIMATURE BALISE LA VOIE

Dans la lignée des mesures prises en compte par le FMI, des sources gouvernementales rapportent que le Premier ministre a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre une catégorie de dépenses jugées non prioritaires. Ce sont notamment les dépenses relevant de la rubrique des frais de mission, de fonctionnement. Le Premier ministre s’est également engagé à mettre de l’ordre dans l’affectation des dépenses, dites urgentes. Ces mesures, soulignent ces mêmes sources, devaient consolider davantage les finances publiques, atténuer les pressions sur les taux de change et freiner l’expansion de l’inflation.

En prenant en compte ces observations, bien en faveur de la RDC, contenues dans la lettre conjointe du 30 octobre 2009, et la note « satisfaisante » attribuée au gouvernement par la dernière mission du FMI en RDC, il y a lieu de garder plein espoir sur la rencontre du Club de Paris. Rien ne semble désormais obstruer la voie, plus que jamais, dégagée, qui mène au PEG 2 en faisant sauter le dernier verrou.

Après Paris, c’est à Washington que devra se jouer, début décembre, le dernier acte du PEG 2. Et ce sera cette fois-là, devant le Conseil d’administration du FMI. En cas de note positive en ces deux étapes, la RDC pourra alors envisager avec sérénité, à fin mai 2010, le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

source : le Potentiel