Monuc_FardcLe 30 novembre 2009, la Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) aura totalisé 10 ans de présence sur le sol des Congolais. Elle a commencé comme une petite mission d'observation avant de bénéficier, au cours des années, de plusieurs augmentations de ses effectifs. 

 

 

La Monuc est à ce jour la plus importante mission de l'Onu dans le monde, avec 22 800 hommes, dont 16 000 militaires, afin de faire face à la dégradation de la situation sécuritaire des populations. Elle se fait appuyer à partir de mai 2006 à Kinshasa par des troupes de l'Union de l'Europe occidentale, dite Forces européennes (Eufor) afin de sécuriser le processus des élections. La Monuc a, selon le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en RDC, Alan Doss, accompli un travail remarquable. Elle a, notamment, supervisé le cessez-le-feu et le retrait des troupes étrangères, stabilisé la situation sécuritaire, accompagné le Dialogue intercongolais ayant abouti à l'accord inclusif et global de Sun City, et la transition d'immobilisation des groupes armés en Ituri et ailleurs, facilité les premières élections libres et transparentes depuis 40 ans, et aidé le gouvernement à gérer la crise dans les deux Kivu et à mener les opérations contre les groupes armés. Un bilan dont Alan Doss se félicite, mais qui reste entaché de quelques couacs, dont de nombreuses accusations de viols, de scandales sexuels, de trafics de matières précieuses et de critiques de la population qui accuse les soldats de la Monuc d'immobilisme, de complicité avec les groupes armés… Pour la population congolaise, la Monuc est en RDC pour " bouffer " seulement de l'argent avec un budget annuel …de 1,35 milliard de dollars.

 

  La Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) aura totalisé 10 ans de présence sur le territoire de ce pays aux dimensions continentales pour un bilan que le peuple congolais est loin de qualifier de positif ni de " travail remarquable ", contrairement aux déclarations d'octobre 2009 du chef de cette grande mission, Alain Doss, à New York, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, estimant toutefois " que certains objectifs fondamentaux de l'accord inclusif et global de Sun City qui fondent la présence de la Monuc en RDC sont encore à atteindre".

 

 D'après le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en RDC, ces objectifs sont la formation d'une armée professionnelle et républicaine, la restauration de l'autorité de l'Etat partout dans l'Est de la RDC, la réconciliation nationale ainsi que l'achèvement de la reconstruction effective du pays. " Je suis convaincu que ces tâches concomitantes avec celles de la stabilisation et de pacification doivent se poursuivre avec le soutien de la Monuc et votre soutien matériel et diplomatique ", a conclu Alan Doss.

 

 Cependant, le sort des populations déplacées dans les Uélés, et dans le Kivu, leur protection ainsi que celle de la population civile au regard des opérations militaires menées contre les FDLR, LRA et les groupes armés sont autant avec le respect des droits de l'homme et les violences sexuelles, les nombreuses accusations portées contre les casques de la Monuc sur les abus sexuels et autres trafics des matières premières des points d'ombrages qui fragilisent le succès de la Monuc en RDC et en amenuisent la crédibilité auprès de l'opinion nationale.

 

 Face à certaines accusations portées contre elle, notamment son manque d'efficacité sur le terrain contre les forces négatives qui pullulant dans la partie orientale de la RDC, la Monuc argue le faible effectif de ses troupes.

 

 

 

De 17000 à plus de 22 000 casques bleus

 

 Voilà pourquoi le Conseil de sécurité de l'Onu avait, le 20 novembre 2008, adopté une résolution décidant le déploiement supplémentaire de 2.785 militaires et 300 policiers. Ces éléments seront essentiellement déployés dans les provinces Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des régions en proie à des violences dues à la présence de quelque 500 rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et de 4.500 à 6.000 rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

 

 La Monuc, qui compte actuellement quelque 17 000 Casques bleus, 700 observateurs militaires et plus d'un millier de policiers, appuie les Forces armées de la RDC dans la traque de ces deux groupes armés.

 

 Un bataillon d'infanterie et une compagnie des forces spéciales égyptiennes, un bataillon d'infanterie et une compagnie du génie bangladais, et une compagnie des forces spéciales jordaniennes sont parmi les renforts attendus en RDC.

 

 Dernièrement, dans un rapport publié lundi 2 novembre, Human Rights Watch (HWR) avait accusé des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d'avoir tué au moins 505 civils à Nyabiondo dans la province du Nord-Kivu. Dans un même rapport, HWR avait demandé à la Monuc de suspendre son soutien à l'armée congolaise dans leur traque des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), en l'accusant de n'avoir rien fait pour empêcher ces exactions. "Des soldats de l'armée congolaise commettent des crimes de guerre en prenant pour cible les personnes-mêmes qu'ils devraient protéger", avait déclaré lundi Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HWR. "La volonté continue de la Monuc d'apporter un soutien à de telles opérations militaires abusives l'implique dans des violations du droit de la guerre".

 

 La réaction de la Monuc ne s'était pas fait attendre. Dimanche 8 novembre, le chef des opérations de maintien de la paix de l'Onu, Alain Le Roy, avait annoncé que les Nations unies cessaient immédiatement leur soutien à la 213e brigade de l'armée congolaise, suspectée d'avoir tué au moins 62 civils dans la région de Lukweti (80km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma).

source : l'Observateur