Tribunal_Mbanza_ngguLe Conseil de sécurité du territoire de Mbanza-Ngungu, dans le district des Cataractes, au Bas-Congo, a pris en fin de semaine dernière une décision qui devrait faire date dans l’histoire de notre pays. Il s’agit de l’interdiction faite aux personnes adultes, ayant le statut de mariées, d’habiter chez leurs parents. Un délai de huit mois a été accordé à tous les adultes mariés pour qu’ils puissent prendre leurs dispositions en vue de quitter les maisons familiales. A défaut, ils seraient déguerpis de force. Selon l’Administrateur de ce territoire, Jean Oscar Botoko ya Nkangu, cette mesure radicale vise à inciter les jeunes-gens à s’émanciper de bonne heure de la tutelle et de la dépendance logistique de leurs parents, un facteur qui a longtemps constitué un frein à leur auto-prise en charge. Tous les chefs de secteurs et de cités (Kimpese et Mbanza-Ngungu) ont été sensibilisés pour traquer les éventuels récalcitrants.

             

L’autre objectif de Jean Oscar Botoko est d’amener le plus de jeunes possibles à participer à la nouvelle saison agricole, de façon à produire plus et donc à rendre chaque ménage dit « agricole’ autosuffisant. A terme, la participation du plus grand nombre aux travaux agricoles devrait impulser le développement du territoire et faire tache d’huile dans d’autres contrées du Congo profond. De l’avis de l’administrateur du territoire de Mbanza-Ngungu, ce sont les adultes mariés vivant sous les toits de leurs parents « qui sont en train de bloquer le développement du Congo, et j’estime que quand ils se mettront tous au travail, au lieu de se laisser nourrir avec leurs familles, les choses iraient de mieux en mieux ». Kinoises et Kinois interpellés… L’initiative de l’Administrateur du territoire de Mbanza-Ngungu donne des sueurs froides à des millions de Kinoises et Kinois, qui passent souvent leur vie dans les parcelles et maisons familiales. Ils naissent, grandissent, se marient, procréent, vieillissent et meurent chez leurs parents, créant ainsi un précédent fâcheux pour leur progéniture, qui est contrainte de suivre pratiquement le même schéma. On retrouve ainsi des générations entières qui se succèdent sous les toits parentaux, de pères en fils et de mères en filles, dans une promiscuité généralement source de conflits permanents. Naturellement, l’éducation des enfants en pâtit. Car, ils vivent le drame des mères battues devant leurs beaux-parents, beaux-frères et belles-sœurs, des disputes et bagarres entre frères et sœurs, des tantes et oncles qui se méconduisent sous leurs yeux, des cas d’incestes entre frères et sœurs, cousins et cousines, etc. Si le gouverneur de la ville s’avisait à s’engager dans la voie de l’Administrateur du territoire de Mbanzu-Ngungu, il y aurait certainement des  pleurs et des grincements de dents, mais au moins la tendance au moindre effort en matière de logement et à la mendicité sous couvert de la solidarité africaine disparaîtrait rapidement.

Source : le Phare