JusticeC’en est fini de l’A-dg de la COHYDRO. Joseph Kabila a décidé lui-même de la mise à l’écart de Jacques Yolo Yeli et de son déferrement devant la justice. La volonté du Chef de l’Etat est clairement exprimée dans une lettre, datée 19 novembre, de son directeur de cabinet dans laquelle celui-ci demande fermémment au ministre de la Justice d’instruire le Procureur général de la République pour l’ouverture des pousruites judiciaires à l’encontre du patron de la COHYDRO. “Il (ndlr: le Chef de l’Etat) vous demande d’instruire le Procureur Général de la République, qui me lit en copie, de se saisir de ce cas, en vue d’un trait-ment particulier”, instruit Adolpohe Lumanu Mulenda (Lire la lettre en fac similé ci-dessous). Pas l’ombre d’un doute que Yolo est désormais candidat à un séjour pro-longé au CPRK. Ce n’est plus qu’une question des jours ou d’heures, le temps de formaliser la procédure. Cette correspondance fait une suite à une plainte du député ODR, Martin Munkokole, sur l’aliénation des citernes de la COHYDRO. Le député de l’opposition avait saisi directement le ministre de la Justice avait copie pour information au Président de la République. Ce dernier s’est fait une conviction après avoir pris connaissance du rapport d’audit du CSP -Conseil supérieur du portefeuille-sur la gestion de la société pétrolière publique comme le souligne le dircab dans sa lettre. Adolphe Lumanu envisage une sanction administrative avant la saisine de la justice. Ce qui explique qu’il instruit, dans la même cor-respondance, le ministre du Portefeuille, le ministre des Hydrocarbures, le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoy-ance sociale et le Président du Conseil d’administration de la COHYDRO de “pren-dre des dispositions utiles”.

              Jaques Yolo avait encore des doutes s’il était la cible des instructions de Lumanu. Qu’il lui suffse de constater que la lettre est adressée en ampliation à son adjoint mais pas à lui le titulaire. L’affaire des citernes aliénées remonte à mi-juin 2009. Elle se passe à Lubumbashi, dans la province du Katanga avec la requête écrite d’une certaine Mwazimbo Kyabawa pour l’acquisition de six citernes des wagons à “titre de mitraille”. Yolo accordera la vente sous prétexte que les citernes étaient déclassées, donc considérées comme de la mitraille non comptabilisées dans les immobilisations de la COHYDRO à sa création en 1999 sur les cendres de Petro-Congo. Pour les “récipiients t me Mwazimbo aura deboursé 12.000 dollars -à raison de 2.000 dollars la pièce- payés auprès de la CO-HYDRO-Katanga. La mission d’audit du CSP a reconnu le déclassement de ces citernes               en 1990 du temps de Petro-Congo mais celles-ci faisaient encore partie du patrimoine de la COHYDRO. “A ce jour, aucune décision du Con-seil d’Administration comme celle de l’autorité de tutelle n’a couvert le déclassement et l’aliénation de ces immobilisations”, écrivent les auditeurs du CSP dans le rapport transmis à la minis-tre du Portefeuille, Jeannine Mabunda. Dans cette transaction, Yolo a triché sur le prix. Il a vendu deux fois moins cher que le prix SEP-Congo, la référence en la matière. Celui-ci avait été fxé à 4.000 dollars pour une citerne de 40 m3, selon les directives de l’A-dg de SEP-Congo, Marc Soissong, formulées en avril 2008. Yolo qui a bradé les citernes s’apprête à en vendre d’autres, aujourd’hui, à 4.000 dollars la pière à SEP-Congo. La cession des citernes à Mme Mwazimbo a été conclue sans facture ni acte de vente signé entre               les deux parties, constatent les enquêteurs de Mabunda. Pire, l’opération n’a pas été enregistrée à la comptabilité de Kinshasa et la caisse re-cettes a été contournée. Sitôt, le produit de la vente receptionné à Lubumbashi, a ordonné, par téléphone, de l’affecter à l’achat d’une Jeep Toyota Land Cruiser Prado sous douane. Là encore, il y a eu magouille. Selon l’audit, ce genre véhicule est vendu, à Lubumbashi, hors, à 8.000 dollars. Selon des sources proches du Palais de la nation, c’est l’affaire d’un groupe électrogène de 250 KVA-Diesel acheté à 70.000 dollars qui a le plus fâché le chef de l’Etat. De l’acquisition, ce générateur a pris une autre voie. Personne ne l’a jamais vu à la COHYDRO. Interrogé par les auditeurs, Yolo a pré-tendu qu’il l’avait envoyé à la Présidence de la République.