franc_congolais_billetIl s'observe une embellie sur les quatre fondamentaux (finances publiques, situation monétaire, activité de production et balance commerciale) de l'économie congolaise grâce à certaines mesures correctives prises par la Banque centrale du Congo (BCC). Ainsi, le taux de change n'atteindra pas au cours de cette année 2009 la barre de 1000 Francs congolais pour 1 dollar. C'est dire que la question de la dépréciation du Franc congolais garde toute sa pertinence à la BCC parce qu'elle touche à un domaine d'intérêt national et qui influe sur le vécu quotidien des citoyens.

Ces assurances sont venues du côté de la BCC qui attend à fin novembre les acomptes provisionnels. Cela pourra accélérer l'appréciation du taux de change sur le marché. Bien de spéculateurs, recrutés dans les différentes banques commerciales, vont donc déchanter. Car la dépréciation monétaire actuelle n'est pas liées aux fondamentaux, lesquels se sont améliorés depuis fin septembre, malgré les effets pervers de la crise financière internationale, rassure le directeur des études à la BCC, Vincent Ngonga, au cours d'un entretien fortuit avec la presse.

En effet, la BCC a pris un train de mesures visant à assurer une bonne mise en œuvre des politiques jusqu'à fin décembre 2009.  L'objectif visé par la BCC est de voir les finances publiques maintenir leur orthodoxie. Désormais, l'Etat, à travers la BCC, ne dépense que sur base caisse hebdomadaire, mais le taux de change tendant à la hausse observé sur le marché de change, s'entretient sur les bulles financières, sans que les fondamentaux le déterminent. Les engagements et les ressources disponibles sont désormais bien coordonnés à travers un plan de trésorerie.

La BCC a donc compris l'intérêt à maintenir son dispositif actuel avec un taux d'intérêt qui est passé de 65 à 75% l'an, réduisant ainsi l'excédent de liquidités. L'on note que le taux de l'inflation a été réduit de 10%, une dépréciation du Franc congolais de 2,5% et l'augmentation des réserves obligataires de la BCC. L'Institut d'émission est donc entrain de faire pression sur le taux de change et le taux d'inflation pour éviter l'implosion sociale.

 

Ponction des liquidités

De concert avec le gouvernement, a fait savoir l'expert de la BCC, l'Institut d'émission contrôle désormais toutes les sources d'augmentation de moyens de paiement, lesquelles alimentent la demande excédentaire des devises. C'est pourquoi, elle maintient le taux d'intérêt à un niveau supérieur à celui de l'inflation pour décourager les banques commerciales à s'endetter auprès de la  BCC à moindre coût et provoquer ainsi une expansion de la masse monétaire.

 " Nous avons relevé le taux directeur et actionné plusieurs instruments de politique monétaire dont le BTR. De ces opérations, nous avons enregistré fin septembre des ponctions des liquidités de l'ordre de 20 milliards, avec un excédent de liquidités estimé à 2 milliards ", a précisé Vincent Ngonga.

Pour le directeur des études Vincent Ngonga, le taux de coefficient de versement obligatoire pour les banques, est passé de 5 à 7 %. Le volume de BTR souscrit est ainsi passé en moyenne de 50 milliards de FC avec une ponction significative de liquidités. A travers les interventions sur le marché de change, la B CC a pu ponctionner 55 millions Usd en 3 mois.

Pour tout dire, Vincent Ngonga a expliqué que la situation des finances publiques est équilibrée et n'explique, à l'en croire, la dépréciation actuelle du Franc congolais. "Les fluctuations du taux de change observées sur les dix premiers mois de 2009 trouvent leur fondement quant à l'insuffisance de l'offre des devises par rapport à la demande".

Cette offre des devises a été affectée initialement par la chute brutale des principales matières d'exportations et ensuite par la fermeture de certaines bourses, notamment celle d'Anvers, par où passe l'essentiel des produits exportés.

Ainsi, la situation à fin septembre au 16 septembre 2009 présente la vente des BTR à 19 milliards de FC, la stérilisation des avoirs des banques à 16 milliards ; le refinancement à - 3 milliards de FC. La ponction nette de la liquidité bancaire est de 32 milliards de FC. La hausse moyenne des prix intérieurs aux neuf premiers mois représentent 4%. Au 1er octobre, elle représente 5%. Quant à la dépréciation moyenne par mois aux neufs premiers mois, elle représente 3% contre 2,5% par mois depuis le 1er octobre jusqu'à ce jour.

Dans un contexte économique difficile marqué par les effets pervers de la crise financière internationale, la RDC a sorti ses biceps pour mettre en œuvre, de façon satisfaisante, le programme économique pour 2009. Le plus dur reste les résultats du Club de Paris afin d'obtenir l'approbation du programme triennal par le Conseil d'administration du FMI.

Ce cadre macroéconomique doit être marqué par une forte croissance, une faible inflation, des réserves en devises élevées, a fait observé cet expert économique.

Une autre bonne nouvelle : selon le directeur Ngongo, l'économie congolaise est sortie de la récession économique depuis à fin 3ème trimestre.

Source : l'Observateur