La dernière preuve est brandie dans un SMS que l’ancien dircab a transmis au député provincial Mbuze  lui demandant de restituer les magots reçus pour catapulter le député national  Jean-Lucien Busa au strapontin de gouverneur de l’Equateur

        L’argent sorti des économies de Bemba destiné aux députés provinciaux de l’Equateur à titre de motivation pour faire élire et élire Jean-Lucien Busa, le controversé candidat du MLC à la tête du gouvernorat de l’Equateur et le schéma mis en place lors de cette élection empoisonnent sérieusement les relations entre Fidèle Babala et certains hauts cadres bembistes. Si certains boudent en silence, d’autres comme Sam Bokolombe, l’ex-président fédéral du MLC/Equateur, auteur d’une fracassante démission, et Jean-Baptiste Bomanza, l’ex-UDPS passé conseiller politique de Jean-Pierre Bemba à la faveur de la coalition électorale Union pour la nation -UN- ont pris leur courage et entrepris de dénoncer. Des informations parvenues à AfricaNews font état du galvaudage par Babala des centaines de milliers de dollars envoyés par Bemba pour reconquérir l’Equateur. Il fallait être un as pour pouvoir convaincre Bemba, en sérieuses difficultés financières devant la CPI, de délier le cordon de la bourse. Au finish, l’Equateur a été perdu. Et l’heure des comptes a sonné. Au MLC, à basse ou à haute voix, tous dégainent désormais sur l’ancien dircab et homme de confiance de Bemba, fiché plus puissant que le SG François Muamba.
       

        Les dénégations de Babala joint au téléphone mercredi 25 novembre 2009 n’y feront rien: ça sent mauvais, les relations au MLC et dans les milieux bembistes sont au plus mal. Prié de s’expliquer sur la gestion de 200.000 USD ou 300.000 USD de Bemba passés par une banque commerciale de l’avenue Colonel Lukusa, destinés à doper les députés provinciaux de l’Equateur et à les déterminer à voter pour Bemba et dans laquelle son nom est cité, Babala a tout rejeté en bloc. «Je ne connais pas l’existence d’un tel montant… Je ne fais que ce que le président me dit… Nous avons cotisé 180.000 USD que nous avons mis à la disposition de Jacques Lungwana pour gérer les dépenses liées à l’élection du gouverneur de l’Equateur», s’est défendu Babala. Pourtant un SMS de Babala forwardé à AfricaNews en dit long sur le rôle que le sherpa du chairman a joué dans la défaite du MLC à l’Equateur. Ce message téléphonique  adressé au député provincial Thierry Mbuze est ainsi écrit: «Les sous reçus sont de moi car tu n’étais sur aucune liste je le veux en retour ici, à Kin ou en europe! Partout ou on se rencontrera». Textuel. AfricaNews a rapporté à Babala son SMS qui ne l’a pas nié, expliquant qu’il réclamait une dette à son beau-frère. La justification ne tient pas la route. La simple évocation du mot liste laisse deviner que l’on est dans une ambiance électorale ou dans une scène de distribution d’argent.
       

        Stratège de l’échec
       

        Babala lui-même l’a confirmé par la suite quand il a avoué être fâché contre Mbuze qui s’est targué de l’avoir soutiré de l’argent sans pourvoir signer un seul document. Mbuze a donc touché le magot. A des proches, le député a confié avoir obtenu 2.000 USD de Babala. Le MLC, ce parti qui se présente en alternative au pouvoir en place, a donc versé dans une opération de corruption. C’est immoral. Le bagnard Bemba a donc utilisé ses économies. Il fallait être un as pour pouvoir convaincre Bemba, en sérieuses difficultés financières devant la CPI, de délier le cordon de la bourse. Au finish, l’Equateur a été perdu. Et l’heure des comptes a sonné. Au MLC, à basse ou à haute voix, tous dégainent désormais sur l’ancien dircab et homme de confiance de Bemba, fiché plus puissant que le SG François Muamba. Il fallait avoir l’oreille de Bemba pour réussir pareille opération. Il fallait faire partie de ces contacts privilégiés que Sam Bokolombe dénonce dans une interview accordée à la presse et qu’AfricaNews publie en pages 3 et 4. Sur Babala, Bokolombe est plus précis quand il le cite comme l’un des acteurs des échecs du parti précisant que le nom de l’ancien dircab du chairman se retrouve partout où le mouvement tangue. «Ce que je sais, c’est que c’est un des acteurs de nos différents échecs. Son nom se retrouve partout où il y a un échec du MLC», a dit Bokolombe de Babala. De là à dire que c’est l’homme qui tue le MLC il n’y à qu’un pas. Bomanza, au nom du Club de soutien à JP Bemba, a évoqué, lors d’une conférence de presse -lire en page 5- les esprits malins dont l’objectif est «de faire basculer la seule et unique province administrée par l’Opposition politique dans le camp du pouvoir». L’ancien lieutenant tshisekediste y a vu la stratégie de l’AMP «d’affaiblir JP Bemba à partir de son fief naturel en vue de préparer la fraude électorale en 2011». Bomanza cite nommément Babala comme faisant partie du groupe de copains de Bemba qui a des accointances notoires avec le pouvoir. Dans les milieux bembistes, Babala est désormais fiché comme le stratège de l’échec. «Le schéma qu’il a mis en place et présenté à Bemba pour l’élection du gouverneur de l’Equateur avait une malformation congénitale. Busa ne pouvait pas faire l’unanimité au sein des députés provinciaux», a indiqué un cadre MLC passé dans la dissidence avant d’ajouter: «c’était un schéma trop simpliste pour pouvoir produire les résultats escomptés. Il aura montré les limites de son géniteur et sa capacité de nuisance  sur le parti qui l’a révélé et propulsé sur la scène politique nationale». Ça tire terriblement sur le sherpa de Jean-Pierre Bemba. Nul ne sait ce qu’adviendrait de lui au sortir de l’audience que Bemba accordera à ses principaux lieutenants le 5 décembre 2009 à La Haye.
       

Source : Africa News