La bataille juridique menée par la défense de Jean-Pierre Bemba, quant à sa mise en liberté provisoire, n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau. Mme Akua Kuenyehia, juge président de la Chambre d’appel de la Cour Pénale internationale, n’a pas laissé la moindre chance à Bemba d’écumer l’air frais de la liberté. Elle a décidé   hier,  mercredi 2 décembre 2009, à La Haye, de son  maintien  en détention jusqu’au   27 avril 2010, date marquant le début du procès.  Parmi les arguments avancés, la juge Akua a estimé que «la durée potentielle de la peine, s’il est reconnu coupable, est une incitation supplémentaire pour lui de s’enfuir ». En outre, elle a balayé d’un cran,  le raisonnement de la Chambre préliminaire II. Celle-ci, a-t-elle dit, s’est fondée  sur une appréciation erronée de certains faits. Et, si Bemba,  lui-même,  est resté aphone après l’audience, ses Avocats jugent regrettable cette décision en ce qu’elle n’est basée  sur aucun motif réel et sérieux. Toutefois, Me Aimé Kilolo Musamba pense que la Chambre d’Appel vient là,  de donner des nouvelles orientations permettant à la défense de rebondir. Il parle, par exemple, de la date buttoir du 14 décembre à laquelle cette Chambre Préliminaire II pourrait encore se prononcer sur le cas du Sénateur Bemba. Paul Madidi de la CPI/Kinshasa, dit que même si  l’arrêt de la Chambre d’Appel est définitif, la porte reste ouverte à la défense, en cas de nouvelle demande de liberté provisoire.  Le calvaire de Jean-Pierre Bemba se poursuit de plus belle comme à chaque étape de la procédure où il se voit débouter. Hier, mercredi 2 décembre 2009, il a subi un autre revers lors de l’audience publique de la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale. Statuant sur la décision de la Chambre préliminaire II accordant la mise en liberté provisoire à Bemba, la Chambre d’appel a tout simplement annulé ladite décision, maintenant ainsi JP Bemba en détention jusqu’à son procès qui doit débuter, selon les indications de la CPI, le 27 avril 2010. Mme Akua Kuenyehiala, juge président de la Chambre d’appel, a estimé dans son argumentaire que le détenu Bemba risquait de s’enfuir,  s’il était libéré. Et d’ajouter que : «la durée potentielle de la peine, s’il est reconnu coupable, est une incitation supplémentaire pour lui de s’enfuir». Appréciation erronée de la Chambre préliminaire II    Sans se départir de sa logique, Akua Kuenyehiala a balayé d’un cran,  les arguments avancés par la juge unique de la Chambre préliminaire II qui avait fait droit à la demande de la défense en accordant la mise en liberté provisoire au Sénateur JP Bemba Gombo. Pour la Chambre d’appel, cette décision se fondait sur une appréciation erronée de certains faits pertinents et ne tenait pas compte de certains autres. Ce faisant, a-t-elle fait savoir, la décision de mise en liberté provisoire doit être unique et indivisible en ce qu’elle doit fixer toutes les conditions précises de mise en liberté. Ce qui n’a pas été fait par la juge unique de la Chambre préliminaire II, a-t-elle renchéri. Etait-ce une manœuvre de la juge unique pour tenter de donner un brin d’espoir à Bemba ? Ou que c’était une autre façon de crédibiliser la Cour dans l’opinion alors que des critiques acerbes fusaient de partout pour dénoncer sa partialité ? Ce sont là des questions que d’aucuns se posent. Bemba aphone, ses Avocats promettent de rebondir… La surprise est bel et bien tombée parce que Bemba reste en prison. Ainsi, en a décidé la chambre d’appel. Pourtant, ses Avocats n’entendent pas baisser la garde. Me Aimé Kilolo est d’avis que cette Chambre n’a fait que formuler des nouvelles orientations et que les appréciations fournies vont permettre à la défense d’avoir des éléments à présenter à la Chambre préliminaire lors de son audience du 14 décembre prochain. De son côté, Me Manuel Aeschlimann, un autre Avocat de JP Bemba, juge très regrettable la décision de la Chambre d’appel. Il estime qu’elle n’est fondée sur aucun motif réel et sérieux qui puisse entraîner le maintien en détention de son client. Quant à l’accusé, Jean-Pierre Bemba Gombo, il est resté aphone. Certainement, il ne comprend pas ce qui lui arrive et pourquoi la CPI tient à le garder dans sa geôle. L’espoir permis La soif est demeurée inextinguible. Les cadres et  militants du Mlc sont loin de retrouver leur leader. Ce n’est qu’une partie remise quand bien même le   brin d’espoir que suscitait l’audience d’hier, de la Chambre d’appel, s’est momentanément volatilisé. Normalement, la  libération supposée de Bemba  aurait donné au Mlc,  assez d’arguments devant ses  adversaires au pouvoir.  Tout comme la base s’en serait sortie requinquée.  Cette libération tant souhaitée  aurait permis, sans blagues,  de mettre ensemble les membres du Parti qui, décidément,    s’entredéchirent depuis un certain temps, à cause de la   mauvaise gestion des ambitions politiques.

source : la Prosperité