Dans une lettre officielle que le Premier ministre belge Elio Di Rupio adresse au président Joseph Kabila, le nouveau locataire du n° 70 Rue de la Loi à Bruxelles salue et félicite ce qu’il appelle « l’ensemble des forces congolaises pour la tenue des élections qui vous (le Chef de l’Etat) reconduisent au poste de Président de la République Démocratique du Congo ». C’est tout dire.

Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Pratiquement vingt jours après la prestation de serment comme président de la Rd Congo, le Royaume de Belgique, à travers son Premier ministre Elio Di Rupo, reconnaît enfin la réélection de Joseph Kabila Kabange.

Dans un communiqué parvenu à la rédaction du quotidien l’Avenir, la Belgique avec la Communauté internationale promet de rester à ses côtés pour aider le peuple congolais à répondre aux aspirations qu’il exprime en matière de progrès social.

Pendant qu’une certaine opinion ne se cachait pas de dire que la prestation de serment de Joseph Kabila a été sabotée par la Communauté internationale, même si celle-ci était représentée par les Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques, la Belgique, ancienne puissance coloniale de la Rd Congo, vient de clore les débats.

La Belgique, ancienne puissance coloniale de la Rd Congo vient de couper court à toute polémique quant à la réélection de Joseph Kabila Kabange comme président de la République, se succédant donc à lui-même. Dans un communiqué plus clair du 03 janvier dernier parvenu à notre rédaction, le Royaume de Belgique, indique que ce pays est engagé aux côtés du peuple congolais sur la voie du renforcement de la démocratie. « Au moment où je viens de prendre mes fonctions en qualité de Premier ministre, je souhaite féliciter l’ensemble des forces congolaises pour la tenue des élections qui vous reconduisent au poste de Président de la République ».

Le même communiqué poursuit qu’avec la Communauté internationale, il reste aux côtés de Joseph Kabila Kabange pour aider le peuple congolais à répondre aux aspirations qu’il exprime en matière de progrès social. Comme nous venons de le dire, la Belgique met ainsi fin à une polémique qui avait pris des contours dangereux, conduisant certains à dire que le pouvoir de Kinshasa, issu de la tricherie, n’a jamais été accepté par la Communauté internationale, notamment par l’Union européenne.

A travers cette déclaration, le Royaume de Belgique représenté par son Premier ministre contredit la thèse défendue par les prêtres de l’archidiocèse de Kinshasa. Eux qui n’ont pas eu peur de dire que le peuple ne peut donc pas obéir à un pouvoir issu de la corruption et de la tricherie. Car, si toutes ces antivaleurs étaient de nature à entacher le processus, la mission de l’Ue l’aurait dit. Ainsi, même les formations qui interviendront dans les tout prochains jours dans l’enceinte de la paroisse Saint Joseph à Matonge, avec in fine une déclaration dont les contours sont déjà connus et une marche de protestation comme celle du 16 février 1992, ne changeront rien face à cette détermination de la Communauté internationale de rester aux côtés de Kabila pour aider le peuple congolais à répondre aux aspirations qu’il exprime en matière de progrès social.

La VSV saute dans l’inconnu

Les observateurs de la scène politique congolaise ne s’étonneront pas de sitôt du rapport officiel rendu public le dimanche 8 janvier dernier par l’Ong« La Voix des sans voix (VSV) » sur le déroulement des élections du 28 novembre 2011. Dans la mesure où cette Ong ne pouvait pas se départir de la ligne de conduite de ses principaux financiers internationaux. On n’a qu’à jeter un coup d’œil sur ce qui se passe en Egypte, où les sièges de certaines Ong ont été perquisitionnés, parce que soupçonnées de bénéficier du financement des étrangers.

En effet, cette ONG des droits de l’homme proposait l’organisation de nouvelles élections présidentielle et législatives « supervisées par de nouveaux animateurs impartiaux de la Ceni et sous l’œil des observateurs nationaux et internationaux. ». Selon elle, les résultats de ces dernières élections devraient être certifiés par la communauté internationale. Mais avant d’y arriver, le directeur exécutif adjoint de la VSV, M. Rostand Manketa, plaide pour l’instauration d’un dialogue entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi pour la gestion consensuelle du pays.

Ainsi, explique-t-il : « Il y a une crise réelle de légitimité de pouvoir en RDC à cause des irrégularités flagrantes constatées dans la tenue des élections du 28 novembre dernier. Pour qu’il y ait la paix, il faudra que les acteurs politiques -en particulier messieurs Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi- puissent privilégier le dialogue pour une gestion consensuelle de la chose publique dans un délai raisonnable, avant l’organisation des élections crédibles ». La VSV justifie son initiative par la crainte de voir la population congolaise perdre confiance en la démocratie.

La résurgence de l’idée de la 3ème voie

A lire de près le rapport de la VSV, il s’agit des propos qui ont été attribués à cette Ong, dans la mesure où c’est Léon Kengo wa Dondo le premier, avec deux de ses collègues candidats présidents de la République qui a eu le courage d’appeler à l’annulation des élections et à la constitution d’un Gouvernement de transition. Il s’agit donc d’une stratégie sagement boutiquée par ceux qui ne veulent voir Joseph Kabila diriger la Rd Congo. C’est ainsi qu’ils ne tarissent pas en initiatives en pensant qu’il y a une crise de légitimité en Rd Congo.

Toujours selon ces cercles fermés qui encouragent la troisième voie, Joseph Kabila, celui qui a gagné les élections et le président auto-proclamé Etienne Tshisekedi devront être écartés du pouvoir, au profit d’une quelconque troisième voie dont le chef de file ne serait autre que l’actuel président du Sénat. Et ce, même si son parti, lors de l’agression de Léon Kengo, avait démenti cette information, se contentant de dire que leur président était un homme de dialogue. Ainsi, pour une certaine opinion, la Belgique ayant compris ce jeu malsain a préféré sauter sur l’occasion en reconnaissant la réélection de Joseph Kabila Kabange, même si cette reconnaissance est tardive. Une attitude qui poussera d’autres Etats de l’Union européenne, à faire de même. A l’instar de l’Afrique du Sud, de l’Angola et d’autres pays africains.

Le ras-le-bol des Congolais quant à la violence

Pour les observateurs, la déclaration des prêtres de l’archidiocèse de Kinshasa n’est plus ni moins une façon pour eux de pousser les Kinois à la révolte populaire. Une révolte qui demeure infructueuse dans la mesure où tous les Etats du monde prennent des précautions qui s’imposent pour ne pas être précipités dans le gouffre du chaoscausé par les manifestants. La conséquence est simple : il s’agit de la répression généralisée constatée ça et là et qui ne serait pas avantageuse tant pour les Kinois que pour les investisseurs.

Les Congolais éprouvent le ras-le-bol quant à la violence qui leur a coûté des centaines de milliers de morts. C’est ainsi qu’ils repousseront toujours tous ceux qui viennent avec des propos haineux et extrémistes qui basculeraient de nouveau le peuple congolais dans la spirale de la guerre. Ils sont résolument tournés vers la reconstruction du pays avec les Cinq chantiers de la République et la révolution de la modernité.

Plusieurs investisseurs étrangers sont désireux d’atterrir en Rdc pour œuvrer dans plusieurs secteurs d’activités. Il suffit seulement que des balles crépitent pour qu’ils ne viennent plus ou que ceux qui sont sur place plient bagage et rentrent carrément chez eux. Conséquence : Les Congolais qui sont employés dans ces unités de production seront au chômage et c’est le pays qui aura perdu en termes de contribution au développement économique du pays.

Voilà pourquoi les Congolais n’ont pas besoin de tous ces actes et ces messages qui appellent à la désobéissance civile, comme l’ont indiqué les prêtres de Kinshasa. Ils ont plutôt besoin des solutions à leurs problèmes existentiels qui s’expriment en termes de l’amélioration sensible de leurs conditions de vie.

Source /Avenir