AvionConfrontés à une opinion publique de plus en plus hostile aux débordements engendrés par les manifestations des ressortissants congolais dans les villes de l’espace Schengen, nombreux sont ces capitales européennes qui prennent de plus en plus des mesures policières extrêmement fermes, pour juguler ces mobilisations, qui à y regarder de plus près, sont d’obédience fasciste. Alors bien entendu, à ces interdictions, certains opposent la démocratie ou encore la liberté d’expression qui demeurent des valeurs cardinales dans ces pays aux traditions et aux pratiques démocratiques plus anciennes que d’autres.  A cet argument, les autorités administratives opposent des impératifs d’ordre sécuritaire et/ou de maintien de l’ordre, tant les débordements constatés lors des dernières manifestations, notamment à Bruxelles, se soldent depuis peu, dans une confusion totale, avec des opérations de pillage dont sont victimes des commerçants y compris congolais. Pour y remédier, es capitales de l’espace Schengen ont décidé d’appliquer la loi rien que la loi, si dure soit-elle, notamment à l’égard de ceux que la loi considère comme des citoyens ordinaires, ayant enfreint les lois non pas d’exception, mais des lois prévues par le code pénal qui s’appliquent en matière de trouble à l’ordre publique. A ce titre, il convient de préciser que le fait de bénéficier du statut de réfugié politique et/ou résident, n’immunise en rien contre la rigueur de la loi, surtout lorsqu’elle frappe celles et ceux qui décident de passer outre ou de l’enfreindre.

Un Charter pour la RDC.  

 

Suite aux troubles consécutifs aux manifestations organisées par les congolais fin Décembre 2011, la Belgique et le Pays-Bas, ensemble, ont décidé d’exprimer à la fois leur ras-le-bol ainsi que leur exaspération aux débordements de certains congolais.  C’est ainsi que 19 Congolais, prendront place ce mardi    Mars 2012, à bord d’un vol qui devra d’abord déposer l’assistance humanitaire de ces deux pays, au Congo-Brazzaville, avant de débarquer les 19 refoulés  à Kinshasa.

Ce vol est la preuve patente du changement de ton, des gouvernements européens, qui, il faut le reconnaître, dans un premier temps, ont été moins regardants sur la radicalisation de la diaspora congolaise et ce, jusqu’au moment où quelques membres de cette diaspora ont commencé à poser des actes délictueux, terroristes dans leur pays d’adoption. L’on se souvient de la tentative d’incendie de la représentation diplomatique de la RDC en France par le loubard Rex Kazadi. L’on se souvient encore du blocage puis de l’incendie d’un véhicule sur le périphérique parisien, à hauteur de la Porte Maillot, par quelques activistes congolais en mal de reconnaissance. Personne n’a oublié la tentative de certains sauvageons congolais de bloquer le trafic dur RER (Réseau Express Régional) tout comme plus récemment, la tentative d’incendie de l’ambassade du Rwanda, qui a valu au jeune angolais Curtis Minar de croupir en prison, du côté de Fresnes. Comme on le réalise, ce durcissement de ton est en rapport avec une volonté à présent affichée et assumée des autorités de ces différents pays, à traiter le problème des « combattants-résistants-patriotes » congolais, comme un problème de sécurité intérieure.

 

Qui sont ces combattants ?

 

     Difficile de répondre à cette interrogation, tant on retrouve derrière cet adjectif, des individus aux trajectoires et aux motivations complexes. Néanmoins, nous pouvons retenir un dénominateur commun, c’est leur hostilité affiché et assumé vis-à-vis des institutions en place à Kinshasa. Or en dépit de l’ouverture de la scène politique congolaise, les combattants semblent ne pas s’y retrouver et encore moins trouver un parti politique capable de porter leurs revendications souvent floues et confuses. C’est ainsi que par rapport à la question de l’autochtonie/nationalité, par exemple, nous trouverons en pointe, des combattants qui ne sont pas des citoyens congolais et pourtant ils se permettent de vociférer sur la prétendue nationalité des uns et des autres.

Nous rencontrons aussi par ceux qui se réclament « combattants », des personnes en délicatesse du point de vue administratif, avec les lois de leur pays d’accueil. Ce sont communément ceux que l’on qualifie de sans-papiers ou irréguliers. En s’affichant « combattants », c’est-à-dire hostiles au pouvoir en place en République Démocratique du Congo, ces derniers espèrent ainsi obtenir une régularisation administrative, car ils pensent ainsi justifier leur demande d’asile politique. Tandis que pour d’autres, ils trouvent à travers ce mouvement, l’occasion rêvée de se faire un nom et de s’imposer comme des leaders incontestables d’une diaspora jusque-là, mal insérée et très mal organisée. C’est ainsi que parfois, certains s’imposent comme leaders, uniquement parce qu’ils maîtrisent mieux que le reste du groupe, la langue française.

Il y a-t-il une idéologie politique derrière le mouvement des « combattants » ?

 

     Ce mouvement prolifère sur la vacuité intellectuelle de la diaspora congolaise. En effet, nous pouvons aisément comprendre que dans un pays aussi vaste que la République Démocratique du Congo, avec ses 63 millions d’habitants, qu’il y ait autant d’opinions différentes. Néanmoins, les différents partis politiques et autres acteurs de la société civile, sont là pour organiser et canaliser les revendications des uns et des autres. Peut-être que le champ politique congolais, tel qu’il se présente aujourd’hui, n’offre aucune opportunité de retrouver sur les agendas politiques, les revendications et les problématiques spécifiques aux Congolais de l’étranger, c’est possible, mais rien, en tout cas, rien ne justifie et encore moins n’excuse la dérive violente et extrême-droitière de nos compatriotes pseudo-résistants. Pour ou contre le régime actuellement en place en République Démocratique du Congo, il s’agit aujourd’hui de construire les conditions d’un échange pacifié entre l’ensemble des filles et fils du Congo. Les défis du progrès social et du développement global du Congo, ne peuvent supporter une initiative malheureuse, comme celle à laquelle aspirent les combattants et autres résistants.