A l’allure où vont les consultations, l’Informateur pourrait présenter ses conclusions au chef de l’Etat plus tôt que prévue, ce qui débouchera à la nomination d’un formateur. Entre-temps, à l’Assemblée nationale, le cap est mis sur la mise en place du bureau définitif.

Après la clôture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale par l’adoption du règlement d’ordre intérieur de cette institution, c’est cette semaine que seront connus les différents prétendants aux sept postes du bureau. Même si ce règlement en réserve trois à l’Opposition, il ne faudra pas compter avec les députés de l’UDPS/Tshisekedi qui doivent suivre le mot d’ordre de leur parti politique. Entre-temps, c’est au courant de la même semaine que l’informateur pourrait clôturer la consultation des partis, groupements et personnalités politiques, toutes tendances confondues, siégeant au sein du parlement. Et ce, en vue d’identifier une coalition. Même si la constitution lui accorde un délai de 30 jours renouvelables une fois, il n’est pas impossible que l’Informateur surprenne l’opinion, en présentant sa copie, plus tôt que prévu au chef de l’Etat qui nommera un formateur du Gouvernement.

Ainsi, le chef de l’Etat Joseph Kabila risque de prendre de court tous ceux qui croient le connaître mieux que quiconque en nommant un formateur du Gouvernement selon son pouvoir discrétionnaire. La semaine qui commence est de tous les enjeux. L’Assemblée nationale a clôturé la semaine dernière la session extraordinaire ouverte le 16 février 2012 par l’adoption de son règlement d’ordre intérieur. Celui-ci doit passer à la prochaine commission politique administrative et juridique (PAJ) avant d’être déposé à la Cour suprême de justice pour conformité.

Dans quelques jours, l’on doit en principe connaître les différents prétendants au bureau de l’Assemblée nationale. L’opposition aura à son actif trois postes au bureau définitif. Postes pour lesquels il ne faudra pas compter avec les députés de l’UDPS/Tshisekedi qui a qualifié cette Assemblée nationale de « forum ».

Entre-temps, c’est au courant de la même semaine que l’informateur pourrait clôturer la consultation des partis, groupements et personnalités politiques, toutes tendances confondues, siégeant au sein du parlement. Et ce, en vue d’identifier une coalition. Même s’il a un délai de 30 jours renouvelables une fois, il n’est pas impossible que l’Informateur surprenne l’opinion en présentant sa copie, plus tôt que prévu au chef de l’Etat qui nommera un formateur du Gouvernement.


Pas de repos pour l’honorable Charles MwandoNsimba, l’Informateur qui a reçu hier en consultation au Grand Hôtel Kinshasa le MSR, le SCODE, le Groupement de femmes élues à l’Assemblée nationale et le PPRD. L’objectif de la mission, comme l’indique l’article 78 de la Constitution de la République, est de prendre contact avec les partis, groupements et personnalités politiques, toutes tendances confondues, siégeant au sein du Parlement en vue d’identifier une coalition.

Pour Yves Mobando, Président du Mouvement social pour le renouveau (MSR), la Rd Congo a besoin d’un Gouvernement qui répond aux préoccupations du peuple. Le peuple a non seulement besoin du changement, mais la ménagère voudrait constater une amélioration sensible dans son panier. Il a souligné que l’opposition doit jouer son rôle lui reconnu par la Constitution, mais il ne faudra pas donner l’impression que la Majorité veut tuer l’Opposition. « L’Opposition peut avoir droit au chapitre à l’Assemblée nationale, mais la majorité doit diriger le gouvernement », a-t-il indiqué hier au sortir de l’audience que leur avait accordée l’informateur. Quant au portrait-robot du 1er ministre du prochain gouvernement, l’orateur souhaite que le gouvernement soit chapeauté par un homme expérimenté doté d’une moralité irréprochable. Comme le chef de l’Etat a surpris plus d’une personne en nommant Louis Koyagialo Premier ministre intérimaire et l’honorable Charles MwandoNsimba au poste d’Informateur, il pourrait une fois de plus surprendre tous ceux qui croyaient ou croient le connaître mieux que quiconque.

En agissant ainsi, il va alors faire succéder l’ordre ancien fondé sur les antivaleurs (l’idolâtrie, le goût de l’argent facile, la prédation, le trafic d’influence, le clientélisme, etc.) à la mise en place d’un ordre nouveau, celui de l’idéal du changement pour le bien-être de tous. Il est intéressant de constater que le MSR, Mouvement social pour le renouveau, de Pierre Lumbi, envoie 32 élus à l’Assemblée nationale et devient le troisième parti après le PPRD et l’UDPS. Le MSR risque d’apparaître comme incontournable, alors qu’il se situe à la gauche du PPRD et qu’il recrute largement dans les rangs de la société civile. Yves Mobando a été complété par Jean-Claude Muyambo du SCODE qui voit deux qualités dans le profil du futur 1er ministre, notamment un Premier ministre compétent et rassembleur. Le Président de SCODE a loué la sagesse de l’informateur qui, selon lui, a compris le souci de la démarche de son parti.

Léonard She Okitundu du PPRD est d’avis que le pays a besoin d’un 1er ministre technocrate, mais aussi loyal au Chef de l’Etat. Pour ce haut cadre de ce parti, le gouvernement doit être représentatif, mais surtout resserré pour raison d’efficacité. Toutefois, l’orateur a renchéri qu’il appartient au chef de l’Etat eu égard à son pouvoir discrétionnaire de désigner parmi les Congolais ceux qui peuvent contribuer à la reconstruction du pays. Il a aussi proposé le maintien du poste de vice-premier ministre, car selon lui, il sert au Gouvernement à relever plusieurs défis.

Le respect de la parité dans la consultation

Les femmes de la Majorité et celles de l’Opposition ont aussi été reçues par l’honorable Charles Mwando. En ce mois de mars dédié à la femme, les honorables Adèle Kayinda et Angélique Milemba ont eu un seul discours auprès de l’informateur, celui du respect de la Constitution en son article 14 en matière de parité (la femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions). Elles ont lancé un appel au Président de la République à penser à la représentation féminine dans les instances décisionnelles. En ce qui concerne la parité homme-femme, les femmes devront se rappeler que c’est grâce à l’impulsion du chef de l’Etat que ce principe a été respecté dans le gouvernement, pourquoi pas dans la gestion des entreprises publiques. Et pour cette législature, le chef de l’Etat demeure un homme attentif qui ne pourra pas se contredire.

Signalons qu’aujourd’hui, le programme prévoit que l’informateur reçoive les indépendants proches de la Majorité présidentielle, les chefs coutumiers, le Palu, etc. Ce qui est vrai, le chef de l’Etat risque de surprendre tout le monde en nommant un formateur du Gouvernement plus tôt que prévu. Dans le contexte d’une urgence. Il faut rappeler que jusqu’ici, le pays n’est pas encore doté du budget 2012. Celui-ci doit être élaboré par le gouvernement avant son examen et adoption par le parlement et sa promulgation par le chef de l’Etat. Une procédure qui prendra du temps.

 

Source : Avenir