La date du 15 mars 2012 passée, l’internet haut débit, des communications fiables et de qualité,… bref la fibre optique a subi la loi de la maffia. Elle n’est pas toujours opérationnelle. Du fait de la suprématie de la maffia sur le gouvernement congolais. Bien plus, la tenue du 14ème sommet de la Francophonie, prévue à Kinshasa, pourrait s’en ressentir.

Une pieuvre, dont les embranchements ont pris corps dans tous les secteurs clés de la vie nationale, ne veut pas lâcher prise. La plupart des décideurs sont embrigadés au point qu’il est permis de s’inquiéter pour l’avenir du pays. Ces maffiosi, aidés par leurs complices internes, ne lésinent sur aucun moyen pour leurs appétits gloutons. Ils ont placé haut leurs intérêts personnels et se moquent du peuple congolais.

Le dernier cas d’illustration en date est celui de la fibre optique dont l’intérêt économique et stratégique pour le pays n’est pas à démontrer. Quid ?

En principe, la fibre optique devrait être opérationnelle en RDC depuis le 30 juin 2011. Suite à des tergiversations inexplicables, le pays a traîné les pieds. Dans ses différentes étapes de réalisation, l’intervention personnelle du chef de l’Etat s’imposait chaque fois, afin de faire progresser le dossier. A ce jour, les travaux sont très avancés sur le terrain. Mais voilà que tout à coup le projet bute sur un mur, apprend-on des sources fiables. Un ordre venu de quelque part est tombé pour demander aux ingénieurs de suspendre les travaux jusqu’à nouvel ordre. Cela sans motivation apparente.

Et pourtant, selon des sources concordantes, cette instruction assez curieuse intervient au moment où l’on s’apprêtait à mettre la dernière main à cet ouvrage dont le fonctionnement est très attendu par tous.

FONDS DU PROBLEME

Cette nouvelle technologie consiste en la diffusion des informations à une grande vitesse et en grande quantité. Elle vient donc remplacer les morses, la fibre à cuivre, les télégraphes et les télégrammes. «L’avantage de cette fibre est de permettre l’échange de beaucoup d’informations dans un temps beaucoup plus réduit à travers le monde. La fibre optique présente beaucoup d’avantages pour le peuple congolais», avait indiqué en son temps un haut cadre de l’Ocpt (Office congolais des postes et télécommunications) à Radio Okapi.

Concrètement, la fibre optique présente des avantages dans le domaine des images, de l’Internet et du multimédia,… Ce nouveau mode de transport de l’information donne la possibilité d’avoir un haut débit d’informations. Elle permet également à la RDC de se connecter au reste du monde, de se doter d’un réseau national qui permet une redondance ou une doublure de transport d’informations par satellite dans tous les coins du pays. Dans un cas comme dans l’autre, la fibre optique donne les avantages en termes de prix, d’accès, de rapidité, de quantité et de temps.

Pourquoi l’avancement de ce projet est-il toujours bloqué ? Qui bloque le «dossier fibre optique» ? Ces questions soulèvent une autre interrogation. Qu’en est-il au juste ?

Des contradictions flagrantes sont nées de l’attribution du marché de construction du point d’atterrage à Moanda. Or, cette charge revient de droit au gouvernement de la République avec sa technostructure, à savoir la Société Commerciale des Postes et Télécommunications (SCPT), ex-OCPT.

Il semble que des fonds mobilisés par la SCPT auprès d’une institution bancaire de la place ont réveillé des appétits gloutons de certains décideurs. L’opinion a assisté à un véritable pugilat entre la tutelle des PTT et le comité de gestion de la SCPT. Les deux parties apportaient concurremment et ouvertement leur soutien aux deux entreprises qui se disputaient ce juteux marché de 12 millions USD.

La structure en charge de l’attribution des marchés publics s’y était elle aussi mêlée apportant sa part de confusion. Finalement, c’est le président de la République qui avait mis fin, momentanément, à cette récréation, en imposant une concertation de toutes les parties concernées. Obligation leur était faite de produire un calendrier précis de mise en service de la fibre optique. Un calendrier dont l’exécution est soumise à des caprices en tous genres, œuvre de ceux-là mêmes qui l’avaient élaboré.

Neuf mois après, le dossier de la fibre optique est toujours dans le pipeline, sans que les bienfaits de cette technologie de pointe ne soient mis à la disposition des usagers congolais. La concrétisation du rêve des internautes de la RDC de disposer d’une connexion à haut débit pour quitter le moyen âge dans ce secteur est toujours renvoyée aux calendes grecques.

Et pourtant, la RDC a adhéré à concurrence de 25 millions de dollars au consortium Wacs. Ce consortium a effectivement déroulé un câble sous-marin tout au long de la côte ouest de l’Afrique. A Moanda, le point d’atterrage qui avait fait couler l’ancien ADG de la SCPT ne poserait plus autant de problème. Le dernier round s’est transporté à Kinshasa, il n’était plus nécessaire d’engager de gros moyens financiers ou humains.

CONGO CÂBLE

En réalité, le 15 mars 2012, il était possible pour la SCPT de lancer le fonctionnement du ring de Kinshasa. Rien n’y est fait. Et pour cause ! Les travaux lancés le mardi 05 mai 2011 piétinent encore sur un autre terrain. Les têtes pensantes ont estimé que la gestion de la fibre optique ne devrait pas revenir à l’opérateur public. Partout en Afrique où le câble à fibre optique est passé, ce sont les sociétés étatiques en charge des télécommunications qui en détiennent la gestion. Voulant réinventer la roue, l’ex-ministre du Portefeuille a initié un projet de création d’une société aux contours flous appelée à gérer la fibre optique congolaise.

Malgré la levée de boucliers qui s’en était suivie de la part des agents de l’ex-OCPT et des médias, ce projet serait toujours d’actualité. Le retard volontairement enregistré actuellement est une stratégie des maffiosi. Elle vise à gagner du temps avec l’espoir de rebondir avec le nouveau gouvernement attendu.

Dans la foulée, l’on apprend l’existence d’un projet de création d’une entreprise dénommée «Congo Câble ». Cette nouvelle société regrouperait en son sein les opérateurs de la téléphonie cellulaire aux côtés de quelques Congolais. Raison pour laquelle, l’ex-OCPT est mis à l’écart dans le projet initié par l’ancienne ministre du Portefeuille. Toute honte bue, les privés seraient invités à la table du partage des dividendes dans un projet où ils n’auraient rien investi dès le départ.

C’est là une bien curieuse manière de préserver les intérêts de la République en cette période de recherche des fonds pour améliorer le budget national. Bien pire, de laisser ce domaine de renseignements à la merci des privés qui auront tout le loisir de contrôler toutes les informations relevant même du «secret d’Etat».

LA FRANCOPHONIE MISE A MAL

Par ailleurs, l’on perd de vue que l’un des préalables à la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa est la mise en œuvre de la fibre optique. La présence massive des personnalités et des médias pour la couverture de ce grand événement ne peut souffrir d’aucune imperfection.

Visiblement, c’est le cadet des soucis des décideurs. En attendant que le chef de l’Etat tape à nouveau du poing sur la table, les Congolais doivent prendre leur mal en patience.