Dans son rapport annuel présenté, hier mercredi 21 mars, au Conseil des droits de l’Homme, la Haut-commissaire, Navi Pillary, a, notamment, demandé au gouvernement congolais à appliquer fermement sa politique de tolérance zéro dans tous les cas de violations des droits de l’Homme.

Hier mercredi 21 mars, la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme en RDC, Navi Pillary, a pris part à la dix-neuvième session du Conseil des droits de l’Homme. Elle a, par la même occasion, présenté son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme et les activités du Haut-commissariat en RDC.

Dans son rapport annuel remis, hier mercredi 21 mars à la presse, Navi Pillary reprend certaines de plus importantes recommandations formulées, entre autres au gouvernement congolais, par plusieurs mécanismes des droits de l’Homme.

En effet, la Haut-commissaire estime que « le gouvernement devrait fermement appliquer sa politique de tolérance zéro dans tous les cas de violations des droits de l’Homme ». Pour ce faire, elle invite les autorités judiciaires à « mener des enquêtes approfondies au sujet de tous les membres des forces de sécurité suspectés d’avoir commis des violations des droits de l’Homme et amener ceux dont la responsabilité serait établie à rendre des comptes ».

STRICTES REGLES DE DISCIPLINE

En outre, Navi Pillary suggère « aux officiers supérieurs d’imposer de strictes règles de discipline».

«Des mesures appropriées doivent être prises pour radier les officiers et bataillons impliqués dans des violations graves des droits de l’Homme par les FARDC et pour les traduire en justice», propose-t-elle. Avant de poursuivre : «Durant la période à l’examen, la mise en application de la politique de tolérance zéro annoncée par le président en juillet 2009, notamment pour ce qui concerne les graves violations des droits de l’Homme commises par les FARC, a connu une impulsion ».

Elle en veut pour preuve, la tenue d’un nombre considérable d’audiences mobiles par divers tribunaux et cours militaires. Notamment dans le Sud-Kivu, où de janvier à août 2011, des audiences ont abouti à des condamnations pour viol de 52 soldats des FARDC, dont plusieurs officiers.

La Haut-commissaire salue « cet important progrès ».

« Toutefois, de nombreux officiers continuent d’échapper à la justice et sont rarement, voire jamais, poursuivis par la responsabilité du supérieur hiérarchique qui leur incombe », regrette-t-elle. Et d’ajouter : « Pour que la politique de tolérance zéro soit efficace, les commandants militaires ne doivent pas seulement imposer une discipline stricte, mais également être tenus de rendre eux-mêmes des comptes pour n’avoir pas empêché la commission de violations des droits de l’Homme par leurs subordonnés et pour n’avoir pas réagi après de telles violations ».

ACTIVITES DU BUREAU CONJOINT

Pour lutter contre l’impunité, Niva Pillary affirme que le Bureau conjoint continue de mener divers types d’activités de suivi. Les procès, notamment les audiences mobiles, font l’objet d’un suivi pour vérifier le respect des normes d’un procès équitable, et la sécurité des victimes et témoins fait l’objet d’un contrôle constat.

En cas de condamnation, poursuit-elle, le Bureau conjoint suit l’application des décisions rendues et aide le gouvernement à cet égard. Notamment à travers une amélioration de la sécurité dans les prisons et un appui visant à la mise en place de mécanismes pour l’indemnisation des victimes.

Notons que le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai a affirmé, hier mercredi à Kinshasa, que la Haut-commissaire félicite, toutefois, le gouvernement congolais pour les « efforts déployés » en vue de « lutter contre l’impunité, de renforcer les institutions étatiques et d’améliorer la situation des droits de l’Homme dans le pays ».

Madnodje Mounoubai a fait savoir que Navi Pillary déplore cependant que, « tout au long de l’année 2011, il y ait eu peu d’amélioration dans la situation des populations civiles ».

A en croire le porte-parole de la Monusco, le Bureau de la Haut-commissaire en RDC continue, comme le prévoit son mandat, de faire le monitoring « sur les violations graves des droits de l’Homme, commises en particulier dans l’Est du pays ».

Source : Le Potentiel/Kinshasa