UEAprès le rapport contestable du Bureau des Nations-Unies Chargé des Droits de l’Homme sur la situation post-électorale en République Démocratique du Congo, la Mission d’Observation de l’Union Européenne publie à son tour, un communiqué qui dans ses conclusions, juge et je cite « non crédibles les résultats » des élections présidentielle et législative de Novembre 2011 ».

« Les sceptiques  du Congo viennent de mettre en branle la machine à

DIS-CRE-DI-TER ». Cette dernière a la particularité de rester hermétique aux acquis et encore moins aux réussites pour mieux souligner dans un formidable raccourci, les lacunes et autres ratés. C’est ainsi qu’en 2006, le processus avait été jugé de « globalement satisfaisant »  sans nul doute parce que co-organisé avec l’appui financier et logistique des partenaires occidentaux. En 2011, le processus électoral est jugé pas ou peu crédible parce que sans nul doute fruit d’une organisation 100% made by congolese.

La Mission d’Observation des Nations Unies passe par pertes et profits, les acquis d’une organisation 100% congolaise d’un processus électoral d’envergure. Nous reviendrons plus loin sur les observations de la mission de l’union européenne. En effet, au-delà des ratés observés ici et là, il s’agit de prendre conscience de la superficie de la République Démocratique du Congo  et des difficultés auxquelles la CENI a dû faire face notamment, pour acheminer et déployer toute la logistique électorale dans les coins les plus reculés du territoire national.

 

Organiser c’est prévoir, mais dans un pays où les infrastructures routières n’étaient plus entretenues depuis des années, il a fallu attendre les travaux de réhabilitation ou carrément de construction de nouvelles infrastructures initiés par le Président Joseph KABILA pour constater le désenclavement de certaines contrées de la République Démocratique du Congo.

Les élections : un processus perfectible à travers le monde.

Plébiscité par les nations modernes comme le moyen le mieux partagé pour exprimer les suffrages, l’élection reste un processus plus ou moins maîtrisé et qui suppose en amont plusieurs prérequis. Même dans les pays plus avancés et dans lesquels la démocratie est ancrée depuis plus longtemps, l’on  y observe  encore des ratés certes pas dans des proportions beaucoup moins importantes. C’est ainsi qu’en France, lors des élections municipales organisées à Paris en 1997, Jean TIBERI, alors Maire sortant avait été surpris puis reconnu coupable d’avoir organisé depuis 1987, un système de fraude électorale qui permettait de faire domicilier des personnes de manière illégale dans sa circonscription ou encore de faire voter des personnes décédées. Et pourtant nous ne sommes pas en République Démocratique du Congo, mais bien en France, un pays de longue tradition démocratique, membre de l’Union Européenne et au passage pays très avancé.

Aux Etats-Unis, la plus grande démocratie du monde, en 2000 lors du scrutin présidentiel opposant AL GORE à Georges BUSH, le système de vote électronique a été incapable de départager les deux candidats de manière claire et précise dans l’Etat de Floride……et pourtant nous sommes une fois de plus, bien loin, très loin de la République Démocratique du Congo.

 

     Il y a des relents d’un paternalisme déplacé et dépassé derrière ces différents rapports. En effet, derrière ce rapport, nous retrouvons ce contre quoi Emery-Patrice LUMUMBA s’était insurgé…… l’idée selon laquelle, tels des enfants immatures, nous aurions toujours besoin du quitus de nos tuteurs, hier nos colons, aujourd’hui, les institutions de BRETTON WOODS, l’UNION EUROPEENNE, le CENTRE CARTER………………

La date de parution de ce rapport n’est pas non plus anodine. En effet, le rapport de la Mission d’Observation de l’Union Européenne paraît à un moment charnière où la situation politique du Congo est en passe d’être clarifiée avec la désignation d’un formateur.

Les élections de 2011 : un processus déjà contesté et disqualifié d’avance.

     Décrié d’avance par l’opposition congolaise, rejoint par une certaine presse, qui étaient convaincues  que ce scrutin allait être une simple formalité au profit du candidat-Président sortant Joseph KABILA qui s’apprêtait à déployer une machine à tricher.  

Les élections de 2011 ont démontré une conception toute personnelle de la démocratie  de la part des leaders de l’opposition congolaise.  Par exemple, le candidat de l’UNC, Vital KAMERHE n’a pas cessé de prédire la victoire de l’opposition dans la mesure où ils avaient déjà organisé un maillage du dispositif électoral en vue de prévenir toutes tentatives de fraude. Empêtré dans des problèmes d’Ego, l’opposition congolaise n’a pas su se regrouper autour d’une candidature unique.

C’est ainsi qu’elle a compromis sérieusement toutes ses chances d’inquiéter le Président-candidat KABILA fort d’un bilan aux conséquences déjà visibles.

La principale cause de la défaite de l’opposition congolaise n’est ni la fraude, encore moins  les prétendues opérations de manipulation du fichier électoral elle est plutôt liée  au fait qu’elle se soit présentée en ordre dispersé et cela, à cause de la conception toute personnelle du dialogue ainsi que du sens de la concertation du candidat TSHISEKEDI.

La fiabilité de la Mission d’Observation de l’Union Européenne en cause ?

     Déployée par l’Union Européenne afin d’observer les élections présidentielles et législatives de Novembre 2011 au Congo, cette mission était composée de 9 experts, 46 Observateurs de long terme et 92 de court terme. En somme une équipe de 147 personnes, pour couvrir près de 63000 centres de vote disséminé à travers un pays  4 fois plus grand que la France et 80 fois plus grand que la Belgique ?

-   Est-ce que les irrégularités  observées dans un bureau du fin fond du centre de Nsala-Kimoko dans le fin fond du Bas-Congo, sont de nature à compromettre les résultats au national ?

-   Combien de bureaux de vote ces observateurs ont-ils  réellement couverts sur plus de 62000 installés par la CNI ?

Le rapport de la Mission d’Observation de l’Union Européenne s’étonne sur les scores enregistrés dans la province du Bandundu par exemple :

« Au Bandundu, la Mission s’étonne que M.KABILA récolte officiellement 73,40% des voix, contre 39,45% en 2006, alors même que nombre des candidats ont évité de faire campagne sous la bannière du parti présidentiel en raison du mécontentement des électeurs. Et de noter que les scores les plus élevés sont obtenus dans les zones de la province où le parti du Premier Ministre sortant le PALU, « contrôle totalement l’administration territoriale » …………

Le rapport oublie de mentionner ou de constater que cette même province avait bénéficié des lourds investissements dans le cadre du vaste programme des « 5 Chantiers » initié par le Président KABILA.

C’est ainsi qu’entre autres investissements, la Province du BANDUNDU a pu profiter de

-   la réhabilitation de la route Nationale 01

-   la construction du  pont Lwange sur la rivière  Lufumi d’une longueur de plus de 400M, reliant  ainsi les provinces du Bandundu et du Kasaï Occidentale.

La construction du barrage hydro-électrique de Kakobola, d’une puissance de 10 Méga susceptible de couvrir les besoins en électricité des territoires de Kikwit, Idiofa, Gungu, Bulungu et au–delà.

Quoi de plus normal que la population bénéficiaire puisse témoigner sa gratitude à travers son choix qui du reste est légitime.

Par contre, nulle part cette Mission d’Observation n’aborde les  violences qui ont émaillé le déroulement du scrutin dans les deux Kasaï où :

-   les militants de l’UDPS ont terrorisé les candidats autres que ceux de leur parti.

-   Des cas de viols des religieuses ont été enregistrés  à Tshikapa.

-   Des morts ont été dénombrés dans les rangs des militants du PPRD.

-   Le personnel de la CENI a été séquestré puis expulsé des bureaux.

Nous osons croire et confirmé que les expert-observateurs de la dite Mission d’Observation  étaient présents dans ces territoires et n’ont rien trouvé à redire sur les scores de 75,67% et 70,4% réalisé par Monsieur Etienne TSHISEKEDI dans ces deux provinces.

Autant nous pouvons entendre que des étrangers, en l’occurrence ici les membres de la Mission d’Observation de l’Union Européenne passent à côté et ne fassent pas le lien entre les projets à impact visible , appréciés par les ressortissants de la province et le vote passe encore mais là où le bât blesse, c’est lorsque d’autres congolais, de surcroît leaders politiques font semblant d’ignorer la réalité des 5 chantiers et reprennent les réserves exprimées par le rapport, dans l’unique objectif d’ouvrir une vaine joute politicienne. Cela est d’autant plus vrai que certains hommes politiques opportunistes et à la solde des occidentaux, jouent toujours le jeu de leurs parrains. Qu’attendre de ces messieurs qui tenus par leurs parrains, reçoivent régulièrement des cagnottes auprès de certaines représentations diplomatiques ou organismes internationaux.

Il appartient aux autorités, aux acteurs politiques et aux citoyens congolais de s’approprier réellement le processus électoral, pour rendre cet exercice plus fiable. Les erreurs et autres ratés observés ici et là, l’institution organisatrice devrait en tenir compte pour mieux préparer et affronter les défis de l’organisation du scrutin pour les élections provinciales et locales d’ici à 2013.

Pierre KANDE/ pierrekande@yahoo.fr