elections007Alan Doss, patron de la Monuc et Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, a annoncé, depuis New York, qu’un recensement de millions de nouveaux électeurs aura lieu avant les élections municipales et locales de mai 2009. Tous les Congolais, pour une raison ou une autre, qui n’avaient pas pris part aux élections de 2006 vont bouger. La pensée va directement à l’UDPS qui demeure à l’écart des Institutions. En privé, un cadre de l’UDPS a lâché qu’il est fort probable que le parti de Tshisekedi rentre dans le jeu.

Le Président Joseph Kabila a fait le déplacement de New York où des contacts sérieux sont annoncés avec le Président rwandais Paul Kagame autour du Président américain George Bush. La rencontre, affirme-t-on, a pour sujet principal les modalités d’application des Accords de Nairobi et de Goma sur la pacification du Nord et Sud-Kivu. L’option militaire contre les FDLR n’est pas très privilégiée, compte tenu des ‘‘capacités limitées des FARDC’’. La Communauté internationale redoute une catastrophe humanitaire. Alan Doss, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et patron de la Monuc, rode dans les parages. Celui-ci a parlé de beaucoup de choses sur le rôle que joue la mission onusienne au Congo.

Evoquant l’implication de la Monuc dans le soutien à la gouvernance et à la démocratie en RDC, Alan Doss a dit, nous citons : ‘‘la Mission se prépare, dans le cadre des élections locales prévues en mai 2009, à soutenir le recensement de millions de nouveaux électeurs qui n’ont pu participer aux élections présidentielles et parlementaires de 2006, soit parce qu’ils étaient mineurs, soit parce qu’ils étaient réfugiés ou déplacés’’. A l’évidence, Alan Doss ne pouvait se permettre de citer très ouvertement tous les abstentionnistes- boycottistes, notamment les combattantes et combattants de l’UDPS et, bien sûr, de millions de Congolais qui n’ont jamais cru au processus de démocratisation du Congo tel que conçu et piloté par les puissances du Nord secondées par leurs organisations satellites (UE, UA, ONU, etc.). La crainte de nouvelles négociations aidant. Ce serait reconnaître l’échec du processus dont l’UDPS a toujours revendiqué la requalification. Par requalification, le parti de Tshisekedi exigeait la réouverture des centres d’inscription et d’enrôlement des électeurs, la présence de ses délégués dans les structures de la CEI et de la HAM ainsi que la transparence dans la gestion du fichier électoral. Toutes ces revendications étaient posées sans succès avant les élections de 2006. Depuis, l’UDPS, qui croît toujours à la thèse du complot de la maffia internationale contre le Congo, ne reconnaît pas l’émanation des élections de 2006. Maintenant que Alan Doss vient de répondre, indirectement, à sa première revendication, l’UDPS va-t-elle intégrer le processus ? Par superficialité, on serait tenté de répondre par la négative. Si effectivement on faisait foi à tout ce qui se raconte dans les milieux tshisekedistes où l’on rapporte les néo conservateurs occidentaux ont déjà pris des dispositions pour que Tshisekedi soit tenu à l’écart de la chose publique. Le même sort aurait été, il reste à vérifier, aux compagnons de M’zee.

Cependant, ceux, qui reprochent à l’UDPS d’avoir fait une mauvaise lecture des événements politiques, souhaiteraient hardiment que les erreurs soient, cette fois-ci, corrigées. Question de mettre l’UDPS devant ses responsabilités. Les résultats des élections de 2006 avaient eu le triste mérite de montrer au grand jour que le sort avait été scellé dès les opérations d’enrôlement en faveur des provinces de l’Est du pays, favorables au Président Kabila. Les provinces de l’Ouest et du Centre suivirent le mot d’ordre de boycott mal donné par Etienne Tshisekedi.
L’on attend voir comment l’UDPS va réagir à ce développement de l’actualité politique.