Franc_congolais

Les conséquences des détournements des fonds destinés au social de la population congolaise cause d’énormes préjudices que toutes les guerres réunies. Le type de criminels opérant dans cette forme de criminalité bénéficie du confort de l’impunité parce que n’étant pas visés par les tribunaux internationaux. Leur position au sein des institutions leur permet de bénéficier de l’immunité. La magistrature, pourtant chargée de se saisir des dossiers qui touchent aux détournements, fait preuve d’une indifférence déconcertante.

Le rapport de la commission de récupération des immeubles et autres biens appartenant à l’Etat, fait état de l’implication des personnalités haut placées dans le bradage du patrimoine commun. Les poursuites tardent toujours, malgré la dénonciation publique, œuvre de la commission instituée par décret du Premier ministre. D’autre part, près de deux milliards de dollars américains échappent au Trésor public, suivant un rapport de la Commission d’audit et de la bonne gouvernance. Jusqu’à ce jour, ce rapport n’est pas appuyé par des actions judiciaires. Bien au contraire, rien de nouveau ne se signale sous le ciel politique judiciaire, les personnes citées dans ces deux récents rapports dans le pillage des deniers publics, ne s’émeuvent pas outre mesure, assurées de la complicité de ceux qui ont diligenté les enquêtes.

Un peu plus loin, 32 millions de dollars américains de la Snel payés par le Congo voisin, avaient provoqué un tollé général en RDC. Jusqu’à ce jour, personne n’a été entendu par les instances judiciaires. Aucune information judiciaire n’a été ouverte à ce sujet. Les rapports des commissions Bakandeja et Lutundula sont restés lettre morte, comme si, des personnalités n’avaient pas trempé leurs mains indélicates dans les caisses de l’Etat.

Pour ne se limiter qu’aux 32 millions de dollars de la Snel, une gestion rigoureuse et visionnaire aurait permis de régler quelques problèmes d’Inga. Au minimum, des travaux d’urgence dont le coût était estimé à 10 millions de dollars américains, tout comme la réhabilitation d’au moins une turbine pour un montant équivalent aurait allégé tant soit peu les charges de cette entreprise.

Les organisations internationales en charge des questions de transparence et de lutte contre la corruption aligne la RDC parmi les dix premiers pays où ces pratiques ont droit de cité. Une position qui n’honore personne face à la misère de la population. Tant que les instances judiciaires subiront les pesanteurs des politiques, l’impunité aura encore de beaux jours. Tant que ceux qui ont accès aux caisses de l’Etat se servent indûment, sans qu’un pouvoir de contrôle ne les en dissuade, la misère s’installera encore durablement, malgré le soutien des institutions financières internationales, elles mêmes complices.

PLUS DE DEGATS QUE LES GUERRES

Près de deux milliards de dollars qui prennent la destination des poches des personnalités au sommet de l’Etat, c’est le budget de la République qui en souffre. Combien de personnes auraient ainsi goûté aux délices d’un mieux être si ces fonds étaient affectés dans les secteurs sociaux ? Combien d’enseignants auraient-ils bénéficié des salaires décents, évitant ainsi des dégâts que cause le génocide intellectuel en cours en RDC depuis plus de deux décennies ?

La desserte en eau et en électricité fait baisser le niveau de vie des congolais de manière drastique. Des détournements sur les fonds destinés à la Snel et à la Régideso, la recherche effrénée de commissions dans les marchés se rapportant à ces deux entreprises, au détriment du bénéfice que pouvait tirer la population, sont des crimes qui méritent d’être examinés par des tribunaux indépendants, à l’instar de la Cour pénale internationale pour les crimes de guerre. Malheureusement, les tribunaux nationaux chargés de connaître de ces crimes, sont liés poings et pieds par les politiques.

Il est vrai que les victimes des guerres sont facilement comptabilisées. Mais, la vérité reste que la faim, les maladies, …, la misère entretenue par ceux-là même qui ont la charge de re-qualifier le vécu quotidien des congolais causent plusieurs millions de décès. Pire que toutes les guerres. Cela sans des statistiques, et l’assurance de l’impunité pour les auteurs, de par leurs positions dans les rouages des régimes en place en RDC. Mais, un jour, ces chasseurs impénitents de commissions ainsi que les patentés détourneurs des deniers publics répondront de leurs actes devant les tribunaux indépendants.