Ministres_BelgesLa presse kinoise continuait mardi à commenter la dernière crise diplomatique entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RDC), soulignant que le Premier ministre belge Yves Leterme commençait à en mesurer la profondeur, au lendemain de la fermeture des consulats de Belgique installés en RDC.

"La crise est loin de se terminer malgré les efforts entrepris jusqu'à ce jour", écrit ainsi le journal 'L'Avenir', proche du régime du président Joseph Kabila. "Le Premier ministre belge semble maintenant prendre conscience de l'étendue des dégâts que les propos de son ministre des Affaires étrangères (Karel De Gucht, NDLR) avaient provoqués", ajoute ce quotidien.

Une analyse que partage 'La Prospérité', qui souligne qu'"Yves Leterme n'en revient pas". "Au-delà du fait qu'il est surpris de n'avoir pas eu le président Kabila au téléphone, il ne s'attendait pas que Kinshasa irait jusqu'à procéder, ce mardi 3 juin, à la fermeture des consulats belges de Bukavu et Lubumbashi.

Les Belges déplorent que toutes les avances faites à Kinshasa pour le dégel, y compris peut-être l'arrestation rocambolesque de JP Bemba, n'ont pas réussi à séduire le pouvoir congolais", note ce journal, dans une allusion à l'arrestation du sénateur d'opposition Jean-Pierre Bemba à Rhode-Saint-Genèse, le 24 mai dernier, sur mandat de la Cour pénale internationale (CPI).

Selon 'L'Avenir' encore, "ce qui est arrivé était évitable". "Malheureusement, les espoirs d'une amélioration attendue le plus rapidement semblent s'éloignent notamment avec la fermeture des consulats belges de Bukavu et de Lubumbashi. C'est la preuve que pour Kinshasa, la blessure était trop grande, surtout inutile en ce moment où le pays, notamment avec l'aide de la Belgique, dans le domaine de la sécurité, tentait de trouver des solutions", poursuit ce titre.

M. Leterme a déploré lundi la décision du gouvernement congolais de procéder à la fermeture des consulats belges à Bukavu (Sud-Kivu, est de la RDC) et Lubumbashi (Katanga, sud-est), décidée le 23 mai par Kinshasa pour protester contre des déclarations faites par M. De Gucht. Le gouvernement congolais a aussi rappelé son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba, et fermer son consulat à Anvers.

Cette nouvelle crise belgo-congolaise est née de critiques formulées le 18 mai par le chef de la diplomatie belge sur la corruption dans ce pays sur la chaîne de télévisée privée RTL-TVI. Il avait invoqué une "obligation morale" de la Belgique de regarder ce qui se passe dans son ancienne colonie, à qui elle accorde une importante aide au développement. M. De Gucht a toutefois souhaité lundi la fin du "débat stérile" sur le message qu'il a adressé aux autorités congolaises, un geste salué mardi par le journal kinois 'Le Palmarès'.