jkk_lancement_travaux

Vous nous jugerez selon nos actes et votre satisfaction fera notre fierté ». Tel fut une déclaration du Prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du Burundi, le jour de sa prise de fonction de Premier Ministre en 1961. Aujourd’hui, le Gouvernement congolais peut adresser les mêmes paroles au peuple congolais impatient de voir démarrer effectivement les 5 chantiers du Chef de l’Etat Joseph Kabila.
En effet, si le Gouvernement de Kinshasa peut se prêter désormais au jugement de la population congolaise à partir des actes qu’il va poser, c’est parce que le chantier de base, celui des infrastructures, est bel et bien lancé. Il est arrivé à la phase du démarrage effectif des travaux, après une première phase invisible pour le public celui des études techniques et des accords financiers et juridiques avec leurs partenaires chinois. Pour aboutir à ce niveau déterminant dont dépend la suite des travaux, il a fallu consentir tout le temps qu’exigeaient les différents préalables pour bien baliser le terrain. Il a fallu que soient jetées les bases d’une action d’envergure qui veut conséquente, à la mesure des enjeux économiques et sociale d’un immense pays aux multiples visages qui est la RDCongo.
Au cours de cette période, les experts congolais et leurs collègues chinois ont pu peaufinent de nombreux dossiers techniques et procéder à des montages financiers efficients. Toutes les précautions devaient et continueront à être prises pour parer à toute éventualité de nature à compromettre la réussite des projets à réaliser.
Cette période s’est étendue sur plus d’une année. Dans l’entre-temps, submergée par des déclarations de bonnes intentions du Gouvernement, la population congolaise en général et celle de Kinshasa en particulier, ne voyant rien de consistant se réaliser sur le terrain. Une telle situation a fait que, tout légitimement, les gens pouvaient se poser des questions sur le sérieux du discours officiel relatif aux 5 chantiers. Somme toute, pour les Kinois particulièrement, le démarrage économique et social tant claironné n’était encore que virtuel. Même si, dans les provinces, quelques travaux qui avaient déjà débuté au Katanga et dans la Province Orientale avec les partenaires chinois, ils n’avaient pas encore une visibilité suffisante pour rassurer la population. On peut ainsi comprendre qu’une fébrilité et un certain malaise collectif se soient manifestés dans plusieurs milieux à travers le pays. Particulièrement à Kinshasa, siège des institutions, où l’impatience était exacerbée par une opposition politique très critique face à ce qu’elle interprète comme un immobilisme du Gouvernement en place.
Mais, aujourd’hui, l’arrivée du matériel des travaux publics en provenance de la Chine est un fait concret de nature à dissiper les inquiétudes des uns et des autres sur la réalisation effective des 5 chantiers du Chef de l’Etat. Depuis que le jeudi 6 juin 2008, une procession du premier lot de 78 engins sur les 136 attendus s’est ébranlée dans des artères de la capitale, le doute sur la poursuite des objectifs que le Gouvernement congolais s’est fixé peut être levé. Les gens ont bien vu défiler des bennes, chargeurs, grues, niveleuses, compacteurs, citernes, concasseurs et j’en passe dans les artères de la capitale. Le tonnage total du matériel pour la partie Ouest du pays se chiffre à 14.000 tonnes. A ce stade, les promesses sont en train de s’accomplir, la parole est en train de devenir un début prometteur de réalité. La suite, c'est-à-dire la réalisation effective des travaux de réhabilitation, modernisation et construction des routes, chemins de fer, ports, aéroports etc. va se faire. Il y a lieu d’y croire sérieusement maintenant.
Cela étant, d’aucuns pourraient dire : « Oui, c’est bien bon tout ça, où en est-on avec les autres chantiers ? ». A mon sens, un tel questionnement souffrirait d’un déficit de vision globale sur les 5 chantiers et partant sur le développement que le Gouvernement congolais est en train d’impulser dans le pays. Si le point de départ est marqué par les travaux d’infrastructures, c’est parce que ce sont celles là qui vont permettre aux 4 autres chantiers d’être réalisés. Et, au-delà de ceux-ci, ce sont tous les autres secteurs économiques et sociaux qui vont disposer des bases pour leurs envols.
En effet, la réhabilitation et la construction des écoles et maternités auront comme conséquence la croissance du taux de scolarisation (chantier éducation), tandis que les nouveaux hôpitaux et centres de santé vont contribuer à l’amélioration de la santé (chantier santé). Il en sera de même en ce qui concerne les infrastructures électriques et de fourniture d’eau potable vont améliorer et faciliter les services dans ces deux secteurs (chantier eau et électricité). Et tous ces travaux publics vont occasionner la création des dizaines de milliers d’emplois (chantier emploi). Les revenus substantiels que vont détenir les familles dont les membres seront directement ou indirectement impliqués dans les grands travaux vont augmenter leurs consommations des biens et services. Ce qui va occasionner une croissance économique durable du pays.
Ainsi, le démarrage des chantiers d’infrastructures s’avère un véritable socle du développement national de la RDCongo. A condition que ce qui commence aujourd’hui se poursuive convenablement, que de bonnes mesures d’entretien des ouvrages soient prises et exécutées et que la gestion des infrastructures publiques soit assumée correctement.
Dans ce tournant de l’histoire que la RDC est en train d’amorce, il appartient au peuple congolais de prouver au monde qu’il est aussi capable de réaliser des grandes et bonnes actions. Ce peuple doit désormais, dans son ensemble, au-delà des clivages politiques et autres, saisir cette l’opportunité pour se ressaisir, remonter la pente du développement et occuper la place qu’il mérite dans le concert des nations.