arton21390les FARDC viennent de hausser le ton à l’endroit des rebelles rwandais. Ils sont sommés de rejoindre le processus de Nairobi pour leur rapatriement ou leur exil. Faute de quoi, les FARDC, avec la Monuc prendront toutes les mesures qui s’imposent. Décision saluée par de nombreux observateurs. Qui n’est pas la première du genre. Que cette fois soit donc la bonne. Pour couper effectivement le noeud gordien de cette guerre du Kivu

Dans une déclaration faite à la presse le samedi 18 octobre, le porte-parole de l’Etat-major général des FARDC affirme qu’une mise en garde sévère vient d’être faite aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR. Elles sont invitées à rejoindre sans délai le processus de Nairobi en vue de leur rapatriement ou de leur exil.

Faute de quoi, poursuit le porte-parole de l’Etat major général des FARDC, l’armée régulière sera dans l’obligation « de durcir sa position sur le terrain en synergie avec les forces de la Monuc ». Donc, l’option militaire n’est plus exclue. Car pour les FARDC, plus d’un millier de rebelles rwandais désarmés et démobilisés ont déjà regagné leur pays. Les autres doivent en faire autant.

Cette décision est saluée par de nombreux observateurs. Elle est interprétée comme la volonté exprimée par la partie congolaise de s’en tenir aux accords Nairobi afin de ramener la paix dans cette région de l’Afrique de Grands Lacs. Or, jusqu’ à ce jour, les FDLR ont toujours servi de prétexte au Rwanda, au RCD et maintenir au CNDP de justifier la guerre qu’ils imposent par intermittence régulière à la République démocratique du Congo, en parlant des combats au Kivu.

ENLEVER TOUT PRETEXTE

Si tel est le cas, il faudrait que cette fois soit vraiment la bonne. En fait, l’annonce de recourir à la force a toujours été brandie mais sans effet, demeurant un simple fait d’annonce.

Il est vrai que les FDLR ont déclaré qu’elles ne se sentaient pas concernées dans le processus de Nairobi. Qu’elles étaient disposées à regagner leur pays moyennant certains préalables. Notamment la tenue d’un dialogue inter-rwandais et l’ouverture de l’espace politique au Rwanda. Mais Kigali a chaque fois réservé une fin de non recevoir à ces exigences, considérant les rebelles rwandais de génocidaires. Un discours qui passe bien dans la communauté internationale. Toutefois, ceux qui désirent regagner leur pays, peuvent bien le faire, enchaîne Kigali. Devant la dégradation de la situation, et pour enlever tout prétexte au Rwanda de soutenir des groupes armés, il revient au gouvernement congolais de s’assumer, de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour en finir une fois pour toutes avec cette affaire qui colle à la peau des Congolais. Une véritable épine qui sert le discours politique du Rwanda et de ses alliés congolais afin de foutre du désordre en RDC. Aussi, le moment est-il venu de couper le noeud gordien pour autant que les FDLR en constituent bel et bien un, empêchant ainsi toute solution à cette crise.

La Communauté internationale devrait alors s’impliquer sans tergiverser en soutenant cette décision des FARDC disposée à travailler en synergie avec la Monuc. Eviter d’agir comme c’est le cas au DARFOUR où le déploiement de la force hybride ONU-UA a pris du temps et ne dispose pas encore de la logistique nécessaire pour accomplir sa mission. Dans le cas d’espèce de la Monuc, les regards sont tournés vers le Conseil de sécurité dans l’attente d’une réponse positive et hâtive au rapport de Alan Doss, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et responsable de la Monuc. Il avait sollicité le renforcement des dispositifs militaires en vue de faire face à la dégradation de la situation sur le terrain. En effet, les FDLR sont armés et ont promis d’opposer une résistance farouche avec des conséquences sur le plan humanitaire si jamais l’option d’un désarmement forcé était levée.

FRONT DIPLOMATIQUE

Face à la gravité de la situation doublée de cette insécurité récurrente au Kivu, et pour contrer ce complot visant la balkanisation de la RDC, le gouvernement congolais ne doit plus lésiner sur les moyens.

Sur le terrain, l’action doit se traduire par une présence militaire dissuasive. Une action concertée et planifiée dans les meilleurs délais pour ne laisser aucune brèche à des forces négatives, CNDP en l’occurrence, qui par ce front de rebelles rwandais qu’il n’a jamais combattu, cherchera à distraire le gouvernement congolais.

Parallèlement à cette action, le gouvernement devra multiplier des actions diplomatiques pour privilégier aussi la deuxième solution, celle de l’exil. Sécurité ou pas sécurité au Rwanda, c’est un problème rwandais avec la communauté internationale. Si les rebelles rwandais ne peuvent regagner le Rwanda, Kinshasa doit être à même d’obtenir dans les meilleurs délais leur exil, loin du territoire congolais. Il est temps de saisir le Conseil de sécurité, l’Union européenne et l’Union africaine pour chercher d’autres pays d’asile et d’exil et non plus la RDC.

On suppose donc que les entretiens du Québec en marge de la Francophonie que le ministre des Affaires étrangères et à la Coopération internationale, Mbusa Nyamwisi, a eu avec Charles Muringade, ancien ministre rwandais des Affaires étrangères et actuellement ministre près la présidence de la République du Rwanda, seraient un bon signal. Certes, Muringade a affirmé qu’il ne s’agit pas encore des négociations « congolo-rwandaises ». Mais « l’essentiel est de continuer à dialoguer », a-t-il reconnu.

Ceci dit, c’est maintenant ou jamais de mettre en synergie toutes les pistes de solutions dans le but d’enlever du pied cette épine, de couper ce nœud gordien que sont les FDLR.