La chaîne de commandement ainsi que la justice des forces armées et de la Police nationale ont échangé le mercredi 14 janvier 2009 au centre catholique Nganda (Kinshasa) sur les « tares » qui les gangrènent et la thérapeutique à y apporter.

Il s’est agi « de mettre face-à-face la chaîne de commandement et la justice pour éradiquer rapidement les tares de la corruption, du détournement des fonds de l’Etat, des violences sexuelles liées au genre, des violences exercées sur les populations civiles vulnérables et, par-dessus tout, l’absence de discipline et du respect du Code de bonne conduite de l’armée et de la police », a expliqué le ministre de la Justice, Luzolo Bambi Lessa, lors de la « journée de moralisation des FARDC et de la PNC » présidée par le vice-Premier ministre chargé de la Défense et Sécurité, Mutombo Bakafwa Nsenda.

« L’efficacité de la justice militaire, en tant que mécanisme de sauvegarde de la discipline et de la sécurité juridique au sein des forces armées, ne réside pas dans son effacement au service du commandement, mais dans sa pleine affirmation comme institution du pouvoir judiciaire appuyant le pouvoir militaire, élément du pouvoir souverain », a-t-il affirmé.Pour sa part, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba, s’est appesanti sur le cadre juridique, l’analyse de la situation actuelle et la stratégie « pour éradiquer les anti-valeurs » au sein des FARDC.

«La discipline est un ensemble de règles, l’observations qui régissent certains corps, notamment l’armée. C’est pourquoi l’on parle à juste titre de la discipline militaire, une soumission à des règles, à un règlement et aux ordres », a-t-il déclaré, invoquant la Constitution et les textes de loi.

Parmi les «maux » dont on accuse les FARDC, il a cité notamment « l’indiscipline notoire à tous les niveaux,les associations des malfaiteurs, les violences faites aux femmes, le détournement de la paie destinée aux militaires ».

«La thérapeutique réside dans l’application stricte de toutes les dispositions constitutionnelles, légales et réglementaires qui régissent l’exercice des FARDC et l’application stricte du règlement sur la discipline militaire à l’endroit de tous les membres des FARDC », a-t-il préconisé.

Dans son exposé, le vice-ministre de l’Intérieur, Zéphyrin Mungongo, a parlé de la discipline, du vouloir-faire, de la sécurité, du savoir-faire, de la maîtrise des effectifs et de la gestion des matériels au sein de la Police nationale congolaise.

Les travaux, qui se sont déroulés en ateliers, se sont clôturés dans la soirée par la lecture d’un rapport final.