FDLRLes rebelles hutus rwandais des FDLR basés dans l'est de la République démocratique du Congo ont assuré lundi rester "soudés" face au plan de neutralisation des armées congolaise et rwandaise les visant, accusant Kigali "d'être le vrai responsable de la crise" dans la région.

"Notre organisation reste très forte et soudée. Ce n'est pas la première fois qu'il y a des menaces du genre. Il y en a eu par le passé et notre organisation n'a pas été ébranlée", a déclaré lundi à l'AFP le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda, Callixte Mbarushimana.

"Quand il y a eu des menaces, ceux qui sont faibles sont rentrés au Rwanda mais l'organisation est restée forte", a-t-il renchéri, tout en espérant que Kinshasa et ses alliés "n'en arrivent pas à l'usage de la force".

Kigali et Kinshasa avaient signé le 5 décembre un plan militaire conjoint pour le désarmement des FDLR.

Vendredi, les commandants dissidents de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), emmenés par le chef d'état-major Bosco Ntaganda, ont réaffirmé être "prêts à participer à la mise en oeuvre du plan conjoint contre les FDLR".

M. Ntaganda a également annoncé "la fin de la guerre" dans l'est de la RDC.

Samedi, plusieurs chefs de la milice des Patriotes résistants congolais (Pareco), alliés de Kinshasa, ont à leur tour réclamé "l'application stricte du plan conjoint en ce qui concerne les FDLR".

"Ce qui étonne, c'est de voir que le gouvernement congolais pactise avec Kigali pour neutraliser des gens qui demandent la libération de leur pays", a critiqué lundi M. Mbarushimana.

"C'est le régime hégémonique de Kigali qui est le vrai responsable de la crise dans la région. C'est lui qui a semé, et continue de semer la pagaille au Congo", a-t-il accusé.

Cette succession d'intentions de combattre les FDLR, dont certains éléments ont participé au génocide tutsi au Rwanda en 1994, illustre la nouvelle alliance entre plusieurs parties d'un conflit dévastateur pour les civils. Elle témoigne notamment du rapprochement entre Kinshasa et Kigali, ennemis d'hier.

Le pouvoir tutsi de Kigali a en effet toujours exigé de Kinshasa, sans succès, que les FDLR soient chassés de l'est de la RDC. Mais ceux-ci, au nombre de 6.000 environ, ont au contraire souvent combattu aux côtés des FARDC contre le CNDP, soutenu par Kigali.

De leur côté, les FDLR exige la fin de la "dictature" et de "l'oppression" (contre les Hutu) au Rwanda, ainsi qu'une "justice équitable" avant tout retour au pays de ses éléments.

Le 14 janvier, les FDLR ont réclamé la tenue d'un "dialogue inter-rwandais".