La Monuc prête à faciliter le processus

La déclaration tonitruante du Congrès pour la défense du peuple (CNDP) faite le week-end dernier, annonçant la fin de leur rébellion avec l'engagement de mettre immédiatement leurs éléments armés à la disposition des FARDC (armée nationale), a donné une lueur d'espoir quant au retour de la paix dans l'Est de la RDC.

A la suite de cet engagement des officiers supérieurs du CNDP, suivi de celui des officiers du PARECO, la Monuc s'est déclarée, ce jeudi 21 janvier dans son point de presse hebdomadaire, prête à faciliter l'intégration des troupes de ces deux mouvements rebelles dans les Forces régulières de la RDC.

Saluant ces décisions, la mission onusienne précise qu'elles sont conformes à la demande du Conseil de sécurité contenue dans la résolution 1856.

Quant à l'opération militaire conjointe RDC-Rwanda enclenchée depuis le mardi 20 janvier dernier, destinée à traquer les éléments du groupe rebelle rwandais des FDLR sur le territoire congolais, la Monuc constate bel et bien son effectivité sur le terrain.

Ces opérations militaires conjointes en cours contre les FDLR, note le porte-parole de la Monuc Madnodje Mounoubai, sont issues de l'accord bilatéral signé le 5 décembre dernier entre les deux pays à Goma. Avant de déclarer que la Monuc ne prend pas part à ces opérations pour n'avoir pas été impliquée dans sa planification conformément à la résolution 1856 du Conseil de sécurité sur la RDC.

Veiller au respect droit

Qu'à cela ne tienne, elle demande aux parties impliquées dans ces opérations, la nécessité de prendre en compte la protection des civils et d'assurer pleinement le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Néanmoins, la Mission onusienne rassure le gouvernement congolais de sa collaboration et de toute son assistance aux FARDC dans ces derniers domaines en rapport avec son mandat plaçant en première ligne la protection des civils.

Dans le même registre, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Alan Doss, exprime son inquiétude après le blocage mardi 20 janvier d'un convoi humanitaire par les FARDC, empêché de rejoindre sa destination pour livrer l'assistance qu'il transportait.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC rappelle à cette occasion à toutes les parties en conflit dans l'Est du pays l'obligation qu'elles ont de protéger les civils et de respecter le droit international humanitaire. Notamment, ne pas empêcher le mouvement des humanitaires et l'accès aux personnes nécessiteuses. Le respect de la liberté de circulation des humanitaires doit donc être totalement garanti. Un appel est également lancé à tous les groupes armés dans l'Est de libérer tous les enfants encore dans leurs rangs avant toute action militaire.

Dans la province Orientale, les éléments de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony, sème la désolation au sein de la population. Cette situation sécuritaire préoccupante a amené les Forces armées de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan, avec l'appui logistique de la Monuc, de mettre en place les opérations " Rudia " et " Eclairs du tonnerre " visant à chasser les rebelles ougandais du sol congolais.

La LRA en débandade

Selon les responsables des Forces de défense du peuple ougandais (UPAF) basés à Dungu, ces opérations commencent déjà à donner ses fruits. 30 éléments de la LRA ont trouvé la mort, 7 arrêtés, et 100 armes en bon état ont été récupérées.

A l'heure actuelle, note la Monuc, les éléments de la LRA sont en dispersion et divisés en plusieurs groupes opérant à l'Ouest et l'Est de Doruma, autour de Gangala et Faradje.

Cependant, Joseph Kony et ses officiers supérieurs qui sont jusque-là insaisissables, dans leur débandade et à la recherche des vivres, ils intensifient leur tuerie au sein de la population civile congolaise. Les attaques ont été enregistrées notamment dans les villages Tomati, Sambia et Durba. Comme il fallait s'y attendre, ces attaques ont aggravé la situation humanitaire et sécuritaire déjà désastreuse dans cette partie du pays. Les attaques des LRA à Duru, Faradje et Doruma, ont vidé littéralement tous ces villages du district de Haut-Uélé de leurs habitants. La majorité de la population s'est cachée dans la forêt environnante de Dungu et du Soudan.

Source : l observateur/Kinshasa