31 janvier 2009
Joseph Kabila devant la presse ce samedi à Kinshasa
Le Président Joseph Kabila fera part de l'état de la nation samedi à l'opinion nationale et internationale, au cours d'une conférence de presse, au palais de la Nation à Kinshasa, sur la situation politique, sécuritaire et les relations de la RDC avec ses voisins, ainsi que sur la mise en marche effective des cinq chantiers, indique un communiqué du DCI (Document cadre pour la promotion des investissements en RDC) parvenu jeudi à l'ACP.
Selon le communiqué, plusieurs sujets d'actualité dans le pays seront abordés au cours de cette communication du Chef de l'Etat, notamment les récents propos du Président français Nicolas Sarkozy qui ont suscité beaucoup de réactions dans la classe politique congolaise, les opérations militaires conjointes de pacification, le rapprochement diplomatique entre Kinshasa, Kampale et Kigali, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, ainsi que les mesures gouvernementales face à la grande crise financière et alimentaire internationale.
La conférence de presse sera également une occasion pour le Président de la République de faire appel aux partenaires et à la communauté internationale pour accompagner la RDC dans la dynamique de démocratisation et de reconstruction nationale, et de fixer l'opinion sur l'état d'avancement des travaux de reconstruction du pays, souligne le communiqué.
Bas-Congo : la déforestation au Mayombe prend une allure inquiétante
La déforestation méchante et anarchique de la forêt du Mayombe à partir de la cité de Kinzao Mvuete, dans le territoire de Seke-Banza, est à l’origine de la destruction de l’écosystème et de l’accentuation de la pauvreté de la population. Si l’on y prend garde, cette déforestation risquerait de faire tâche d’huile.
Quelles sont les mesures préconisées par l’autorité pour remédier à la déforestation au Mayombe ? Dans un entretien à batons rompus avec Le Potentiel, le chef de la cité de Kinzao Mvuete, Sébastien Emery Ditshia di Makuala, s’est dit embarrassé. «Qui arrêter lorsque l’on sait que ceux qui doivent arrêter et juger les fautifs sont eux-mêmes et parties prenante à l’oeuvre de la déforestation», s’est-il interrogé.
Beaucoup de scieurs des planches et exploitants des braises sont au service de ceux qui sont censés et juger.
Les coupables sont au service de ceux qui font fortune après avoir vendu les planches, soit au Bas-Congo, soit à Kinshasa où ils ont de grands dépôts de vente de bois. Il en est de même pour de la braise vendue dans les mêmes localités.
La crainte que nous avions éprouvée depuis un certain temps appartient néanmoins au passé, car les inciviques coupeurs d’arbres et qui sont parvenus à violer la réserve de la biosphère de Luki, reconnue par l’Unesco, s’est estompée.
Car, a-t-il soutenu, ces inciviques sont revenus à de bons sentiments, après une énergique intervention de l’autorité.
A l’exception de quelques cas isolés. L’insuffisance d’effectifs des services de sécurité forestière ne permet pas à ces derniers de sécuriser cette grande réserve qui s’étend du territoire de Seke-Banza jusqu’à Lukula.
L’opération de reboisement
Qui déboise, reboise, dit-on. Le chef de cité, qui voit pointer à l’horizon des catastrophes naturelles provoquées par la déforestation anarchique dans les années à venir, a décidé de lancer, à l’occasion de la journée internationale de l’arbre célébrée le 5 janvier 2008, une opération reboisement de quatre cents jeunes plantes de différentes espèces.
« Cette opération est une interpellation à l’endroit de la population pour comprendre l’importance de planter et de protéger l’arbre », a-t-il précisé.
Créée en 2002, la cité de Kinzao Mvuete compte huit quartiers et une population estimée à 45.000 habitants.
L'UE réclame l'arrestation d'un rebelle
L'émissaire de l'Union européenne dans la région des Grands Lacs a estimé vendredi que le général rebelle congolais Bosco Ntaganda devrait être arrêté au plus vite, bien qu'il participe à une campagne contre les rebelles hutus soutenue par les Nations unies. Bosco Ntaganda est inculpé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, a rappelé à la presse le diplomate, Roland Van Der Geer. Il est notamment accusé d'avoir recruté des enfants pour combattre en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo. Surnommé "Terminator", il est maintenant commandant en second d'une offensive conjointe lancée par le Congo et le Rwanda pour chasser les rebelles hutus du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR), au coeur d'un conflit qui se poursuit depuis une décennie dans la région des Grands Lacs.
La province Orientale continue à enterrer ses fils après l'incursion de la LRA
L'opération militaire conjointe LRA- FARDC aurait apporté plus de malheurs que de bonheur aux populations de la Province Orientale. Selon OCHA, l'année 2008 a été la plus meurtrière à cause des opérations militaires menées dans certains territoires de cette province. Au moins 896 personnes ont été tuées et 711 autres enlevées entre fin 2007 et l'année 2008. D'après l'ONG Human Rights Watch 790 civils ont trouvé la mort et 47 autres enlevés en espace des cinq mois, soit entre septembre 2008 et janvier 2009. La période allant de décembre 2008 à 13 janvier 2009 a été la plus meurtrière, avec 620 personnes massacrées, note le rapport de OCHA.
Il faut ajouter à ces statistiques, les déplacés de guerre dont le nombre accroît au jour le jour. On dénombre 130.000, presque la moitié de la population du territoire de Dungu. Les incursions des combattants ougandais dans 19 localités ont eu comme conséquences, les pillages, les incendies, les viols, les enlèvements, etc. Ces actes des violences ont été perpétrés en RDC et dans les pays voisins tels que le Centrafrique et le Soudan. Le bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires signale l'enlèvement des 80 adultes en RCA et 47 au Soudan plus 23 enfants.
Selon le commandant FARDC à Dungu, cité par OCHA, le déploiement des troupes dans ce territoire continue. L'armée ougandaise qui avait suspendu ses opérations a repris ses activités suite à l'infiltration des troupes de l'armée de résistance du seigneur dans les villages.
Devant ce drame, les gouvernements central et provincial ne sont intervenus qu'avec 25.000 dollars us via Caritas Développement, accompagnés des ballots de friperie et des médicaments. La quasi totalité de l'assistance humanitaire est venue de la communauté internationale.
L'opération militaire qui devrait être salvatrice est devenue plutôt mortelle. Même si les deux gouvernements continuent à déployer les troupes sur le terrain, il est difficile d'épargner les populations civiles qui ont payé la lourde tribu jusque là. Si la presse ougandaise s'évertue de fournir des temps en temps le bilan de cette opération militaire, ce n'est pas le cas en RDC. L'Etat major général des FARDC reste muet sur ce sujet. Et cette attitude porte à croire que les objectifs fixés par les autorités de ces deux pays risquent de ne pas être atteints d'ici la fin de l'ultimatum.
Cent corps retrouvés dans une localité de Dungu, des pleurs à Kinshasa
Malgré toutes les opérations militaires lancées pour le retour de la paix dans l'Est de la RDC, les dégâts humains sont incalculables. Des familles entières sont décimées, des villages disparaissent sur la carte géographique de ces provinces. Les morts sont enterrées par dizaines sans compter les cadavres perdus dans les forets, loin du regard de la Croix rouge et autres secouristes. Pas plus tard qu'au début de cette semaine, cent corps sans vie ont été découverts dans une fosse commune à quelques kilomètres du territoire de Dungu. L'œuvre est signée par les combattants de Army lord resistance, selon les premières données.
Après avoir suivi cette triste nouvelle sur les ondes, une déplacée de guerre qui vit dans un hangar dans la commune de Kalamu n'arrive pas à sécher ses larmes. Elle est convaincue que ses deux filles et son mari qu'elle n'a plus revu depuis six mois se retrouveraient dans cette fosse commune. Mariée depuis vingt ans à un fermier, elle vivait avec son mari dans un village de Dungu. Un jour, trois combattants de LRA sont entrés dans leur cabane vers la tombée de la nuit. Ils ont pris ses deux filles et son mari et lui ont intimé l'ordre de quitter la maison avant qu'ils n'exécutent ses proches. Depuis lors, elle n'a pas de nouvelles de sa progéniture ni de son mari. Toutes les tentatives pour une éventuelle retrouvaille se sont avérées infructueuses.
Cette femme avoue qu'elle a réussi à s'enfuir avec un groupe des veuves des militaires et quelques amies. Arrivée à Kinshasa, les veuves ont été accueillies dans les camps militaires. Elles et ses collègues ne savent pas à quel saint se vouer. Pour survivre, elle vend des légumes au marché Gambela.
Plusieurs déplacés de guerre qui se retrouvent dans la capitale sont abandonnés à leur triste sort. En dehors de ceux ou celles qui ont trouvé l'asile dans les familles d'accueil, les autres sont contraints à la mendicité. Aucune structure d'accueil ne s'occupe d'eux car ils n'ont aucun document qui prouve qu'ils ont fui les conflits armés. Comment peuvent- ils posséder des preuves matérielles quand ils fuient dans des conditions décrites ci-haut ?
Malheureusement, il n' y a pas des circonstances atténuantes pour les déplacés de guerre qui se retrouvent à Kinshasa sans documents des victimes.
Kananga : le directeur de la prison centrale aux arrêts
Le directeur de la prison centrale de Kananga et l’infirmier traitant de ce centre pénitentiaire sont gardés au cachot de l’auditorat militaire de Kananga depuis lundi 26 janvier 2009. C’est sur ordre de l’Auditeur militaire qui leur reproche d’avoir autorisé l’évacuation d’un détenu malade vers une formation médicale. Lequel malade s’est évadé de l’hôpital. Les incriminés rejettent toute responsabilité dans cette évasion.
Selon Marcel Nkunda, le directeur de la prison, le 15 janvier dernier, il fallait évacuer un détenu malade à l’hôpital sur rapport de l’infirmier traitant. Ce qu’il a approuvé sollicitant l’aval du médecin directeur pour que le détenu suive les soins jusqu’à son rétablissement. Il a ensuite informé l’auditeur militaire deux jours après. Mais les choses ont mal tourné une semaine plus tard car le malade s’est alors échappé de l’hôpital profitant, selon le directeur de la prison, de la défaillance du policier commis à sa garde. L’ayant constaté avec retard, le policier s’est, à son tour, enfui craignant des poursuites. C’était le 23 janvier dans l’après midi.
Contacté, l’auditeur militaire considère que tous ces arguments sont faux. Pour lui, le directeur de la prison aurait violé l’art 60 de l’ordonnance loi numéro 344 qui stipule que l’évacuation d’un détenu vers un hôpital doit être informée sur-le-champ à l’auditorat militaire. Il ajoute avoir été informé avec 6 jours de retard, soit le 22 janvier. Alors que l’évasion du malade est intervenue le lendemain. Il ajoute être informé de l’évasion le 25 janvier, soit deux jours. Ainsi, il conclut avoir ordonné la mise aux arrêts du directeur de prison pour raison d’enquête. Et il dit ne pas exclure la possibilité d’une mise en liberté provisoire.
L’Udemo insiste sur le respect de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale
Dans un communiqué rendu public hier vendredi 30 janvier 2009, l’UDEMO a donné son point de vue en rapport avec l’évolution de la situation politique et diplomatique du pays. Ci-après l’intégralité de la déclaration signée par le secrétaire général.
L’Union des Démocrates Mobutistes, «UDEMO» en sigle, suit avec attention l’évolution de la situation politique et diplomatique du pays.
Elle félicite le Gouvernement congolais du réchauffement des relations diplomatiques entre le Royaume de Belgique et la République Démocratique du Congo. En cette période où notre pays a besoin du soutien accru de la Communauté internationale, l’apport de la Belgique s’avère être précieux. L’ouverture au monde, sans exclusif, demeure la pierre angulaire de la politique extérieure de notre pays et la voie obligée d’une coopération internationale bénéfique au développement du peuple Congolais.
L’Udemo note avec satisfaction l’évolution des assises de Nairobi relativement à l’arrêt des hostilités entre le CNDP et les FARDC, facilité, il est vrai, par l’implosion du mouvement insurrectionnel et le changement d’attitude du Rwanda.
S’agissant de la présence des troupes rwandaises sur le territoire congolais pour participer à la traque des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, « FDLR » en sigle, conformément au Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs, au Protocole de non agression et de défense mutuelle signés en 2006 à Nairobi et à un Accord bilatéral,
L’Udemo comprend la perplexité d’une partie de l’opinion congolaise face à la présence des forces rwandaises sur le sol congolais aux motifs des expériences douloureuses d’un passé assez récent constituées des agressions militaires de ce pays contre le nôtre, des conséquences subies par les populations dont plus de cinq millions des morts, la destruction des milieux de vie, de l’écosystème, des pillages de leurs ressources nationales, du blocage des efforts de développement, etc.
L’Udemo déplore que la communication gouvernementale ait été déficiente en ne préparant pas suffisamment l’opinion nationale à ce changement à 180 degrés. Après avoir, durant plus d’une dizaine d’années, structuré la conscience collective par un discours donné sur la nocivité de ce pays voisin, il aurait fallu une explication appropriée à la Nation sur l’invitation faite aux troupes rwandaises.
L’Udemo exprime sa préoccupation sur les dommages éventuels directs et collatéraux de cette opération sur la vie de nos populations. A cet effet, elle exige que toutes les dispositions sécuritaires soient prises et scrupuleusement respectées afin de préserver nos populations des conséquences néfastes de la confrontation rwando-rwandaise sur le territoire de la République démocratique du Congo.
L’Udemo insiste sur l’obligation du respect de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de notre pays pendant et après ces opérations.
L’Udemo réaffirme son attachement aux acquis de la paix dans notre pays, de la sécurité des personnes et à la politique de bon voisinage.
Enfin, l’Udemo encourage le Président de la République, Son Excellence Monsieur Joseph Kabila Kabanhe à persévérer dans la recherche des solutions pour le règlement pacifique des différends.
Fait à Kinshasa, le 30 janvier 2009
Maître Omari Lea Sisi
Secrétaire général
Lukala : reprise des activités à Cilu
La cimenterie de Lukala (Cilu) a repris ses activités depuis le mardi dernier. Information livrée ce vendredi à radiookapi.net par un responsable de cette société. Tous les matériels endommagés ont été réparés selon lui. La vente du ciment, dit-il, va reprendre dans un bref délai. Plus d’une centaine d’employés de cette entreprise envoyés en congé technique ont repris le travail. Pour fêter l’événement, une marche pacifique a été organisée le même mardi par les manutentionnaires de la cimenterie de Lukala.
Boma : le riz avarié de Congo Futur toujours gardé dans les entrepôts
Les entrepôts du port de l’Onatra à Boma contiennent toujours le riz de l’entreprise Congo Futur déclaré impropre à la consommation par l’Office congolais de contrôle, OCC. « Cette présence de riz avarié est un danger public, il doit quitter impérativement la ville », a déclaré jeudi la maire de Boma
Mme Marie José Niongo Nswami est formelle : « Ce riz est impropre à la consommation. L’OCC l’a démontré et le gouvernement Gizenga a été du même avis » La maire de Boma ne comprend pourquoi la décision sur ce riz traîne. Sa délocalisation ou sa destruction est plus qu’urgente, ajoute-t-elle.
Du côté des autorités du port de Boma, elles affirment également que ce riz est devenu encombrant dans les magasins du port. D’autres marchandises manquent d’espace à cause de la présence de ce riz. Umba –di- Malanda, directeur des ports maritime a affirmé qu’il était en pourparlers avec le procureur de la République en charge de ce dossier pour voir comment entreposer ce riz ailleurs, en attendant la décision de la justice.
Pour rappel, plus de 5 tonnes de riz ont été saisies il y a 6 mois par l’OCC au port de Boma. Ce riz appartenant à l’entreprise Congo Futur a été déclaré impropre à la consommation.
Général Numbi : « Le Rwanda et le Congo ont décidé de pacifier la région des Grands Lacs »
Les ex-combattants du CNDP ont été officiellement intégrés, jeudi, au sein de l’armée nationale, les FARDC. C’était au cours d’une modeste cérémonie présidée par le ministre de la Défense, Charles Mwando Nsimba, à Rumangabo, 50 kilonètres au nord de Goma, en territoire de Rutshuru. L’opération est donommée « Intégration accélérée ». Celle-ci ne risque-t-elle pas d’être confondue et de connaître le même sort que l’opération de « mixage » de fin 2006 début 2007
La question est sur la bouche de nombreuses personnes au Nord-Kivu. Interrogé à Rumangabo à cet effet par radiookapi.net, le général Numbi, commandant des opérations à l’Est de la RDC, se veut rassurant.
« Cette décision découle de deux Etats. Contrairement à la fois passée, le Rwanda et le Congo ont décidé de pacifier la région des Grands Lacs pour qu’il y ait la paix et que le développement commence », a-t-il indiqué. « Et les amis du CNDP et de Pareco aussi ont tous réalisé que, […] trop c’est trop, il faudrait qu’on arrête », a ajouté le général Numbi avant d’affirmer que cette nouvelle opération ne connaîtra pas le problème de mixage. « Cette fois ci, nous avons la pleine conviction que nous allons vers l’avant et c’est une paix durable », a-t-il conclu.
30 janvier 2009
Les rebelles du CNDP intègrent officiellement l'armée
L'armée de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement commencé jeudi à intégrer en son sein les rebelles congolais qui lui infligeaient de lourdes défaites il y a encore quelques mois avant d'annoncer la "fin de la guerre" mi-janvier.
Le processus d'intégration a été lancé lors d'une cérémonie symbolique au camp militaire de Rumangabo, à une cinquantaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Ce camp fut très disputé lors des affrontements d'octobre 2008 entre l'armée et les rebelles congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Depuis, l'essentiel des commandants du CNDP ont rallié Kinshasa et son chef historique, le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, lâché, a été arrêté le 22 janvier au Rwanda voisin.
Le ministre de la Défense Charles Mwando, le chef d'état-major des Forces armées de la RDC (FARDC) Didier Etumba et le chef de la police John Numbi étaient présents à la cérémonie, ainsi que le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku.
Côté rebelles du CNDP figuraient quatre commandants dont le chef d'état-major Bosco Ntaganda et le colonel Claude Micho, signataires de la déclaration "de fin des hostilités" du 16 janvier.
Mais, à l'arrivée de Bosco Ntaganda entouré d'une forte escorte, les quatre représentants d'une facilitation internationale d'accompagnement du processus de paix ont quitté les lieux, a constaté un journaliste de l'AFP. Bosco Ntaganda est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants en 2002-2003 en Ituri, district voisin du Nord-Kivu. Des chefs des Patriotes résistants congolais (Pareco), milice progouvernementale Maï-Maï, étaient également présents à Rumangabo.
"Je prends acte de l'intégration du CNDP et du Pareco au sein des FARDC", a déclaré le ministre congolais de la Défense. Le gouverneur Paluku a estimé que la "population du Nord-Kivu (resterait) vraiment reconnaissante de cet acte d'intégration que les groupes armés viennent de faire". "A l'issue de cette intégration, les deux millions de déplacés peuvent espérer rentrer chez eux." Aucun commandant du CNDP ne s'est exprimé publiquement.
"Nous allons former des brigades intégrées au sein des FARDC, le processus continue", a expliqué à l'AFP le colonel Micho. Onze éléments du CNDP ont défilé, en ligne impeccable, vers une table où des uniformes verts des FARDC leur ont été remis, sous les applaudissements et les cris de représentants de la société civile.Deux médecins de l'armée les ont ensuite examinés, puis ils se sont fondus au sein d'un groupe des FARDC, avec force accolades.
Le colonel Sultani Makenga, un des principaux collaborateurs de Laurent Nkunda, était absent. Mercredi, il avait quitté les lieux, un départ qui avait contraint au report de la cérémonie initialement prévue ce jour-là. Près de 6.200 rebelles du CNDP devraient être intégrés dans les FARDC avec l'appui de l'ONU, selon l'état-major congolais, mais un certain climat de méfiance est perceptible entre les anciens ennemis.
