Kabila_drapeauLa traque en cours des FDLR dans le Kivu et la restauration de la paix dans l’Est de la RDC, le sort de Laurent Nkunda ainsi que les 5 chantiers ont constitué quelques uns des points développés par le chef de l’Etat congolais devant la presse nationale et internationale samedi à Kinshasa. Concernant la traque contre les rebelles hutus rwandais, Joseph Kabila a affirmé que celle-ci devra aller jusqu’au 10 février prochain

Joseph Kabila à Goma

Pendant environ une heure, le chef de l’Etat a répondu aux questions sur la crise à l’Est de la RDC. Le noyau dur de l’insécurité pour Joseph Kabila reste la présence des FDLR dans la région à côté d’autres groupes armés parmi lesquels le CNDP de Laurent Nkunda. C’est ce qui justifie, selon Joseph Kabila, l’opération conjointe FARDC-armée rwandaise actuellement en cours dans le Nord-Kivu. Cette opération de traque des FDLR devra aller jusqu’au 10 février prochain, en tout cas pas au-delà de février, a insisté Joseph Kabila. «Les troupes rwandaises devront donc retourner chez elles conformément aux engagements pris entre les deux pays », a-t-il déclaré.

Quant à l’intégration accélérée des groupes armés qui suscite des questions dans l’opinion, le chef de l’Etat a dit qu’il ne s’agit que d’une étape qui devra être suivie par la formation et le redéploiement des éléments du CNDP et d’autres groupes armés. Par ailleurs, au sujet de Laurent Nkunda, le chef de ce mouvement, le processus est engagé sur le plan politique et diplomatique pour son extradition, a affirmé le président de la République.

Dans la seconde partie consacrée aux 5 chantiers, Joseph Kabila a salué le démarrage des travaux et annoncé qu’environ 3 milliards USD devront être décaissés au cours des quatre prochaines années pour l’exécution des travaux. Face à la crise financière internationale et à la baisse du cours des minerais censés financer les 5 chantiers, Joseph Kabila compte sur la diversification des ressources, notamment, avec la relance et la mécanisation de l’agriculture.

Bosco Ntanganfa et la CPI, Kabila préfère la paix à la justice internationale

Au cours de la même rencontre avec la presse, le président Kabila s’est également prononcé sur la question du mandat de la CPI lancée contre Bosco Ntanganda. Voici son propos : « Bosco Ntanganda, je crois bien que, dans la région ici, le continent et d’ailleurs dans le monde, la coopération de la République Démocratique du Congo et la Cour pénale internationale a toujours été exemplaire. Il n’y a pas un seul pays qui a coopéré avec la CPI comme nous, la RDC. Mais le Congo est un pays indépendant et souverain. Alors, ici le choix à faire, l’option à faire, c’est entre la justice internationale, expéditive ou non, et la paix, la stabilité, aujourd’hui, tout de suite, maintenant. Pour la population du Nord Kivu et du Sud Kivu, le retour des déplacés, la reprise économique, le début de la reconstruction. Et pour moi, le choix est clair. A ce sujet, on est déjà fort avancé. Le choix est clair dans le sens qu’on a déjà levé cette option, l’option pour nous, c’est la paix, la stabilité et la sécurité pour notre population. C’est ça l’essentiel pour le moment. Toute autre action qui mettra en cause cette option est à écarter. »

De son côté, dans un communiqué rendu public le même samedi, la Monuc a annoncé qu’elle ne participera à aucune opération dans l’Est du pays dans laquelle Bosco Ntanganda serait associé, étant donné qu’il est sous mandat d’arrêt international de la CPI. Par ailleurs, la mission onusienne a aussi déclaré que son équipe de planification mise en place à Goma pour travailler avec la cellule des opérations conjointes RDC-Rwanda n’est pas encore opérationnelle. Elle attend d’abord d’être associée à la planification des opérations.

source : okapi/kinshasa