Kabila_drapeauPour sa première sortie officielle devant la presse tant nationale qu'internationale, le samedi 31 janvier 2009, le président de la République Joseph Kabila n'a pas dérobé à la règle en choisissant le cadre historique du Palais de la Nation pour tenir sa première conférence de presse de l'année. Le chef d'Etat a tenu à éclairer l'opinion sur la crise actuelle dans l'Est de la République démocratique du Congo qui défraie la chronique ces derniers jours. Au cours de ce point de presse, Joseph Kabila a réaffirmé sa volonté de mettre fin à la maffia qui alimente la guerre dans le Congo oriental " Cette maffia continue à alimenter le conflit qui touche l'Est du pays.

Le retour de la paix dans le Nord-Kivu est conditionné par la décapitation de toutes les milices opérant dans cette partie du pays, en dépit de l'arrestation de l'ex-général Laurent Nkunda. C'est presque chaque tribu du Nord-Kivu et du Sud--Kivu qui dispose d'une milice dont les tireurs des ficelles se trouvent soit sur place, soit à Kinshasa ". Il faut à tout prix décapiter la maffia, qui s'est installée au Nord-Kivu et au Sud-Kivu a martelé le président Joseph Kabila.

A cet effet, le Chef de l'Etat s'est engagé à prendre des mesures efficaces afin couper l'herbe sous les pieds de ces tireurs de ficelles dans l'ombre. "Nous prendrons aussi des mesures efficaces afin que les réfugiés hutu rwandais traqués se trouvant dans le Kivu ne puissent pas se disperser dans les forêts équatoriales du Maniema, de la province Orientale, de l'Equateur ou ailleurs ", a t-il fait savoir.

Le président de la République a poursuivi son intervention en expliquant les raisons du déclenchement de l'opération conjointe entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les forces armées rwandaises au Nord-Kivu. Joseph Kabila a tenu à rassurer les Congolais que les troupes étrangères impliquées dans les opérations militaires menées conjointement avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Nord-Kivu et dans la province Orientale vont rentrer dans leurs pays respectifs dans les délais impartis. " Dans quinze jours, les troupes rwandaises et les FARDC procéderont à l'évaluation des opérations conjointes qu'elles mènent au Nord-Kivu contre les réfugiés hutu rwandais constitués des ex-Forces armées rwandaises, des interahamwe et des militants des FDLR. Le délai à ne pas dépasser, c'est celui de mi-février. Ce qui compte c'est le résultat sur le terrain", a insisté le président Joseph Kabila.

L'engagement

Il s'est réjoui du fait que depuis le début de l'opération militaire conjointe entre les FARDC et l'armée rwandaise dans la province du Nord-Kivu, le gouvernement a récupéré toutes les positions autrefois occupées par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda. " Demain ce sera l'ouverture du poste frontalier de Bunagana ", a-t-il souligné.

Quant aux opérations militaires menées dans la Province Orientale par les FARDC, l'armée ougandaise, et les unités de l'armée du Sud-Soudan, le numéro un congolais n'y est pas allé par quatre chemins pour reconnaître les résultats positifs de la dite opération.

" Ces opérations prendront fin le 13 février 2009. Et je peux vous dire que la situation est sous contrôle en province Orientale dès lors que les éléments de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) Joseph Kony sont dispersés.

Tirant la conclusion de ces opérations, Joseph Kabila s'est voulu on ne peut plus clair : " On fera tout pour que ces engagements soient respectés ", dixit Joseph Kabila.

Réagissant à une question relative à l'absence du Chef d'Etat major des FARDC dans la signature de l'accord conclu entre le Rwanda et la RDC, le président de la République a indiqué que ce processus avait été initié au moment où le chef d'Etat-major n'était pas là. " Ce processus avait été initié avant l'avènement de l'actuel chef d'Etat-major général des FARDC par l'inspecteur général de la Police nationale congolaise, John Numbi. Et c'est lui qui a été désigné pour signer cet accord ", dixit joseph Kabila

L'extradition de Laurent Nkunda

La question de l'arrestation et de l'extradition du général dissident Laurent Nkunda a figuré également au centre de la conférence de presse de Joseph Kabila. Actualité oblige ! Le président de la République a fait remarquer que l'arrestation de Laurent Nkunda n'était qu'une étape dans le processus de pacification du Congo oriental. A la question de savoir si l'extradition du général Laurent Nkunda est une chose prévue et imminente, Joseph Kabila répond sans hésitation : " La réponse est Oui ! Mais vous devez savoir que c'est un processus politique et diplomatique sur lequel on travaille ". Il a de ce fait confirmé l'arrestation du général Laurent Nkunda au Rwanda sans trop de commentaires. Joseph Kabila a aussi réfuté les informations faisant état du marchandage entre Kinshasa et Kigali pour l'arrestation de Nkunda. "

C'est faux. Cette arrestation est le fruit d'un accord signé entre les deux pays. L'objectif que nous poursuivons c'est de ramener la paix, la sécurité et la stabilité sur toute l'étendue de la province du Kivu. Avant d'ajouter que les problèmes posés par le CNDP ne peuvent pas être résolus sans trouver des solutions à l'existence des FDLR.

S'agissant du général Bosco Ntaganda du CNDP réclamé par la Cour pénale internationale (CPI), le Chef de l'Etat a privilégié l'option levée destinée a ramener, la sécurité et la stabilité dans l'Est du pays. Il a écarté pour le moment toute idée contraire pouvant mettre en cause la position du gouvernement congolais.

Parlant de cinq chantiers de la République, le Chef de l'Etat s'est refusé à dresser un bilan pour l'heure. Il a toutefois déclaré qu'il était impatient dès lors que les travaux en cours n'ont pas encore atteint la vitesse de croisière. " je ne ferai pas le bilan à ce stade. Les travaux sont en cours à travers le pays. le bilan je le ferai certainement d'ici le mois de mars et avril prochains ", a-t-il soutenu. Le président de la République, s'exprimant sur la crise financière internationale, a déclaré que le pays n'était pas à l'abri de ce désastre économique. Pour faire face à cette crise, le Chef de l'Etat propose la réduction des dépenses de l'Etat et de train de vie des officiels. " Vous remarquerez que depuis quelques temps, je ne voyage plus beaucoup. Chaque voyage du président de la République et de sa suite coûte excessivement cher. Trois cents à quatre cents mille dollars par voyage. Dix voyage font quatre millions de dollars. De quoi construire quinze écoles.

Autre remède proposé par le chef d'Etat pour faire face à la crise financière c'est la diversification de l'économie, par la mécanisation et la modernisation de l'agriculture, en vue d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. " Le développement de l'agriculture nous permettra de réaliser l'autosuffisance alimentaire et de réduire nos importations et d'accroître nos exportations ", a conclu Joseph Kabila.

Répondant à la question relative à l'exploitation des richesses communes par le Rwanda et la RDC, Joseph Kabila a affirmé qu'il n'existe pas de richesses communes à exploiter entre les deux pays " Il n'y a pas de richesses communes à exploiter entre le Rwanda et la RDC. Il y a du gaz méthane dans le lac Kivu, et le Rwanda, de son côté l'exploite déjà. Même avec l'Ouganda, l'exploitation commune du pétrole n'est pas encore effective sur le lac Albert ", a-t-il conclu

source : l'observateur/kinshasa