La crise est désormais inévitable entre l’AMP et ses partenaires. S’il est toujours possible de sauver les meubles, ce compromis ne pourrait intervenir que dans le respect de l’identité de chaque partenaire. C’est la démarche entreprise par l’UDEMO en sollicitant une concertation avec l’AMP. Dans l’hypothèse où ce dialogue échouait, l’UDEMO n’exclut pas la possibilité de tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Au vu de son dernier communiqué, l’UDEMO n’est plus dans le schéma de l’AMP.

La coalition AMP-PALU-UDEMO vit les moments déterminants de son alliance. En effet, la décision de l’AMP de renouveler le Bureau de l’Assemblée nationale, si elle peut se justifier au plan interne de cette plate-forme, elle suscite néanmoins de nombreuses interrogations dans les rangs de ses alliés. A ce sujet, l’UDEMO, dans un communiqué de presse publié dans ces mêmes colonnes, privilégie la concertation dans l’intérêt supérieur de la nation. Mais surtout dans le cadre de bons rapports entre alliés.

En effet, l’UDEMO s’indigne du fait d’avoir appris cette décision portant démission des membres du Bureau de l’Assemblée nationale par voie de presse. Ce qui constitue un manque d’élégance et de considération politiques entre partenaires politiques. Néanmoins, l’UDEMO qui entend consolider les bons rapports entre partenaires, s’est empressée d’inviter l’AMP, par le biais de son secrétariat exécutif, à une concertation pour harmoniser les points de vue. C’est le résultat de cette concertation qui était attendu par les observateurs intéressés à la situation qui prévaut au sein de cette coalition.

Respect des accords, respect des règlements

Malheureusement, les choses n’ont pas évolué positivement. Tard dans la soirée, le Bureau politique de l’UDEMO s’est réuni. Pour ne pas être pris au dépourvu, cette rencontre avait pour objectif d’apprécier en toute sérénité la situation générale du pays. Mais surtout ce feuilleton créé par l’AMP et toutes les conséquences qui pourraient en découler.

Consciente que cette crise susceptible de déboucher sur des conséquences imprévisibles, le Bureau politique de l’UDEMO a décidé de s’assumer et de réagir en conséquence. Dans les couloirs de ce parti politique, l’on affirme que l’on est respectueux des accords conclus entre différents partenaires et de les respecter en toute responsabilité politique.

Dans les coulisses de ce parti, l’on affirme également qu’autant l’UDEMO est respectueux des accords conclus avec les partenaires, autant l’attitude de l’UDEMO sera dictée par le respect de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ce, par respect du souverain primaire pour éviter de porter le chapeau d’une nouvelle crise, d’où qu’elle vienne.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que tout peut désormais arriver au sein de l’AMP et ses alliés. Mais la question fondamentale est celle de savoir à qui profite cette crise au sein de la majorité présidentielle ? Y aurait-il des pyromanes au sein de cette plate-forme pour que l’on soit incapable de circonscrire cette crise qui, somme toute et qu’on le veuille ou pas, aura des répercussions sur toutes les institutions nationales. Si l’UDEMO se met à l’écart, il est évident que l’on essaiera de l’isoler au sein des autres institutions. C’est une éventualité à ne pas écarter.

Certes, en des circonstances pareilles, l’on s’adonne à des calculs politiques, jusqu’à minimiser quelques détails. Mais en politique, il est une erreur d’être trop sûr de soi. Un moindre détail négligé pourrait s’avérer catastrophique. Seuls l’AMP et ses alliés sont à même d’apprécier toutes les observations de manière à ménager la monture afin d’aller plus loin. Demain déjà, c’est 2011.

Encadré

Décision du Bureau politique

Faisant suite à sa réunion du 28 février 2009, le Bureau politique de l'UDEMO s'est retrouvé ce 03 mars 2009 autour du Président national du parti, l'Honorable Mobutu Giala, pour évaluer la situation provoquée par l'invitation du Comité Politique de l'AMP du 27 février 2009 par voie de presse à clarifier, avec le PPRD, sa position sur la question du changement des membres du Bureau de l'Assemblée nationale.

Ainsi l'UDEMO rappelle que :

1. Le 28 février 2009, l'UDEMO a invité l'instance compétente de l'AMP à une rencontre de concertation sur le sujet pour le lundi 02 mars 2009.

2. N'ayant pas répondu à la date de la rencontre programmée, l'UDEMO a renouvelé son invitation à une date de la convenance de l'AMP. L'AMP n'a pas réagi ; une fois de plus, à cette deuxième invitation.

3. l'UDEMO n'étant pas membre de l'AMP mais plutôt son partenaire de coalition constate après analyse que la question à l'origine du remplacement des membres du Bureau de l'Assemblée nationale relève d'une appréciation interne à l’AMP De ce qui précède, malgré l'évaluation plus que positive de l'action de notre représentant au sein du bureau de l'Assemblée nationale, vu le climat actuel, l'UDEMO décide :

- De retirer son représentant du Bureau de l'Assemblée nationale et en conséquence lui demande de présenter sa démission le 16 mars 2009 en se conformant aux dispositions y relative du Règlement Intérieur de l'Assemblée nationale et aux usages parlementaires.

- De ne pas être partie prenante au Bureau de l'Assemblée nationale constituée suivant le schéma en cours.

Fait à Kinshasa, le 03 mars 2009

Président national

Honorable Mobutu Giala Kasa Albert Philippe

Député national