Assemblee_nat_bureauCette question a suscité un long débat contradictoire et très passionné entre les députés de l'Alliance de la majorité présidentielle (Amp) et ceux de l'opposition au cours de la plénière de l'Assemblée nationale, présidée hier jeudi 2 avril par Vital Kamerhe, président démissionnaire.

Pour les premiers, c'est-à-dire les députés de l'Amp, cette élection doit être organisée par une commission spéciale et non par le bureau sortant. Le député de l'Amp qui a proposé cette option qui, du reste, a été appuyée par ses collègues de cette famille politique au pouvoir, dit craindre dans le chef des membres du bureau sortant, d'influencer l'élection dans la mesure où, a-t-il avancé, certains d'entre eux pourraient se présenter comme candidats.

Mais l'option a été rejetée par l'ensemble des députés de l'opposition, voire même certains parmi ceux de la majorité Amp qui ont démontré que cela est contraire à ce que prescrit la Constitution.

Ayant obtenu la parole pour intervenir sur cette question, l'honorable Delly Sesanga, juriste chevronné et président de la commission politique, administrative et juridique de l'Assemblée nationale (PAJ) a démontré, en s'appuyant sur la Constitution, que le pouvoir d'organiser l'élection d'un nouveau bureau incombe bel et bien au bureau sortant et non à une quelconque structure. Il a invité les députés à ne jamais marcher sur les textes qui régissent le fonctionnement des institutions.

Mais malgré les arguments avancés par l'honorable Sesanga qui a été appuyé dans ce sens par beaucoup d'autres éminents juristes que compte la chambre basse, l'Amp a donné l'impression de s'accrocher sur sa position.

Cette attitude a été largement condamnée par un grand nombre des députés parmi lesquels le patriarche Nsinga Udjuu qui ont indexé le comportement de l'Amp, le qualifiant de haine et d'acharnement sur la personne de Vital Kamerhe.

Celui-ci pour sa part, s'est déclaré choqué et étonné par l'attitude de la majorité. Une fois encore, Kamerhe qui a voulu apaiser les esprits a fait savoir qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession mais qu'il tenait à rester sur la logique des textes réglementaires.

Aussi, face au blocage constaté, un député de l'Amp a proposé à Kamerhe de suspendre la plénière afin de consulter les groupes parlementaires pour un éventuel compromis. Cette proposition a été adoptée et 48 heures ont été accordées.

L'autre point important inscrit à l'ordre du jour de la plénière d'hier était relatif à l'affaire de 1 500 000 USD destinés aux administratifs de l'Assemblée nationale, mais qui ne sont toujours pas arrivés à destination.

Une commission d'enquête sera constituée pour apporter la lumière sur cette question épineuse

source : l observateur