drapeauTout est bien qui finit bien. La cérémonie d’installation du nouveau bureau de l’Assemblée nationale s’est déroulée conformément au calendrier établi. Vital Kamerhe a passé le marteau à Evariste Boshab comme président de l’Assemblée nationale. « Je place le mandat de mon bureau sous le signe du renouveau du travail parlementaire avec obligation des résultats des contrôles parlementaires », a déclaré le nouveau président de l’Assemblée nationale. Le professeur Evariste Boshab vient d’annoncer ses couleurs.

Une page vient d’être tournée à l’Assemblée nationale après quasiment deux mois de suspense. Hier lundi, conformément au calendrier établi, après la victoire écrasante de la coalition AMP-Palu et alliés lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale, la cérémonie de passation de pouvoir a bel et bien eu lieu à la Chambre basse du Parlement. Vital Kamerhe, président sortant, a solennellement remis le « marteau », symbole du pouvoir à l’Assemblée nationale, au Professeur Evariste Boshab, président entrant.

A deux ans de la fin de cette législature, il s’agit là d’un moment important de cette institution. Le changement intervenu devra avoir pour objectif de préserver les acquis des élections de 2006. Particulièrement la paix, la sécurité et surtout la stabilité des institutions nationales. Passé le moment d’euphorie, l’heure est au travail pour soutenir la crédibilité de l’Assemblée nationale.

OBLIGATION DES RESULTATS

Dans son discours de prise de fonction, le professeur Evariste Boshab s’est voulu rassembleur. « Je suis le président de tous les députés », a-t-il déclaré d’entrée de jeu. Mais il s’est empressé de mettre un accent particulier sur le sens de responsabilité avant d’affirmer sa détermination de « garantir un espace d’un débat démocratique, de travailler, main dans la main, mais dans le respect mutuel d’un chacun ». Aussi, a-t-il proposé d’instituer un «Pacte» pour la consolidation de la démocratie au sien de l’Assemblée nationale.

C’est dans ce contexte qu’il a annoncé qu’il plaçait son mandat, celui de son bureau « sous le signe du renouveau du travail parlementaire », afin que l’Assemblée nationale soit compétitive et coopérative. Dans le même ordre d’idées, il s’est engagé, au nom de son bureau et avec le concours de tous les députés, à accélérer les différentes réformes dans les domaines de l’Administration publique, de l’Armée et de la Police, sans oublier l’attention à accorder aux arriérés législatifs dans le but d’étoffer l’arsenal juridique. Entre ces faits, il s’engage à sauvegarder la dignité du député.

Parlant des méthodes de travail, il a promis de repenser le temps législatif avant d’annoncer l’introduction d’une « Semaine parlementaire et l’installation d’un Comité d’évaluation des contrôles parlementaires ». Aussi, s’est-il engagé à systématiser ces contrôles avant d’inviter les députés à l’obligation des résultats. Partant, l’Assemblée nationale entend ainsi aider le gouvernement à requalifier la gestion de ses actions, à réajuster sa vision, a-t-il insisté. En conclusion, a-t-il exhorté tous les députés nationaux, à faire de « la grandeur du Congo » leur suprême loi.

L’HEURE DE « L’UNION SACREE » A SONNE

Auparavant, présidant la plénière de l’Assemblée nationale pour la dernière fois, Vital Kamerhe s’est attardé longuement sur le bilan des 28 mois d’existence de cette institution. Il a énuméré les actions positives accomplies au cours de ce temps, notamment dans l’adoption et le vote des lois avant de s’attarder sur les réformes à prendre dans les différents domaines de la vie nationale. Il a souligné la nécessité de la mise en oeuvre de ces réformes en vue de donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement. Bien sûr que le président sortant a regretté le non respect des recommandations et résolutions émises par l’Assemblée nationale au terme des interpellations, questions orales et écrites.

Devant ce bilan qui souligne toute la détermination de tous les députés à aller de l’avant, Vital Kamerhe a souhaité vivement la création de la « famille parlementaire » pour renforcer cette tendance progressiste. C’est ainsi qu’il s’est attardé sur « le rôle du député national et la démocratie ». Il a relevé que tout au long de ses fonctions, il a œuvré pour les valeurs démocratiques et la recherche permanente de la démocratie. Il s’est fixé comme objectifs de faire de l’Assemblée nationale le creuset de la démocratie doublé de l’oxygène d’un débat libre. Qu’il s’est engagé à préserver les acquis des élections de 2006 pour ne pas tomber dans les erreurs du passé caractérisées par l’instabilité des institutions, des crises politiques, des rébellions, et des guerres d’agression. « L’heure de l’Union sacrée des intelligences et de l’élite congolaise a sonné », a déclaré avec force Vital Kamerhe.

Il a dénoncé le vrai danger de la République qu’est le laxisme, le manque de rigueur. Aussi, a-t-il souhaité plein succès au nouveau bureau qui n’a pas droit à l’erreur. « Ce jour, en ce qui me concerne, est un jour de fête et de méditation. Je vous convie donc à partager la joie des heureux élus et de méditer avec eux sur les nombreux défis que nous sommes appelés à relever ensemble jusqu’ à la fin de notre législature. Car leur succès sera celui de notre institution et de notre peuple ici représenté », a-t-il souligné.

Kamerhe demande pardon à Kabila

L’un des moments de l’intervention de Kamerhe au cours de cette cérémonie de prise de fonction du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, a été sans conteste ce geste d’humilité du président sortant de cette institution. En effet, et avant toute chose, Vital Kamerhe a tenu à s’humilier.

Il a présenté ses excuses à tous les députés, à tous ceux qui, de loin ou de près, se sont sentis gênés, blessés par ses propos ou son attitude, de vouloir bien accepter ses excuses. Car Vital Kamerhe s’est empressé de souligner qu’il ne voudrait, après son départ, de laisser des frustrations. Il a également accepté d’accorder son pardon à tous ceux qui ont eu des propos durs à son égard : « A ceux croient m’avoir vexé, qu’ils aient tous l’assurance de mon sincère pardon ».

Mieux, Vital Kamerhe s’est adressé particulièrement au chef de l’Etat : « Au président de la République, chef de l’Etat, je demande aussi pardon si jamais il s’est senti offusqué par mon comportement. Je lui renouvelle ici et de manière solennelle mon profond respect ».

Propos de profonde humilité. Attitude responsable d’un homme d’Etat.

Source : le Potentiel/Kinshasa