MuzitoDevant les membres du Gouvernement, les Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques, Adolphe Muzito a dévoilé hier, à la primature, son plan d’urgence de stabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo. Axé sur trois composantes : Sécuritaire, Humanitaire et Economique, ce plan vise entre autres la consolidation des acquis des opérations contre les FDLR et LRA, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la sécurisation des populations civiles, l’intégration des déplacés et réfugiés et la relance économique à l’Est. Il coûtera, au total, US$ 1.215.923. US$ dont 425.307 sont disponibles contre US$ 790.616 à rechercher. Adolphe Muzito engage l’honneur de son Gouvernement à relever ce défi, avant de se consacrer, sur le même élan, aux autres parties de la République confrontées, elles aussi, à des multiples et complexes calamités. Adolphe Muzito a présenté hier le Programme de Stabilisation et de Reconstruction des Zones sortant des conflits armés. Ça s’est passé à l’Hôtel du Gouvernement, en présence des membres du Gouvernement, Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques, Représentants des Institutions multilatérales accrédités en République Démocratique du Congo. Elaboré par les experts congolais et des partenaires intéressés, ce plan tient à stabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo en améliorant l’environnement sécuritaire et en restaurant l’autorité de l’Etat dans les zones autrefois contrôlées par les groupes armés, en facilitant le retour et la réintégration des personnes déplacées et réfugiées, et en accélérant la relance des activités économiques. Ce plan, faut-il le préciser d’emblée, s’inscrit en droite ligne des missions assignées à Muzito I par le Président de la République, Joseph Kabila Kabange. Développé pour une période de 6 mois, soit de juin à décembre 2009, ce plan, qualifié d’urgence, est réalisé à partir d’une cartographie des initiatives et interventions déjà en cours sur le terrain, principalement celles envisagées dans le cadre du plan de stabilisation initié en 2008 avec l’appui de la Monuc pour les provinces du Nord et Sud-Kivu ; le programme Amani ainsi que les initiatives similaires de stabilisation et de pacification appuyées par les partenaires au développement dont l’Allemagne, la coopération britannique, le Pnud etc. Couverture Trois composantes essentielles constituent l’ossature de ce plan d’urgence, à savoir : la composante sécuritaire, la composante humanitaire et sociale et celle de la relance économique. Les zones à couvrir par ce plan sont le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et le Tanganyika. Matrice des ressources La composante sécuritaire qui poursuit trois objectifs prioritaires, notamment la consolidation des acquis des opérations contre les Fdlr, la LRA et les autres groupes armés ; le parachèvement de l’intégration des éléments FARDC et Groupes armés et le rétablissement de l’autorité de l’Etat, a besoin de US$ 261.786 ; US$ 56.619 sont disponibles tandis que US$205.167 sont à rechercher. La composante Humanitaire et Sociale qui vise à faciliter le retour volontaire des réfugiés congolais et personnes déplacées internes ; la réinsertion des déplacés et rapatriés ainsi que la protection de la population civile a besoin de US$ 482.439 ; US$ 249.676 sont disponibles tandis que US$ 232.763 sont à rechercher. Enfin, la composante relance économique qui tient à rétablir les conditions d’activité économique, à harmoniser les relations économiques dans la sous-région des Grands Lacs exige US$ 471.698 ; US$ 119.012 sont disponibles contre US$352.686 à rechercher. Au total, le plan coûtera US$ 1.215.923. US$ 425.307 sont disponibles contre US$ 790.616 à rechercher. L’obligation des résultats Devant l’obligation des résultats tangibles et rapides qu’exige le Président de la République qui, d’ailleurs, accorde une grande attention à ce plan, Adolphe Muzito se détermine à relever le défi de la stabilisation de l’Est de la RDC, un engagement qu’il avait souscrit devant la représentation nationale, au moment de l’investiture de son équipe Gouvernementale. ‘‘Si nous réussissons, et j’engage l’honneur de mon gouvernement à relever ce défi, nous serons en droit de reproduire cette expérience dans d’autres parties du territoire’’, a déclaré Adolphe Muzito. La Pros. Mot d’Introduction de S.E. Monsieur le Premier Ministre à la cérémonie de présentation du document final du Programme de stabilisation/Reconstruction des Zones sortant de conflits armés Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques ; Mesdames, Messieurs les Représentants des Institutions multilatérales ; Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames, Messieurs ; A sa constitution, le Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger avait reçu de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, trois missions, à savoir : i) la fin de la guerre à l’Est du pays, la consolidation de la paix et la refondation de l’Etat ; ii) la stabilisation du cadre macroéconomique et la reconstruction du pays par la mise en œuvre des cinq chantiers de la République ; iii) l’amélioration des conditions sociales de la population grâce à l’accès aux services sociaux de base de qualité. Ces trois missions sont étroitement liées. La paix est une condition incontournable à la stabilité macroéconomique qui, elle-même, conditionne de manière directe l’obtention des résultats tangibles en matière d’investissements publics et d’amélioration des indicateurs de développement humain. Les missions assignées à mon Gouvernement sont certes difficiles, mais de leur accomplissement dépendent deux facteurs importants : le renforcement de l’unité nationale et, grâce à elle, la mobilisation des énergies nationales pour le grand effort de reconstruction. Dans cette initiative difficile, mais nécessaire, la stabilisation des zones affectées par les conflits armés est l’une des priorités assignées par le Président de la République à mon Gouvernement. Excellences, Mesdames, Messieurs Il y a deux mois, dans le strict respect des principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, je vous ai conviés, sous le leadership du Gouvernement, à l’exercice de formulation d’un plan d’urgence de stabilisation et de reconstruction des zones sortant de conflits armés, particulièrement dans la partie Est du pays. Je voudrais ici saluer l’esprit de coopération franche qui a caractérisé les travaux au niveau technique. Les experts du Gouvernement et ceux de tous nos partenaires intéressés à cette initiative, ont travaillé d’arrache-pied et de la manière la plus positive, à développer les plans opérationnels qui devraient permettre de consolider les acquis des opérations militaires et diplomatiques dans les zones concernées. Tout en saluant cet esprit de partenariat, je voudrais solliciter auprès de vous, Ambassadeurs, Chefs de missions diplomatiques, Représentants des institutions multilatérales, la confirmation de l’accompagnement politique de ce programme. Excellences, Mesdames, Messieurs, La restauration de la paix dans ces zones, le rétablissement de la seule autorité de l’Etat, et le renforcement, grâce à cette autorité de l’Etat, des initiatives et des compétences communautaires et des activités économiques saines, sont les buts ultimes visés. Je salue les efforts de beaucoup de partenaires ici présents dans ces régions sur les questions sécuritaires, humanitaires et de relance économique sur lesquelles le programme est concentré. Mais, il nous faut plus d’efficacité, car ce qui compte le plus, pour toute la population congolaise, c’est les résultats. C’est pour ce même souci de résultats tangibles et rapides que le Chef de l’Etat, qui accorde à ce programme une particulière attention, a décidé que soient intégrés dans un même cadre, toutes les initiatives nationales et autres qui ont vu le jour depuis plusieurs mois. Le Chef de l’Etat, nous invite donc à produire rapidement des résultats en termes d’amélioration des conditions de sécurité, d’assistance aux personnes déplacées, de leur réinsertion sociale et de relance économique. Les populations dans ces régions exigent des résultats concrets et immédiats. Elles ont le droit d’être exigeantes. Car leurs conditions d’existence précaires n’ont que trop duré. Excellences, Mesdames, Messieurs, Je voudrais que nous relevons le défi de la stabilisation de la partie Est du pays, avec les moyens que nous aurons mobilisés ensemble, et les choix que nous aurons assumés ensemble. Si nous réussissions, et j’engage l’honneur de mon Gouvernement à relever ce défi, nous serons en droit de reproduire cette expérience dans d’autres parties du territoire. De cette manière, nous aurons appris, en programmant ensemble, en exécutant et en coordonnant ensemble, à traduire nos vœux en réalité, nos discours en actes. Je vous invite à relever ce défi aussi parce que, la taille de la République Démocratique du Congo, j’en suis convaincu chaque jour davantage, appelle de nouvelles approches de développement. Je souhaite qu’aujourd’hui, nous commencions à expérimenter ces nouvelles approches à travers la mise en œuvre effective de ce Programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant de conflits armés. Je vous remercie. Programme de Stabilisation et de Reconstruction des Zones sortant des conflits armés 1. Cadre Stratégique L’objectif global du plan est de ‘‘stabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo en améliorant l’environnement sécuritaire et en restaurant l’autorité de l’Etat dans les zones autrefois contrôlées par les groupes armés, en facilitant le retour et la réintégration des personnes déplacées et réfugiées, et en accélérant la relance des activités économiques’’. Ce plan d’urgence développé pour une période de 6 mois, soit de juin à décembre 2009, est construit à partir de la cartographie des initiatives et inventions déjà en cours sur le terrain, principalement celles envisagées dans : - le cadre du plan de stabilisation initié en 2008 avec l’appui de la Monuc pour les provinces du Nord et du Sud Kivu ; - le programme AMANI, et - les initiatives similaires de stabilisation et de pacification appuyées par les partenaires au développement ( Allemagne,DFID,PNUD,etc.) Le plan comprend trois composantes : - sécuritaire ; - humanitaire et sociale, et de - relance économique. Les trois composantes s’emboîtent dans un schéma d’ensemble qui se décline comme suit : - le maintien et la consolidation de la sécurité sont les préalables indispensables à la résorption des déficits humanitaires et à la reconstruction des tissus économiques et sociaux ; - la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’harmonisation des relations économiques transfrontalières dans le cadre de circuits formels et contrôlés sont les facteurs déterminants de la rupture du cycle de violences et de l’instabilité dans la partie Est du pays. Le plan couvre le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, l’Ituri, le Nord Kivu, le Sud Kivu, le Maniema et le Tanganyika. Composante sécuritaire La composante sécuritaire comprend des actions visant : 1. la consolidation des acquis des opérations dans les zones libérées et des accords conclus par le gouvernement avec les groupes armés de la région en : - consolidant les dispositifs des FARDC mis en place à l’Est de la Rdc ; - renforçant les capacités opérationnelles des FARDC dans ces zones -évitant la résurgence des groupes armés ; -prévenant les exactions contre les populations civiles ; -assurant le paiement régulier des éléments des FARDC et de la PNC et leur logement temporaire ; -restaurant l’autorité de l’Etat par le déploiement du personnel policier, judiciaire, pénitentiaire et de l’administration civile ; 2. le parachèvement de l’intégration de l’intégration des éléments FARDC et Groupes Armés, des activités DDR et de réinsertion communautaire ; 3. la mise en place d’un mécanisme de contrôle des ressources minières et forestières pour éviter leur exploitation illégale par des groupes criminels ; Composante humanitaire et sociale La composante humanitaire et sociale comprend des actions et mesures d’encadrement visant, sur la base de l’implication totale des gouvernements provinciaux et des communautés de base : 1. l’aide au retour volontaire des réfugiés Congolais et des personnes déplacées internes ; 2. leur insertion socioéconomique ; et 3. la protection des populations civiles. Composante Relance économique La composante Relance économique comprend des actions visant : 1. le rétablissement des conditions d’activité économique viables (réhabilitation des infrastructures routières, relance des secteurs économiques vitaux : agriculture, élevage, petite industrie…) ; 2. la mise en place des projets intégrateurs de la sous- région afin d’harmoniser les relations économiques dans le cadre des circuits formels et contrôlés, à travers notamment la relance de la CEPGL. 2. Mécanismes de coordination La coordination de la mise en œuvre du plan est assurée par : • Au niveau central : Sous la haute autorité du Président de la République, un Comité de Pilotage présidé par le Premier Ministre et composé de Vice- Premier Ministre, Ministre de la Défense, du Ministre de l’intérieur, du Ministre du Plan, Ministre de la Justice, Ministre des Finances, du Ministre de la coopération Internationale et Régionale, du Coordonnateur du programme de stabilisation, et de Reconstruction des zones sortant des conflits armés ( STAREC/ZSCA), de représentants des partenaires bi/multilatéraux • Au niveau provincial : Un comité technique conjoint composé du Gouverneur de province ou de Commissaire de District, du Chef Provincial de la MONUC, et d’un représentant des partenaires extérieurs opérant dans la zone • Au niveau technique : des comités sectoriels de suivi sont chargés de préparer les plans opérationnels détaillés des actions prioritaires identifiées et d’assurer le suivi de leur mise en œuvre, y compris le développement projets à soumettre au panier commun de financement.

Source : La Prosperité/Kinshasa