FARDC_familleDans ces mêmes colonnes, nous avons eu à stigmatiser et à condamner les saucissonnements et l'aliénation du patrimoine public de l'Etat par nous-mêmes les Congolais, à commencer par nos dirigeants. A ce propos, nous avons parlé, entre autres, de camps militaires dans lesquels et/ou autour desquels poussent, à présent comme des champignons, des cités et des quartiers commerciaux. Nous avons pris ici l'exemple du camp militaire de Kibomango, dans la banlieue-est de Kinshasa, dont une bonne partie, selon les informations disponibles, est déjà envahie par des malins. Malins inconnus, selon les mêmes informations, du ministère de la Défense nationale, de celui des Affaires foncières, de la ville de Kinshasa. Même des chefs coutumiers du coin, généralement suspectés par l'opinion nationale dans ce genre de magouille.

Nous avons évoqué également, dans la foulée, le cas, tout aussi préoccupant, de nos établissements d'enseignement, tous secteurs confondus. En effet, à l'instar des camps militaires, ces établissements perdent, chaque jour, leur patrimoine foncier au profit des mêmes malins, parmi lesquels l'on compte des autorités politico-administratives de ceux-ci. Ce vandalisme dans les rangs de l'élite nationale nous a conduit à nous poser la question suivante : cette manière d'agir est-elle vraiment la meilleure que nous avons trouvée pour assurer la grandeur de ce pays, ainsi que nous le chantons matin, midi, soir dans notre hymne national ?

Notons que le passage qui précède celui dans lequel nous nous engageons à assurer à notre pays cette grandeur proclame un autre engagement :celui de peupler le sol du même pays. Avouons donc qu'il y a une immense contradiction entre nos actes et ces deux engagements sacrés. D'abord, l'histoire ne connaît, jusqu'à preuve du contraire, aucun pays qui est devenu grand, libre et prospère sans une armée forte, saine de corps et d'esprit. Du moment que, ostensiblement et gaillardement, nous refusons donc à cette armée le droit d'avoir droit à un patrimoine foncier où elle peut vivre décemment et tranquillement, être formée et organiser ses loisirs, de génération en générations, nous faisons tout sauf travailler à la grandeur de cette République démocratique du Congo que nous prétendons chérir tant. Et pour laquelle, prétendons-nous toujours, nous sommes prêts à mourir ; quoi qu'il en soit et quoi qu'il en coûte.

S'agissant du peuplement de cette même Rdc, il nous semble, sauf erreur de notre part, que nous devrions savoir, avant toute chose, que l'acte qui donne la vie est et demeure un acte librement consenti- sauf dans des cas malheureux où la volonté humaine est mise à rude épreuve- et d'amour. Cela veut dire que les enfants que nous appelons au monde viennent pour être aimés et aidés dans tout le processus de leur autoréalisation et de leur épanouissement.

En conséquence, si réellement nous les aimons et voulons qu'ils grandissent pour la patrie, nous devrions, croyons-nous, être les premiers à être attentifs à l'héritage que nous leur laissons. En faisant en sorte naturellement que celui-ci soit le plus abondant et le plus remarquable possible. Un des éléments de cet héritage se trouve être incontestablement un secteur éducationnel robuste et, année après année, amélioré et compétitif.

Parmi les dirigeants congolais qui ont le mieux compris cela et qui s'efforcent, du mieux qu'ils peuvent, de le concrétiser dans les actes, il y a, selon nous, le gouverneur Mbatshi Batshia. En effet, on peut l'aimer ou ne pas l'aimer, le gouverneur du Bas-Congo a posé, par rapport à cette question qui nous occupe et nous préoccupe à la fois, un acte inédit marqué au coin d'un patriotisme et d'une responsabilité rares que, dans ce pays, beaucoup d'entre nous devraient lui envier.

A défaut de se dépasser pour faire et se comporter comme lui. Selon les informations diffusées au début de cette semaine, le gouverneur Mbatshi est en train de construire des maisons, pour les militaires, dans le camp militaire de Matadi.

Pour nous, peu importent la quantité et la qualité de ces maisons. Ce qui compte et force autant notre admiration que notre respect, ce sont la symbolique du geste et le geste lui-même : Mbatshi agit autrement que beaucoup d'entre nous. Alors, puisque, comme les autres, il ne s'est pas attribué ce camp pour en faire une cité et un quartier commercial pour lui-même et ses amis, puisque le bien doit être encouragé, célébré et sublimé, bravo Mbatshi Batshia.

Source : l'observateur