kinsukaLe déblocage par la Banque africaine de développement (BAD) de 6 millions de dollars en vue du lancement des études pré-faisabilité du pont rail-route entre les deux rives du fleuve Congo a suscité de nombreuses réactions dont celle du député national, élu de Kasangulu J.C Vuemba.

Toujours dans ce cadre, il compte organiser le mercredi à Matadi, une grande manifestation des forces vives de la province. Au cours de cette manifestation qui aura comme point de chute le gouvernorat du Bas-Congo, Jean-Claude Vuemba et certains députés nationaux dont Lisanga Bonganga, Gustave Omba, Serge Amuri… vont déposer un mémorandum à remettre au président de la République et non au président en exercice de la CEEAC.

A suivre J.C Vuemba, ce mémo fera part au chef de l'Etat des griefs formulés par eux pour refuser, pour l'instant, le lancement entre les deux rives du fleuve Congo (Kinshasa-Brazzaville) du pont rail-route. " Nous sommes des panafricanistes. Nous ne refusons pas en réalité le lancement de ce pont. Mais il devra se faire à armes égales ", dira J.C Vuemba. Pour lui, le plus loin qu'on puisse remonter dans l'histoire récente de nos deux pays, nos frères d'en face ont toujours refusé le lancement de ce pont. Si aujourd'hui, il y a accord, c'est parce que le port de Pointe Noire par rapport à Boma et Matadi est devenu plus compétitif et plus attractif. Matadi et Boma étant les ports les plus chers du monde avec une infrastructure portuaire plus qu'obsolète. Combattre en armes égales pour J.C Vuemba, c'est activer la construction du port en eau profonde de Banana. C'est à cette seule condition que l'on pourra accepter le lancement du pont sur le fleuve Congo.

En outre, le Bas-Congo intervient pour 35 % dans les recettes de l'Etat. Que gagne l'Etat congolais à signer son arrêt de mort et la descente aux enfers de la province du Bas-Congo en avalisant un tel projet ? A quoi aura servi alors la construction du pont Maréchal à Matadi se demande Jean-Claude Vuemba. Et lui d'ajouter " qu'un consortium internationale est prêt à matérialiser ce grand projet d'une importance économique et stratégique indéniable pour la RD Congo. Voilà pourquoi tous ceux qui se battent pour leur pourcentage et non pour le Congo doivent faire place nette. L'égoïsme rampant du corrompu doit cesser au Congo. Les investisseurs doivent retrouver la sérénité comme cela se vit dans les pays limitrophes de la RD Congo, comme le Rwanda, l'Ouganda, la Tanzanie, le Burundi, la Zambie, l'Angola et le Congo. Car l'investisseur est un gibier peureux ".

Le port de Banana sera aussi le signe indéniable de notre indépendance, dira encore JC Vuemba. Qu'arrivera-t-il si un conflit, comme celui qui a opposé le président Mobutu au commandant Marien Ngouabi, ressurgissait ? Alors que nous serons dépendant du port de Pointe-Noire où même le conflit du Pool d'il y a peu entre Congolais eux-mêmes. Qu'allons-nous faire ? Qu'allons-nous devenir s'est interrogé, encore une fois, J.C Vuemba.

La grève qui menace l'Onatra

Alors que la délégation conduite par J.C Vuemba se prépare à se rendre à Matadi pour la grande manifestation des forces vives contre le lancement du pont sur le fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville, on apprend qu'un mouvement de grève est prévu à l'Onatra. Les syndicalistes réclamant le paiement de 15 % restant des primes.

J.C Vuemba a lancé un appel pressant aux syndicalistes de l'Onatra pour qu'ils puissent surseoir le mouvement. Pour lui, les temps sont durs pour cette entreprise et les agents doivent le comprendre. Une grève ne ferait que le jeu des " charognards " qui n'attendent que des pareilles occasions. Il a promis de faire de son mieux pour amener toutes la parties en présence autour d'une table.

Ce énième mouvement de grève à l'Onatra qui aura des implications certaines sur les finances de la République peut avoir des conséquences désastreuses. Pour J.C Vuemba, les travailleurs de l'Onatra ne doivent pas faire le lit des " charognards ". Pour lui, le groupe Bolloré qui a vu le gouvernement confier la gestion des ports de Boma et Matadi au groupe espagnol Progosa tient à faire un bébé dans le dos à celui-ci. Il a rappelé, en outre, que ce groupe gère le port de Pointe-Noire et Lomé. Le pas est vite franchi pour comprendre que le pont sur le fleuve serait pain béni pour le groupe Bolloré qui pourra ainsi indirectement noyauter le groupe espagnol Progosa en asphyxiant les ports de Boma et Matadi. Comme on le voit, qu'on le veuille ou non, dans tout ce qui se fait, le député Vuemba demande aux agents et aux syndicalistes de préserver leur outil de travail et surtout de veiller à sa survie, à la renaissance de l'office. Les grèves à répétition sont une très mauvaise chose en cette période de crise, pour ne pas dire de basse conjoncture.

Source : Observateur/Kinshasa