MibaLa crise qui s’éternise à la Miba préoccupe autant les décideurs que les travailleurs. Malheureusement, «les solutions poudres aux yeux» ont davantage enfoncé l’entreprise. Le plan de vente de la cité Miba rentre dans la même logique que «le prêt Raw-Bank». Les travailleurs n’en veulent pas.

 

On ne le dira jamais assez, la relance des activitsé à la «Minière de Bakwanga» exige des moyens colossaux. Pas moins de 120 millions Usd. Prendre le risque de rééditer l’exploit du «prêt Raw-Bank» de 11 millions de dollars américains serait suicidaire pour la relance de la Miba.

La tutelle et les responsables de cette entreprise d’économie mixte entrevoient la possibilté de réaliser quelques actifs de la Miba, notamment la vente de maisons, affirment des sources syndicales. Les recettes escomptées, à en croire une source syndicale, s’éleverait à 20 millions Usd.

Quant à la haute direction, le PAD ad interim contactée a déclaré : «face aux difficultés, nous recherchons des solutions. Nous avons fait venir des experts pour évaluer les immeubles de la Miba ern vue de leur valorisation». Selon des sources, c’est l’agence Immoaf qui avait effectué la descente sur terrain pour l’expertise de ces maisons.

Alertés, les dirigeants de la Force syndicale congolaise «FOSYCO» ont rencontré le ministre des Mines le jeudi 17 septembre. Au menu : la crise de la Miba et de la Sengamines au regard de dernières promesses du Premier ministre ; l’intéressement au capital de l’agent Miba en contrepartie de sa dette salariale ; la position de la FOSYCO sur la vente de maisons et autres cessions du patrimoine Miba et enfin le dossier de 10.655 ex-agents Gecamines partant volontaires, notamment le cas des sinistrés en attente de rapatriement dans les milieux de leur engagement, sur instruction ministérielle.

Un mois après la visite des installations et les usines de la Miba et de la Sengamines, l’arrêt des activités de ces deux entreprises importantes de la province du Kasaï Oriental perdure.

A ce sujet, les hôtes du ministre Kabuelulu ont saisi cette occasion pour évaluer les promesses du Premier ministre en faveur de ces entreprises. Le ministre des Mines a rassuré que des dispositions sont déjà prises par le gouvernement pour assurer la relance, en occurrence sollicitér un découvert de 19 millions Usd dans une banque, en raison de cinq millions Usd. Un partenariat entre l’Etat et un actionnaire est en voie de finalisation pour la reprise des activités de la Sengamines. Le gouvernement a renchéri le ministre, projette de diversifier les exploitations de la Miba (Or de Luiza et Chrome et Nikel de Nkonko…).

LES SYNDIALISTES SONNENT L’ALERTE

A l’occasion, la délégation des syndicaliste a émis un avis négatif sur un plan de vente aux tiers des maisons des cités périphériques et celles de postes résidentiels de Mbujimayi. Le ministre des Mines a partagé cette vision. «Ce patrimoine ne doit être vendu qu’aux travailleurs comme cela a été le cas dans l’ensemble des sociétés de la République, notamment la Gecamines, l’Onatra, la SNCC…). Pourquoi en serait-il autrement pour la Miba ?», s’est exclamé un syndicaliste.

Les syndicalistes s’étonnent que des autorités gouvenementales aient pensé «vendre les habitations du personnel aux politiciens après avoir amené la société dans une série de dettes hypothétiques qui n’ont pas abouti au relèvement de l’entreprise». Ces mêmes autorités estiment que cette opération rapporterait environ 20 millions supplémentaires pour le compte du plan de relance, alors que des études ont prouvé que la relance de la Miba, dans son état de délabrement actuel, exigerait au minimum la mobilisation de 120 millions de dollars américains.

Quelle suite a-t-on réservé aux Protocoles d’accord conclus avec des banques sud-africaines, à savoir l’IDC et la DBSA. Pendant que les prêts de Raw-Bank et Emaxon n’ont pas résolu le problème. Pourrait-on en toute responsabilité proposer les mêmes remèdes inefficaces ? A moins que derrière la tête ne soient tramés des calculs inavouables tendant à renvoyer définitivement la Miba en enfer. La vente de maisons telle que projetée amènerait, en plus de difficultés actuelles, une aggravation des conditions de vie, non seulement des travailleurs mais aussi de la population de Mbuji-Mayi à la suite du déguerpissement forcé de familles des employés impayés.

Les syndicalistes et les travailleurs invitent le gouvernement, à travers la tutelle, à revenir à de bons sentiments, en reconnaissant les limites des solutions proposées et suivre la voie de la raison, réitérée à maintes reprises.

Il y va de la survie d’une entreprise prospère dans un passé récent et pourvouyeuse de fonds à la République pendant la période dificile. Il y va également de la survie d’une zone économique, celle du Kasaï.

LE DEMEMBREMENT EN MARCHE

Au final, l’objectif poursuivi par ceux qui étaient déterminés à dépécer la Miba est arrivé à maturation. Chacun, comme fustigé il y a deux années, prendra son morceau après certification des gisements.

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Source : le Potentiel/Kinshasa