AngolaLes villages Kata kangu et Mbata Yema, dans le territoire de Tshela situé à plus de 200 Kilomètres à l’ouest de Matadi sont vidés de leurs habitants depuis le samedi 17 octobre dernier. Ces villageois ont fui l’incursion des militaires de l’armée angolaise dans leur contrée, selon un responsable de l’Union des associations paysannes pour le développement endogène et communautaire

        La nouvelle de cette incursion est confirmée par l’administrateur du territoire de Tshela. Les soldats angolais sont entrés dans le village Kata Kangu dans la nuit du 17 octobre en fouillant toutes les habitations, a déclaré ce responsable de l’Unadapec a requis l’anonymat. Ces militaires ont affirmé aux villageois qu’ils étaient à la recherche des maquisards du Front de libération de l'enclave de Cabinda, FLEC, un mouvement rebelle angolais. Les soldats angolais, estimés à une vingtaine, étaient lourdement armés, a-t-il poursuivi. N’ayant trouvé aucun élément du FLEC, ces militaires se sont repliés dans la forêt environnant les villages de Kata Kangu et Mbata Yema en territoire congolais, a indiqué la même source. D’après ce responsable de l'Unapadec, ces militaires sont encore installés dans cette forêt. Prises de panique, les populations des villages Kata Kangu et Mbata Yema se sont refugiées dans les forêts et villages les plus éloignés. L’administrateur du territoire de Tshela , Charles Ilowa, qui a confirmé l'incursion des troupes angolaises, a indiqué avoir dépêché une équipe dans les forêts où sont refugiés les villageois de Kata Kangu et Mbata Yema pour les tranquilliser. Toutefois, il ne confirme pas l’information selon laquelle les militaires angolais sont encore dans les forêts du territoire congolais. Un rapport a été envoyé au gouverneur du Bas Congo pour solliciter un déploiement des éléments des Forces armées de la RDC dans les villages concernés, a ajouté l’administrateur du territoire de Tshela.

La nouvelle de cette incursion tombe au moment où Kinshasa s’apprête à accueillir le 14è sommet ordinaire de la CEEAC, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale. Le Président angolais Edouardo dos Santos ne fera pas le déplacement de Kinshasa, ont déclaré des sources proches de l’organisation de ce sommet, sans toutefois indiquer les motifs de cette absence. Congolais et Angolais ont encore frais à l’esprit la dernière escalade des expulsions mutuelles des ressortissants de ces deux pays. Près de 20 000 congolais sont retournés sur leur territoire contre près de 16 000 angolais retournés, selon les chiffres officiels livrés de deux cotés.

Source : Okapi/Kinshasa