carte_kIVUUne douzaine de maisons privées et des boutiques pillées systématiquement. Le centre d’intégration de Luberizi attaqué par des « assaillants », non autrement identifiés. Des coups de feu à la mitraillette et à l’arme lourde entendus à Kahungwa, dans les hauteurs de Sange où les « assaillants » sont traqués par les FARDC. Un « possible ralliement » FRF et FDLR évoqué. Le climat est tendu au Kivu.

 

La situation sécuritaire au Sud-Kivu paraît précaire, à l’analyse des nouvelles qui en proviennent. Des sources concordantes rapportent que « 12 maisons privées et des boutiques ont été pillées systématiquement par les assaillants juste après l’attaque du centre d’intégration de Luberizi par les Maï-Maï Kapopo ».

Elles signalent que, pendant leur retrait, les assaillants ont pris des civils comme porteurs des biens pillés et les ont emmenés vers les moyens plateaux en direction de Mulenge. « Des coups de feu à la mitraillette et à l’arme lourde ont été entendus à Kahungwa, dans les hauteurs de Sange où les assaillants sont traqués par les FARDC. Les agresseurs s’exprimaient en kinyarwanda et en swahili », précisent-elles.

« Pendant que le USG visitait Luberizi, plusieurs militaires FARDC exprimaient librement leur mécontentement par rapport à l’intégration, les salaires non versés et la discrimination en faveur des ex-CNDP. Certains se disaient prêts à prendre le maquis et à revenir prendre Luberizi », selon les mêmes sources.

Les Kapopo auraient attaqué le centre de Luberizi « pour avoir des armes, munitions et uniformes FARDC, continuer leur lutte et récupérer la plaine de Ruzizi », disant craindre un « possible ralliement FRF et FDLR ».

Leur chef aurait dit que « ses hommes, qui sont intégrés au camp de Luberizi, sont discriminés et sont là depuis longtemps sans rien faire, alors KImia 2 a cours ».

POSSIBLE COUP MONTE

 

Les attaques armées contre des populations civiles et des camps d’intégration militaires ont tout l’air d’un coup savamment monté.

« Les attaques contre les humanitaires, tels que meurtres, enlèvements, ainsi que les vols de véhicules et d’autres biens, ont augmenté drastiquement au Nord-Kivu. De janvier 2009 à nos jours, un total de 108 attaques contre les humanitaires a été enregistré dans la province, contre 105 attaques durant toute l’année 2008 », a stigmatisé récemment un communiqué du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

« Sur les 105 attaques contre les humanitaires signalées en 2008, moins de dix ont fait l’objet d’enquêtes formelles de la police. Moins d’attaques encore ont abouti à des actions judiciaires », s’est-il alarmé. « En diminuant notre accès aux endroits touchés, ceux qui en sont responsables contribuent à la souffrance des millions de personnes vulnérables. Malheureusement, ils ne sont presque jamais traduits en justice», a-t-il accusé.

Les analystes politiques observent que des journalistes, qui tentent de dénoncer les louches manœuvres visant à déstabiliser les provinces du Nord et Sud-Kivu, sont soit menacés de mort soit éliminés physiquement.

A une délégation de l’UNPC venue se plaindre dans son bureau, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Célestin Mbuyu Kabango, a promis de « donner des instructions aux gouverneurs de province et aux autorités locales afin de mener, ensemble avec la presse, des investigations pour dénicher les coupables des menaces de mort proférées contre trois journalistes de radio Okapi et de la radio Maendeleo à Bukavu ».

KAGAME ET SES COMPLICES

 

De plus en plus isolé sur le plan diplomatique, abandonné par ses principaux parrains anglo-saxons, le président rwandais Paul Kagame ne serait pas étranger au complot qui se trame contre la partie orientale de la RDC. Ne dit-on pas : « qui a bu, boira » ?

De pyromane, il a tenté – sans convaincre – de se transformer en sapeur-pompier en faisant participer ses soldats à l’opération conjointe militaire FARDC-DFR menée en janvier-février 2009 contre les FDLR au Nord-Kivu. En quittant le territoire congolais, les officiers rwandais avaient affirmé être « disponibles » et « prêts » à revenir si la RDC sollicitait à nouveau leur concours.

Sa rencontre au sommet avec le président Joseph Kabila à Goma, à quelques jours de l’arrivée de la secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton dans la même ville, devait permettre à Kagame de s’auréoler du rôle de pacificateur. Il fait tout pour se faire passer pour quelqu’un qui est incontournable dans la région des Grands lacs. Et pourtant, la vérité est que le président rwandais se trouve dans une mauvaise posture. Depuis un certain temps, il est isolé.

Dans tous les cas, seuls étaient dupes ceux qui ont courte vue. De toute évidence, la guerre larvée et l’insécurité récurrente dans les provinces du Kivu permettent à Kigali de poursuivre l’exploitation illicite des minerais congolais pour financer son budget. Il n’est un secret pour personne que les produits du trafic minier transitent constamment par le Rwanda avant de prendre leur destination finale, en Europe notamment.

Ce commerce illicite des ressources naturelles de la RDC se fait aussi avec des « partenaires » et complices en RDC, que le chef de l’Etat a identifiés comme étant « une maffia » dont il faut couper la tête.

Ainsi pourrait se justifier le regain de tension observée présentement au Sud-Kivu.

Source : le Potentiel