Par Vincent Hugeux, publié le 16/12/2011 à 17:13, mis à jour à 17:15


 
La Céni a provisoirement annoncé le 9 décembre la victoire du président Kabila (48,95 %) devant l'opposant Etienne Tshisekedi -ci-dessus- (32,33 %), qui a rejeté ce résultat et s'est autoproclamé "président élu" de la RDC.
REUTERS/Yves Herman


La Cour suprême confirmera demain la victoire du sortant Joseph Kabila lors de la présidentielle à un seul tour du 28 novembre. Et les émissaires de son principal rival peinent à émouvoir les médias. 
L'anecdote en dit long sur la résignation, voire l'indifférence, que suscite dans l'Hexagone le sort de la République démocratique du Congo (RDC), théâtre le 28 novembre d'élections présidentielle et législatives dévoyées par un recours massif à la fraude. Ce vendredi, les partisans d'Etienne Tshisekedi, leader emblématique de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et rival malheureux du chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, avaient convié 44 médias à une conférence de presse. A l'heure dite, un seul était représenté dans le salon réservé Chez Françoise, restaurant voisin du Quai d'Orsay assidûment fréquenté par les diplomates et autres parlementaires. A la tribune, face à l'unique journaliste de service, quatre orateurs: Olivier Baudry de Vaux, "conseiller technique et personnel" du Sphinx de Limete, l'avocat Roland Marmillot, mandaté par celui-ci, Edo Olito, président de l'UDPS-France et Darly Kadimba, émissaire de l'ex-président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, autre prétendant à la magistrature suprême. 


Silence complice


A la veille de la proclamation officielle des résultats par la Cour suprême de Justice de Kinshasa, qui ne manquera pas de confirmer le confortable triomphe de " Jo " Kabila, le documentariste Olivier Baudry énonce en préambule les trois requêtes adressées par Tshisekedi à la France, D'abord, une intervention de la "patrie des droits de l'Homme" délestée de tout "passif colonial" en RDC, en qualité de médiatrice; la figure de proue de l'UDPS souhaite même que des policiers et gendarmes venus de Paris assurent sa sécurité personnelle. Ensuite, la reconnaissance par tous les pays européens, France en tête, de la "victoire électorale" du "Tshi", officiellement crédité de 32,33%. Enfin, l'envoi dans l'ex-Zaïre d'une mission d'experts appelés à enquêter sur les tricheries et les exactions commises aux dépens des opposants et de leurs électeurs.  
Nos grands voisins n'ont pas envie de voir la RDC se relever 


Tout comme Me Marmillot, qui envisage d'inviter la Cour pénale internationale à poursuivre le fils Kabila pour "crimes contre l'humanité", le "conseiller spécial" sait bien que les doléances qu'il relaie n'ont aucune chance d'aboutir. "Notre démarche peut sembler dérisoire, admet le tandem. Mais tandis que personne ne fait rien, nous avons le devoir de dire et de témoigner". Le patron de la section française de l'UDPS ne se berce pas davantage d'illusions. Reçu par le "rédacteur Congo" de la direction Afrique du Quai, il s'est entendu répondre que la France s'en tient au principe de neutralité et attend le verdict de la Cour suprême. Le silence complice des géants du continent -à commencer par l'Afrique du Sud et l'Angola- ne fait qu'attiser son dépit. "Nos grands voisins, soupire Edo Olito, n'ont pas envie de voir la RDC se relever". 


"Nous pourrions remplir cette salle avec les preuves matérielles des manoeuvres frauduleuses du clan Kabila", constate amèrement l'un des fidèles d'Etienne Tshisekedi. Ce serait à l'évidence plus facile que de la garnir de journalistes...

 
Source :http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/rdc-les-pro-tshisekedi-prechent-dans-le-desert_1062544.html