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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

29 décembre 2008

Van Rompuy s'entretient avec les présidents de parti

PM_belgeLe formateur Herman Van Rompuy doit entamer lundi à 10H00 une série de consultations bilatérales avec les présidents des partis de la majorité. Il s'entretiendra successivement avec Didier Reynders (MR), Joëlle Milquet (cdH), Marianne Thyssen (CD&V), Bart Somers (Open Vld) et Elio Di Rupo (PS). A midi aura lieu un entretien commun avec les cinq présidents de parti. Ces consultations ont lieu à la résidence de fonction d'Herman Van Rompuy, au 10 rue de la Loi.

Le Roi a demandé à l'actuel président de la Chambre d'assurer la formation du nouveau gouvernement. Herman Van Rompuy a accepté malgré de fortes réticences personnelles. Le CD&V tout entier a dû faire pression sur lui.

Curieux week-end. Mais fructueux en définitive. Wilfried Martens, désigné explorateur par le Roi le 22 décembre pour dénouer la crise politique, était parvenu, vendredi déjà, à tracer la voie vers une sortie de crise. Avec les grands manitous de chaque parti de la coalition chancelante, il avait convenu : 1° que l'équipe gouvernementale resterait inchangée dans sa composition, 2° qu'elle devait aller jusqu'au terme de la législature en 2011 et 3° qu'on ne changerait que les deux pions réellement démissionnaires de l'attelage, à savoir le Premier ministre Yves Leterme et le ministre de la Justice Jo Vandeurzen, tous les deux sociaux-chrétiens.

Dehaene exclu

Ce n'était pas rien. Cela voulait dire qu'il revenait au CD&V, et à lui seul, de proposer les remplaçants. Et cela éliminait de facto le retour de Jean-Luc Dehaene au "16, rue la Loi" dans la mesure où l'ancien Premier ministre n'envisageait de jouer les dépanneurs que si un nouveau scrutin fédéral était organisé en juin 2009. Du reste, les partis libéraux avaient signifié que, pour leur part, ils ne voulaient pas du démineur de Vilvorde comme leader gouvernemental. Une position qu'ils ont répétée avec force samedi lors d'un ultime contact avec l'explorateur.

Mais si ce ne pouvait être Jean-Luc Dehaene, qui alors ? C'est que les candidats ne sont pas légion au CD&V. Kris Peeters ? Les sociaux-chrétiens flamands n'avaient aucune envie de le débarquer de la présidence du gouvernement flamand où il vient à peine de trouver ses marques et alors que se profile le scrutin régional. Marianne Thyssen ? La présidente du CD&V n'a pas encore assez de planche sur la scène fédérale et risque de s'y casser la figure.

Il ne restait finalement qu'Herman Van Rompuy. Il a l'expérience des gouvernements fédéraux. Il sait s'y prendre pour assurer l'équilibre budgétaire, ce qui est plutôt bienvenu par les temps qui courent. Il n'effraie pas les francophones malgré des prises de position parfois carrées à propos de la périphérie bruxelloise. Il n'a plus son avenir politique devant lui et ne fera donc pas d'ombre à ses partenaires au gouvernement.

Il y a juste un problème : Herman Van Rompuy ne veut pas du poste de Premier ministre. Il l'a dit et redit à de nombreuses reprises. Ce samedi encore, dans le "Standaard", il avançait qu'il est "tout sauf indispensable", une jolie manière de décliner l'offre. Pour mener sa mission à bien, Wilfried Martens ne devait faire qu'une seule chose ce week end : le faire changer d'avis.

Tout le CD&V s'y est mis

La pression a été intense. Tout le CD&V s'y est mis. Les sociaux-chrétiens flamands savaient que s'ils échouaient dans leur tentative de trouver eux-mêmes un successeur à Yves Leterme, ils seraient forcés de passer la main aux libéraux et dans ce cas, qu'ils risquaient de ne plus mettre les pieds au "16" avant longtemps.

Une réunion réunissant tous les cadors du CD&V a eu lieu samedi. Un seul objectif : convaincre Herman Van Rompuy. Non sans succès. Dimanche en tout cas, vers 18 heures, et alors que Wilfried Martens venait de remettre son rapport final d'explorateur au Roi, Herman Van Rompuy est arrivé au Palais royal. Albert II l'a chargé d'une mission de formateur. Une mission qu'il a acceptée. Pour l'intérêt du pays ou celui de son parti ? Les deux sans doute.

Il ne reste plus que quelques "détails" avant que le formateur puisse devenir Premier ministre. Les libéraux flamands veulent que le perchoir de la Chambre, occupé jusqu'ici par Herman Van Rompuy, leur revienne. Il faut aussi déterminer la manière dont le dialogue institutionnel va se poursuivre et fixer les contours de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Fortis. Et puis, il restera à désigner un nouveau ministre de la Justice qui, selon toute vraisemblance, devrait être Tony Van Parys.

Source : la libre Belgique/Bruxelles

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15 décembre 2008

Un homme d'affaires belgo-congolais dément financer la rébellion

L'homme d'affaires belgo-congolais Raphaël Soriano alias Katebe Katoto, mis en cause dans un rapport d'experts de l'ONU pour l'aide financière qu'il aurait apporté à la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a rejeté lundi en bloc les accusations portées contre lui, sur les ondes de la radio onusienne Okapi. "On ne m'a jamais contacté, on ne m'a jamais posé la question. On s'est basé sur les bruits qu'on a appris quelque part, mais je dois vous dire que je rejette en bloc tout ce que l'ONU a marqué dans son rapport me concernant", a-t-il affirmé à Radio Okapi, parrainée par les Nations Unies.

Un groupe d'experts de l'ONU a mis en évidence l'implication de plusieurs ressortissants et entreprises belges dans le financement du conflit dans l'est de la RDC et en particulier des mouvements rebelles, dans un rapport publié vendredi, qui met également en cause le Rwanda. Les cinq experts épinglent en particulier M. Soriano, un homme d'affaires d'origine congolaise mais possédant aussi la nationalité belge et établi à Bruges. "Le groupe a appris que l'un des financiers du CNDP (le Conseil national pour la Défense du Peuple, le mouvement politico-militaire de l'ex-général Laurent Nkunda, en conflit avec le gouvernement de Kinshasa) est Raphaël Soriano", indique le rapport. Originaire de la province du Katanga (sud-est) et frère aîné de l'actuel gouverneur de cette province, Moïse Katumbi Chapwe, M. Soriano a fait fortune notamment dans les pêcheries. Il a toujours été très actif en coulisses de la vie politique congolaise.

Il fut ainsi brièvement vice-président en 2003 du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, à l'époque une rébellion soutenue par le Rwanda) avant de s'établir à Bruges. En juin 2005, il s'était présenté à la presse comme le Premier ministre de la RDC, affirmant avoir été "plébiscité" par "le peuple congolais libre et souverain" et demandant au gouvernement de démissionner. "Depuis que j'ai quitté Goma, dans le cadre du RCD, parti politique, je n'ai plus de contacts, ni avec Goma ni avec qui que ce soit, que ce soit Nkunda Laurent ou que ce soit le Rwanda. Je connais Nkunda Laurent de quand j'étais à Goma comme premier vice-président du RCD. Nkunda faisait partie des officiers de l'armée du RCD. Mais dans le cadre du CNDP, pas de contacts ni avec le CND ni avec Laurent Nkunda", a ajouté l'homme d'affaires à Radio Okapi. "On parle du transfert de 25.000 dollars. Est-ce que c'est avec 25 000 USD qu'on peut entretenir une rébellion? ", s'est encore demandé l'homme d'affaires belgo-congolais, dans une référence à un passage du rapport des experts de l'ONU.

Ceux-ci l'accusent de financer le CNDP, ainsi que les Forces républicaines fédéralistes (FRF), un groupe armé tutsi du Sud-Kivu. Ils ont établi que le 7 février 2006 un transfert de 25.000 dollars a eu lieu entre le compte de son épouse, Nele Devriendt, et celui d'Elisabeth Uwasse, la femme de Laurent Nkunda, au départ d'un compte bancaire ouvert à la banque ING à Bruges sur lequel M. Soriano a une procuration.

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04 décembre 2008

L'armée belge au Congo : transport et renseignement

BelgiqueLe Comité ministériel restreint s'est réuni mercredi matin pour se pencher sur le dossier congolais.

La Belgique est saisie de deux demandes des Nations Unies. L'une consiste à participer au renforcement de la MONUC décidée par l'Assemblée générale. Celle-ci a en effet décidé d'envoyer 3.000 hommes supplémentaires dans l'est du Congo. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a demandé à la Belgique de participer à ce renforcement. L'autre demande consiste en la participation à une force de jonction (Bridging Operation), le temps que s'opère le renforcement de 3.000 hommes prévu, ce qui devrait prendre de 3 à 4 mois.

M. Ban Ki-Moon avait demandé une réponse sur cette dernière demande pour le 5 décembre.

L'envoi de troupes belges dans l'est du Congo reste délicat et contraire à l'une des recommandations de la Commission Rwanda mise en place après la mort des 10 casques bleus belges à Kigali lors du déclenchement du génocide rwandais. Malgré tout, le gouvernement était ouvert à la participation à une force de jonction, à la condition qu'elle s'inscrive dans un cadre européen.

La constitution d'une force avec d'autres pays européens ne semble cependant pas possible à ce stade. Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a pris contact, mardi, en marge de la réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, avec ses collègues de France, Pays-Bas et Grande-Bretagne. Il a constaté à cette occasion qu'aucun pays européen ne voulait prendre actuellement la direction d'une telle mission et que personne n'était prêt à envoyer des troupes.

M. De Gucht a regretté cette situation et a rappelé que si la Belgique est prête à fournir des troupes pour une mission de l'UE au Congo mais n'est pas assez forte pour « conduire » elle-même cette mission, a fortiori elle ne veut pas être seule à assumer une telle mission.

M. De Gucht a officiellement informé ses collègues mercredi matin de cette situation. Le Comité restreint en a pris acte tout en la regrettant.

Le gouvernement avait toujours dit qu'il fallait un débat au parlement avant toute décision sur un envoi de troupes. Un tel débat ne sera donc pas nécessaire dans l'immédiat.

Le Comité restreint s'est dès lors limité à confirmer la volonté qu'il avait déjà exprimée de participer activement au renforcement de la MONUC dans deux domaines : des moyens de transport (C130 et hélicoptères) et le renseignement militaire.

Une commission technique composée essentiellement de militaires est chargée de déterminer avec les Nations-Unies la force exacte de cette aide en fonction des moyens dont la MONUC a besoin et de ceux que la Belgique pourrait mettre à sa disposition. Il s'agit notamment de déterminer le nombre de C130 ou d'hélicoptères qui serait mis à disposition.

Pour le renseignement, la Belgique pourrait aider à mettre à disposition des moyens et du personnel pour l'analyse des renseignements militaires. Il pourrait notamment s'agir d'analyser les informations recueillies par des drônes (avions sans pilote) que la MONUC pourrait acquérir. Ceux dont dispose la Belgique et qui ont été déployés autour de Kinshasa lors des élections congolaises ne sont en effet pas adaptés au terrain de l'est du Congo.

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03 décembre 2008

Louis Michel: "Il ne faut pas imposer la paix de force"

louis_MICHEL Le ministre de la Défense Pieter De Crem a lui affirmé mercredi, lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio, que le gouvernement allait concentrer sa réflexion sur un renforcement de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC).

 

Le commissaire européen en charge du Développement et de l'Aide humanitaire Louis Michel a fustigé mardi matin, sur les ondes de Bel RTL, ceux qui préconisent que la paix soit imposée de force en République démocratique du Congo (RDC).

"Ceux qui veulent imposer la paix de force au Congo ne connaissent pas la réalité du terrain. Ce sont des personnes qui n'ont jamais mis un pied au Congo et qui ne savent pas de quoi elles parlent. Engager des soldats avec un mandat militaire reviendrait à sa lancer purement et simplement dans une guerre", a affirmé M. Michel. Il a rappelé que de nombreux groupes armés étaient présents au Congo, "un territoire quasiment aussi grand que celui de l'Europe".

Le commissaire européen préconise la voie diplomatique. "Aujourd'hui, il y a un vrai espace pour des négociations de paix. Moi-même je suis en contact permanent avec différents acteurs, tels que Kigali, le Rwanda, (le rebelle) Nkunda ou encore des conseillers de Kabila", a-t-il souligné.

Il considère également que la Belgique a un rôle à jouer dans le processus de paix, eu égard à son passé en lien avec le Congo. "Il me parait important que la Belgique ne soit pas absente si elle est sollicitée", a-t-il déclaré.

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht avait indiqué mardi que la Belgique était prête à fournir des troupes pour une mission de l'UE au Congo, mais qu'elle n'est pas assez forte pour "conduire" elle-même cette mission.

Le ministre de la Défense Pieter De Crem a lui affirmé mercredi, lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio, que le gouvernement allait concentrer sa réflexion sur un renforcement de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC).

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02 décembre 2008

Charles Michel rejette les accusations de Laurette Onkelinx

Michel_KabilaLe ministre de la Coopération Charles Michel a indiqué lundi s'être "inscrit totalement dans la position du gouvernement relatif au Congo", dans une réaction aux déclarations de la vice-Première ministre Laurette Onkelinx selon lesquelles il n'a pas respecté l'accord intervenu au sein du Comité ministériel restreint en s'entretenant avec le président de la RDC Joseph Kabila.

"Je me suis inscrit et je m'inscris totalement dans la position du gouvernement relatif au Congo", a réagi Charles Michel qui a répété se retrouver "totalement dans les propos d'apaisement du Premier ministre au Parlement le 18 novembre dernier" après le conflit qui a opposé M. Michel au ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht relativement à cet entretien avec le président congolais.

Dans un communiqué, le ministre de la Coopération a dit souhaiter que "chacun mesure à quel point la situation humanitaire au Congo est tragique

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24 novembre 2008

Charles Michel ré-envisage un envoi de troupes au Congo

Michel_KabilaLe ministre de la Coopération au développement Charles Michel (MR) estime que les recommandations de la commission d'enquête sénatoriale interdisant l'envoi de troupes de combat dans d'anciennes colonies belges devraient, "à terme", être levées.

"Indépendamment du débat immédiat qui se pose sur la question du Congo (République démocratique du Congo, RDC ndlr), je pense qu'à terme on devra lever cette condition. Si la Belgique veut être crédible sur le plan diplomatique, on ne peut pas se contenter de dire 'il faut des moyens, y compris des moyens en hommes' et dire à chaque fois 'ce sont les autres qui doivent le faire'", a indiqué lundi le ministre, interrogé sur les ondes de Bel-RTL.

Le gouvernement belge s'est dit vendredi disposé à faire un effort dans le cadre du renforcement de la mission de la MONUC en RDC, en fournissant une aide logistique dans le domaine du transport ou du renseignement.

Dans le cadre d'une force européenne, "si la question devait être posée de manière plus précise, nous viendrions immédiatement avec un débat parlementaire puisqu'il y a quelques années, le parlement belge a décidé que la Belgique ne pouvait plus envoyer de troupes dans un pays qui était une ancienne colonie belge", a souligné Charles Michel.

Les recommandations de la commission d'enquête sénatoriale ont été adoptées après la mort de dix Casques bleus belges au Rwanda en avril 1994. (belga/ac)

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10 novembre 2008

Stratège très rationnel, Karel De Gucht est aujourd'hui la cible d'une plainte pour délit d'initié dans le dossier Fortis.

Karel_de_GutchStratège très rationnel, Karel De Gucht est aujourd'hui la cible d'une plainte pour délit d'initié dans le dossier Fortis. Peut-il encore donner des leçons de bonne gouvernance aux Congolais ? Retour sur son rôle controversé à la tête de la diplomatie belge

Un petit tour à Kigali et puis s'en va. Alors que tous ses collègues européens ont transité par les capitales congolaise et rwandaise pour éteindre le feu qui renaît dans le Kivu, Karel De Gucht, lui, a fait l'impasse sur Kinshasa. Difficile, en effet, de se présenter comme pompier à l'Est quand on est accusé d'être un boutefeu à Kinshasa, où l'homme est persona non grata...

Faut-il rappeler les deux « petites phrases » qui définissent sa politique congolaise ? En 2006, c'était : « Au Congo, il y a peu d'hommes politiques à la hauteur de la tâche qui les attend. Plus je voyage, plus j'en suis convaincu. » Propos tenus à... Kigali. Nouveau missile en mai 2008, après l'élection du président Joseph Kabila : le chef de la diplomatie belge évoquait « un droit de regard moral » sur la politique congolaise, eu égard aux « 200 millions de dollars » déboursés par la Belgique...

Déjà énervé par les reproches égrenés lors d'entrevues électriques, Kabila, furieux face à l'« arrogance » de De Gucht, a fermé d'autorité les consulats belges de Bukavu et de Lubumbashi et rappelé son ambassadeur à Bruxelles. Aujourd'hui, les relations entre les deux pays sont en voie de normalisation. Mais que le ministre belge des Affaires étrangères ne s'imagine pas qu'on lui déroulera de nouveau le tapis rouge. Parce que « c'est lui le problème, pas la Belgique », précise-t-on dans l'entourage de Kabila.

Finalement, De Gucht n'est allé à Kigali que pour sauver la face, car la Belgique a réellement perdu du terrain dans cette région du monde. Aussi les libéraux francophones lui reprochent-ils d'avoir « détricoté » la politique africaine tissée depuis 1999 par Louis Michel, Armand De Decker et Guy Verhofstadt. Mais « KDG » ne se laisse pas faire. « Des gens ont dit que je ne connaissais pas l'Afrique. Ce n'est pas sérieux ! Dans les années 1980, je siégeais déjà à l'assemblée Union européenne-ACP (Afrique Caraïbes Pacifique). Cela fait donc plus d'un quart de siècle que j'analyse le comportement des Etats concernés, de leurs élites, du rôle de la communauté internationale, et je pense que mon analyse n'est pas erronée : il ne faut pas être complaisant avec ces pays. »

Beaucoup lui donnent raison. « De Gucht dit les choses clairement. Il délivre à Kabila des messages qui correspondent aux témoignages de terrain », déclarait à l'époque un parlementaire francophone. Ainsi, des élus congolais ne pensent qu'à se remplir les poches, alors que la misère s'aggrave malgré les millions engloutis dans la reconstruction.

En tout cas, le constat est là : lorsqu'on fera le bilan de son mandat aux Affaires étrangères, on retiendra surtout son efficacité à la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en 2006. Mais pas vraiment sa politique africaine. « Lors d'une entrevue au Département d'Etat à Washington, rapporte un témoin, De Gucht s'est montré tellement critique à l'égard du Congo que les Américains, interloqués, se sont demandé quel était encore notre lien avec cette partie du monde. »

« Il n'a aucun feeling pour le continent africain, et pas seulement l'Afrique centrale, affirme un diplomate féroce. Il est très mal à l'aise avec les embrassades à la congolaise... » Il ne montre d'ailleurs aucune empathie à l'égard de la société civile. A Bukavu, par exemple, l'homme préfère boire des pintes avec des expatriés belges, plutôt que débattre avec des ONG locales.

Mais De Gucht assume. Subtil et rigide à la fois, il opte pour la froideur du raisonnement plutôt que pour l'expression des sentiments. Son manque de chaleur pour l'Afrique est également dicté par des considérations de politique intérieure. « Les petits pensionnés flamands ne comprennent pas l'argent envoyé au Congo », déclarait-il récemment. Il n'a d'yeux que pour les médias du Nord, qui le traquent. Sur leurs forums, les internautes assimilent volontiers le Congo à la Wallonie, deux territoires assistés, deux synonymes de gabegie. Pourtant, de nombreux Flamands sont actifs en Afrique centrale. Trop de missionnaires, peut-être... De Gucht, franc-maçon déclaré, adore visiter les églises romanes du sud de la France, mais son rapport à la transcendance ne va pas au-delà.

Est-ce aussi par peur de ces mêmes médias qu'il a refusé d'être décoré des mains du président centrafricain François Bozizé, au pedigree pas très reluisant ? Ce serait oublier que Karel De Gucht s'honore aussi par de fortes convictions, qu'il met au-dessus des convenances diplomatiques. « Il est un des rares hommes politiques flamands à oser combattre frontalement l'extrême droite », commente un ancien ministre. Finalement, ce n'est pas sur sa politique étrangère que les médias viennent de le rattraper, mais sur un délit d'initié dont il se serait rendu coupable dans le cadre du dossier Fortis.

Certes, sa cohérence ne résiste pas au temps, mais c'est toujours la raison qui s'exprime. Naguère, De Gucht parlait de la Belgique comme d'un Etat en voie d'évaporation, « qui n'apporte plus de valeur ajoutée à la Flandre ». Aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, il envoie des conseils aux ambassadeurs pour les aider à vendre la Belgique fédérale... L'homme sait aussi asséner des anathèmes au bon moment, quand il peut en retirer des dividendes. Les francophones belges se souviennent encore de sa dernière « sortie » : « A terme, la loi du nombre primera toujours. » S'il avait tenu ces propos à Kigali, où la minorité tutsi est au pouvoir depuis le génocide, De Gucht n'aurait plus d'autre choix que de survoler l'Afrique centrale, sans jamais plus y mettre les pieds.

François Janne d'Othée

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07 novembre 2008

RDC/BELGIQUE : sur la voie de la normalisation

BelgiqueLe premier ministre Yves Leterme a dit jeudi à la Chambre que les relations diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo étaient en voie de normalisation.

Il a ajouté qu'il avait mandaté un émissaire qui se rendra la semaine prochaine à Kinshasa pour régler les dernières modalités pratiques de cette normalisation. Yves Leterme répondait ainsi à des questions de Christian Brotcorne (cdH) et Nathalie Muylle (CD&V). Il a également noté que la restauration des relations entre la Belgique et la RDC était le résultat des efforts conjugués de plusieurs personnalités dont les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker

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22 octobre 2008

De Gucht prône une normalisation RDC-Rwanda

Karel_de_GUCHT

Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a appelé le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) à faire preuve de "courage politique" pour normaliser leurs relations et permettre ainsi une baisse de la tension dans l'est du Congo, théâtre de nouveaux combats depuis près de trois mois, dont les principales victimes sont les civils.

"La problématique de l'est du Congo ne connaîtra de solution durable que moyennant l'engagement politique profond de tant le Rwanda que de la RDC. Cela exige un minimum de disposition au dialogue, également au plus haut niveau", a-t-il déclaré devant la Commission des relations extérieures de la Chambre.

Selon M. De Gucht, la normalisation des relations diplomatiques entre Kigali et Kinshasa "pourtant acceptée par les deux pays dans le cadre de la +Tripartite plus+ (une structure qui rassemble également le Burundi et l'Ouganda, NDLR) pourrait contribuer à une diminution de l'incompréhension, de la méfiance et de la tension" entre les deux voisins.

"Cela exige en effet du courage politique", a souligné le chef de la diplomatie belge, sans jamais nommer les présidents des deux pays, Paul Kagame et Joseph Kabila.

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De Gucht veut aussi normaliser les relations belgo-congolaises

Ministres_Belges"Ce n'est pas seulement le souci du Premier ministre de parvenir à une normalisation des relations entre Bruxelles et Kinshasa, mais aussi le mien"


BRUXELLES Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a assuré mercredi qu'il souhaitait lui aussi normaliser les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo, en crise depuis cinq mois, appelant à un retour de la "sérénité".

"Ce n'est pas seulement le souci du Premier ministre (Yves Leterme) de parvenir à une normalisation des relations (entre Bruxelles et Kinshasa), mais aussi le mien", a-t-il affirmé devant la Commission des relations extérieures de la Chambre.

M. De Gucht (Open VLD) faisait allusion aux déclarations faites samedi dernier par M. Leterme (CD&V) à Québec (Canada) à l'issue d'une rencontre bilatérale avec le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi, en marge du sommet de la Francophonie.

Le Premier ministre avait affirmé que le gouvernement fédéral belge voulait en finir avec "six mois de flottement" dans les relations belgo-congolaises.

La Belgique, avait-il dit, veut entretenir à nouveau des relations "spécifiques et privilégiées" avec la RDC. Selon M. Leterme, la "situation de flottement" dans laquelle évoluent actuellement les relations entre les deux pays n'est bonne "ni pour l'un ni pour l'autre". "Après six mois (de crise), il est temps de normaliser", avait encore indiqué le Premier ministre.

Le gouvernement congolais avait décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par M. De Gucht.

Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.

Mercredi, M. De Gucht a dit espérer un retour à la "sérénité".

Il a ajouté qu'il avait écrit au nouveau Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, pour le féliciter pour sa désignation, début octobre par M. Kabila, et que M. Muzito avait "réagi très positivement" le week-end dernier à son télégramme, sans cependant donner d'autres précisions.

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